"Un Jour En France"

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O Toi, Allemagne

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A l’heure de la haine du boche retrouvée il me semble important de réaffirmer ici que je n’ai pas attendu les déclarations d’Arnaud Montebourg pour détester l’allemagne au point de ne pas lui adjoindre de majuscule. Je suis né germanophobe. Tout petit déjà la Divine Providence me soufflait à l’oreille : «  va trouver De Gaulle et chasse les frisés hors de France ». Preuve, s’il en fallait une, que la Divine Providence est Française, au point d’adjoindre une majuscule à son adjectif. Et accessoirement qu’elle ne regarde pas souvent sa montre.

C’est en retard d’une guerre donc que je passai ma prime enfance à clamer dans un désert europophile béat ma ferme intention d’annexer la Rhur, la Sarre et de démanteler le reste. Éventuellement de le donner en pâture aux cochons, aux pingouins ou aux perroquets, ou à toute autre espèce se terrant dans les noires forêts de germanie. Sans majuscule également. Quant aux habitants honnis de ces contrées je n’envisageais pour eux, dans un souci humaniste, que de les convertir à la France ou, le cas échouant, à les renvoyer à la préhistoire dénicher leur pitance à même la fange avec leurs gros groins rougeauds de fridolins bouffeurs de patates pas frites.

Las, mon amour de la Patrie sonnait comme le glas et nul ne me suivait sur cette Voie pourtant Sacrée. Que n’avaient-ils pas, mes obtus coreligionnaires, lus et intégrés les insultes séculaires des perfides saxons ! Comment pouvaient-ils, mes bienheureux crétins générationnels, croire en l’amitié d’un pays qui ne trouvait source que dans l’asservissement de la France ? C’était eux ou nous bordel !

Quoi ? Comment ça ? Tout ça c’était à cause du nazisme ? Mais, gamin de peu de foi, le nazisme c’est la quintessence du schleu ! C’est le boche ultime ! Toute sa foutue histoire tendait vers ce pinacle de sa malfaisance intrinsèque ! Las encore, mon frère Français avait oublié sa langue et ne comprenait plus ni le mot « pinacle » ni « intrinsèque ». Mais ça ne l’empêchait pas de me traiter de sale con.

La première fois que je mis mes pieds circonspects en Allemagne l’horloge sonnait 1991. Sur le mur du salon de mes hôtes il y avait le portrait d’un aviateur de la Luftwaffe, tout de gris vêtu avec des barrettes de leutnant rutilantes et un sourire de jeune premier pendu aux lèvres. Un Clark Gable boche mort dans un ciel russe. Le père de mon hôte.

Je me souviens de son fils, assis sur son canapé en cuir premier choix, dans cette grande maison bourgeoise qui hurlait le fric à mes oreilles de petit français pauvre. La télé ronronnait un programme en noir et blanc, un vieux truc à propos de Juifs gazés dont on voyait les corps poussés à la fosse par des bulldozers U.S quand l’horloge affichait 1945. L’orphelin sur son canapé trop riche pleurait en silence, les mains crispées sur ses genoux pour contenir ses tressaillements. Il pleurait, honte offerte en holocauste du simple fait d’être Allemand, sous le regard figé et un peu factice d’un père mort sans l’avoir connu.

Si un jour, mon frère boche, on te met dans un camp, je veux bien, maintenant, y crever avec toi.

Written by saiphilippe

4 décembre 2011 at 16 h 18 min

Publié dans Chronique

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Rats des villes, rapt des ombres.

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Une ruelle sombre, sertie d’humidité, où le brouillard le dispute à la bruine, résonne en silence des pas ouatés des ombres de la nuit. Ombres furtives forgées en enfer tandis que sur Terre on signe les accords vert-ps. Une hérésie inutile. Comme si après s’être arsouillé la gueule au whisky 18 degrés on éprouvait le besoin d’assurer sa biture avec du cidre à trois volumes. Mais y-a t-il seulement des pommiers en Norvège ?

 

La ruelle, elle, se contente de ces quelques pas sourds sur son goudron putride. Le pas des ombres de la nuit, souvenez-vous. Soudain, tout continue pareillement pendant un laps de temps indéterminé, déniant tout à-propos quant à l’emploi du mot « soudain » devenu soudainement aussi indispensable à cette phrase que Mélenchon à la présidentielle.

 

J’ai oublié de préciser que les ombres – de la nuit donc- possédaient des pieds de biche. Fait étrange pour des créatures de l’enfer que l’on s’attendrait plutôt à être pourvues de pieds de bouc. Que cherchent-elles à cette heure indue, quoique non spécifiée dans le rapport de police, sinon à accomplir le pire méfait qui soit : S’en prendre à Moi ! A ma voiture en fait, ce qui revient au même puisque tout ce qui m’appartient est une projection dans le monde physique d’un Moi Éthéré Inaltérable, garanti pour l’éternité pièces et main-d’œuvre. En outre je suis équipé d’un sens de la propriété à l’épreuve de la Raison et si j’ai un conseil à vous donner c’est de ne jamais, ô grand jamais, toucher à mes affaires.

 

Le rutilant carrosse du prince était une ford escort de 1994, année fameuse, ne me demandez pas pourquoi, d’un beau rouge vif tirant sur le pas-clair d’autant qu’elle avait besoin d’un lavage. Elle dormait là, sereine comme Anne et ne voyait rien venir parce qu’à l’instar de nombreuses choses elle n’était pas vraiment vivante. Un truc que j’ai appris assez récemment, il y a trente-cinq ans environ. N’ergotez-pas ! Trente-cinq ans à l’échelle de l’univers c’est la seconde d’avant.

 

Bref. Les ombres s’en prirent d’abord à la portière de la belle pour en forcer l’ouverture. Violeurs infâmes, lâches pervers aux godes pieds-de-biche ! Puis, transis de joie mauvaise, ils posèrent leurs culs sales sur Mes sièges en polyester véritable et pétèrent Mon neiman. Ainsi contrainte au démarrage Ma belle caisse s’envola pour une virée dont je ne sais rien hormis qu’elle se termina sur le parking du cimetière, non loin de là, comme un symbole.

 

Où que vous-soyez, petits merdeux, sachez que je vous maudis pour trente générations ! Que vos cervelles vides s’emplissent de céphalées ! Que vos peaux grasses se couvrent de mélanomes ! Puissiez-vous crevez le plus tard possible en ne perdant rien du spectacle de votre décrépitude !

 

C’est excessif ? Je vous ai prévenu qu’il ne fallait jamais toucher à mes affaires.

Written by saiphilippe

4 décembre 2011 at 11 h 09 min

Publié dans Chronique, Humour

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Le jour des courses.

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Tandis que le grand démantèlement de l’entreprise Monde se déroule, mon indifférence générale poursuit son bonhomme de chemin sur le sentier rectiligne des triviales activités journalières. Par exemple le mardi je fais mes courses.

 

Je grimpe dans la ford escort rouge qui n’a pas de nom car je ne suis pas le genre de personne à donner des noms aux choses, puis je fends la brume par la rocade et je sors avant Dijon-Nord pour débouler sur le parking du Leclerc. Et déjà ce périple s’annonce passionnant.

 

Je m’empare d’un chariot, que je ne nomme pas pour une raison exprimée plus haut, puis je traverse l’allée centrale dévolue aux promotions du jour sur lesquelles je ne m’attarde guère parce que les promos ça fait prolo. Puis je vogue au gré d’un trajet qui jamais ne varie par les rayons surchargés des fientes hors de prix que la société chie. Non mais qui a besoin d’une machine à café Georges Clooney, sans déconner ? De Kinder Bueno Wilfrid Songa ? De poupées Barbies ? Bon, j’ai l’air de critiquer, mais comme tous ceux qui critiquent j’en croque… mais à choisir j’aimerais mieux une poupée gonflable Britney Spears. Passons.

 

Le trajet qui jamais ne varie débute toujours par un tour au rayon presse où je sais pourtant ne rien trouver puisque depuis dimanche il y a fort à parier que trois librairies aient eu à subir mes assauts. Je lis beaucoup. Je lis je lis je lis et quand j’arrête je réfléchis. Je réfléchis à tout ce bordel d’ilots de revues d’histoire qui partout chez moi dérivent et menacent de me noyer. Tiens justement les produits ménagers… pas marié pas besoin. Je débouche ensuite sur les boisons gazeuses. Coca Zéro sans caféine sinon je tue des gens. Ah enfin le rayon bière ! C’est con que je ne sois pas alcoolique, sinon j’en aurais pris.

 

Le pain maintenant. C’est important le pain. C’est essentiel le pain. Des révolutions ont éclaté à cause du pain ! J’aime pas la révolution, je prends du pain. Du pain spécial, du aux graines, du aux noix, parce que le pain normal ça fait peuple. J’aime pas le peuple. Le rayon viande, non loin, m’offre la vision débordante de bidoche rouge ou blanche aux prix si rédhibitoires qu’il me faudrait un crédit pour en prendre. Mais s’endetter ça fait pauvre et j’aime pas les pauvres non plus.

 

Mon engin crisse soudain des roulettes et pointe son nez grillagé en direction des plats cuisinés, tous faits prêts à servir. Après ces minutes interminables d’errance au milieu de produits communs à tous -ou presque- enfin Le TCM ! le Temple du Célibat Masculin. C’est une allée latérale du magasin alors que le TCF est plein centre, loin là-bas vers les diététiques et les produits frais. Vous voyez bien que rien n’est fait pour qu’on se rencontre. Je me console aux fromages qui pour une masse graisseuse comparable se taisent toujours et n’ont presque jamais de varices.

 

Un peu de café pour le matin – je ne tue que le matin-, un paquet de pain au lait et du chocolat aux noisettes et la vigie annonce la caisse. Un tapis roulant embarque mes provisions qu’une main saisit et fait passer devant un laser. Tit ! Magique un prix s’affiche ! Et c’est comme ça jusqu’au dernier bidule.

 

« 42 euros et 30 centimes » dit la caisse.

 

Je n’aime pas donner des noms aux choses mais il se trouve qu’elle en a déjà un. La caisse s’appelle Alice.

 

Written by saiphilippe

15 novembre 2011 at 10 h 36 min

Publié dans Chronique, Humour, Musique

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Gentil billet d’humeur.

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Alors la gentillesse parlons-en et parlons-en alors même que ma secrétaire refuse de se montrer gentille avec moi malgré le coussin douillet que j’ai pris soin de poser sous mon bureau par égard pour ses genoux. Peut-être ne le savez-vous pas mais aujourd’hui c’était la « journée internationale de la gentillesse ». A vrai dire je ne sais pas si elle était internationale mais bon, ça sonne mieux je trouve. Et puis nous ne sommes plus à une journée internationale à la con près.

Alors pourquoi la gentillesse, cette qualité tombée en désuétude depuis l’aube des temps ? Pourquoi cette obstination à louer des vertus que bien peu possèdent ? Pour mémoire le dernier mec à avoir dit combien ce serait sympa si tout le monde pouvait s’aimer les uns sur les autres – ou quelque chose comme ça- s’est retrouvé cloué sur deux planches entrecroisées, pleines d’échardes qui pis est. Et même une fois son bouquin devenu best-seller il s’en trouva des flopées pour aller promouvoir la gentillesse à grands coups d’épée. Alors la gentillesse parlons-en et d’abord qu’est-ce que c’est que ce truc ?

La gentillesse c’est quand ta petite sœur vient taper dans ta réserve de nounours à la guimauve et que tu ne lui démontes pas la gueule pour autant, surtout que t’aimais pas vraiment ça de toutes manières. C’est quand ta maman te demande de ranger ta chambre et que pour lui faire plaisir tu réponds oui et prétextes ensuite une crise d’asthme à la première poussière soulevée. C’est quand tu dois faire signer ton carnet plein de zéros à papa et que tu rajoutes des uns devant pour ne pas lui faire de peine. C’est quand on t’enjoint, malgré ton dégout, d’embrasser la mémé à moustaches et cancer récidiviste ressortant par la paupière tout noir et plein de bosses comme la grenouille buffle de ton album d’animaux répugnants, mais que c’est cool parce que comme ça t’auras cinquante euros à Noël. Si elle n’est pas claquée avant.

Bref. La gentillesse est une convention sociale tellement bouffie d’hypocrisie qu’elle soutient la comparaison avec toutes les conventions sociales hypocrites au delà du pléonasme. Seulement voilà : sans conventions sociales il n’est pas de bonheur terrestre possible. Et ça mon petit tu le sais depuis ce jour funeste où, après avoir insulté le cercueil de mémé morte un vingt décembre avant d’avoir pu te filer cinquante euros, cette veille carne, tu t’es pris une dégelée mémorable en public par ton père redevenu soudain fils prodigue, lui qui la semaine passée encore pestait contre les dépenses prohibitives que faisait sa mère avec ses putains de lubies de vieille folle et qu’elle allait rien nous laisser cette garce !

Dure leçon hein ? Il faut être gentil parce que sans ça on passe pour le salaud ordinaire qu’on est probablement. Personnellement j’aime bien les salauds. C’est mon coté gentil.

Written by saiphilippe

13 novembre 2011 at 19 h 02 min

Publié dans Chronique, Humour

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Digressions sylvestres pour titis fauchés

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Alors la retraite parlons-en. Parlons-en avant que les vieilles branches ne tombent de l’arbre et s’en retournent ensemencer une nouvelle génération de glands. Encore que ce ne soit pas tout à fait exact puisque le principe de la retraite est exactement contraire : les glands sont censés entretenir les vieux arbres. Quand les choses se passent ainsi il n’y a pas de problèmes. Mais qu’il y ait pénurie de glands et prolifération de chênes, de boulots, de hêtres, d’acajous, de sapins des landes en fonction de l’image sylvestre et bucolique que vous avez de vous, ou de cons de platanes selon l’image tristement réaliste que, moi, j’ai de vous, les emmerdes commencent. La véritable question étant en quoi un platane serait-il plus con qu’un autre con d’arbre ? Passons.

 

 

Car enfin mes tous petits gueux, il ne faut pas être grand clerc pour distinguer le nœud gordien de la planche de sapin dont on fait les cercueils ! Point besoin d’avoir trainé son cul sur les bancs de Sciences-Po , ni ses guêtres dans les couloirs crasseux de l’ENA, d’autant que les couloirs y sont probablement propres sur eux comme les pédants du bulbe rachidien qui les arpentent en attendant le ministère ou la multinationale. Foin d’heures inutiles de réflexions stériles, on en arrivera toujours au même point : il est impossible à un gland moyen de subvenir aux besoins de deux, voire trois, arbres. Surtout quand ceux-ci rechignent à mourir et ambitionnent de plus en plus, et de manière inconsidérée, à devenir centenaires. Remarquez : plus c’est vieux mieux ça brûle.

 

L’autre jour Fillon a, parait-il, causé d’austérité. Je n’ai pas écouté mais il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître qu’il a le physique de l’emploi. Quelles sont donc les mesures préconisées par l’austère ? Je n’ai pas écouté répète-je mais j’ai consulté récemment l’Oracle de Delphes qui m’a assuré que vous alliez en baver. Il a ajouté que c’était bien fait pour vos gueules, mais vous savez comme sont les Grecs en ce moment : Aigris, pisse-vinaigres, et hargneux comme des ritals sans amour et sans vin! D’ici que cette macédoine nous vaille quelques phalanges bien acérées il n’y a pas des kilomètres. Moins que de Marathon à Athènes en tout cas. Trêve de digressions hellénistes vous boufferez de l’austérité un point c’est tout ! Et comme c’est un plat de pauvre qui se paie cher vous bosserez plus longtemps pour pouvoir vous l’offrir.

 

Alors la retraite parlons-en ! Et parlons en comme de l’arlésienne dont tout le monde glose sans jamais la voir.

 

Written by saiphilippe

8 novembre 2011 at 14 h 33 min

Publié dans Chronique, Histoire

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Yavhé comme une couille dans le potage.

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J’ai beaucoup hésité avant de pondre le présent billet, non pas que le courage me manque mais plutôt qu’il s’accorde peu avec l’absence de rémunération. En effet prendre des risques pour pas un rond ne m’agrée guère (et je ne parle pas de l’instinct). « Alors quoi? » Dites-vous la bave aux lèvres et le suif au ventre, abominables avachis cholestéraux que vous êtes.

 

Je voulais parlez d’Israël.

 

Entendez le silence de cathédrale qui, soudain, hurle à nos oreilles et dans lequel s’ébattent les mouches mutines et le bourdon bourru du curé bourré en robe de bure. On ne parle pas d’Israël! Et encore moins de la Torah. Et pour pas un rond, je vous le rappelle, je vais, de ce pas, manquer complétement de me gêner.

 

De nombreux chercheurs, israéliens d’ailleurs, se sont piqués de retracer l’itinéraire historique du peuple Juif à partir des textes sacrés, Torah , Ancien Testament, Pif Gadget, le Figaro Madame, que sais-je encore. Pendant des années ces vaillants Indiana Jones en kippas parcoururent le désert du Sinaï en long en large et en travers sans dénicher rien d’autre que de la caillasse et des ampoules aux pieds. Aucune trace du transit des Hébreux guidés par Moïse au sortir d’Égypte. Nul indice de cette errance de quarante longues années dans ce milieu hostile. Ils en conclurent, assez courageusement, je dois dire, compte tenu de l’outrance hystérique de certains fadas locaux à papillotes n’ayant rien à envier à la vision mortifère d’autres illuminés coraniques, ils en conclurent disais-je qu’il était fort improbable que les Hébreux aient jamais traversé le Sinaï et, en tout état de cause, pas dans les proportions évoquées dans la Bible.

 

La Bible, qui prétend également que les Hébreux se sont emparés du pays de Canaan par la conquête. Après quarante ans de désert donc, dépenaillés, épuisés, décharnés, nos vaillants héros auraient crevé la paillasse de ces odieux mécréants de Cananéens armés simplement de l’étincelle divine. Belle performance.

Mais que nous disent les archéologues de cet épisode biblique? Encore une fois, aucun élément n’est venu corroborer la thèse sacrée. Par contre ils ont découvert un nombre significatif de villes dont les hauts-quartiers , ceux des riches, des classes supérieures, des rupins de tous poils qui de tout temps ont la manie de crécher en haut des buttes, avaient été mis à sac puis brulés. Parallèlement ils ont également mis en évidence l’éclosion concomitante d’une multitude de villages, assez rudimentaires. La civilisation cananéenne aurait donc été détruite en interne, par une sorte de révolution de prolétaires avant l’heure. Puis cette panoplie de cul-terreux, de traine-savates, de déclassés, de miséreux, cette populace en somme, serait partie vers les campagnes, et dégoutée du mode de vie honni de tous ces rupins pourris qu’elle avait étripés avec furie elle voua aux gémonies l’ancien culte moisi . Poil au zizi – il me manquait une rime en « i »- . Un culte polythéiste assez rigolo avec des tas de chaudasses pourtant. Mais le peuple n’avait pas envie de rigoler alors  pour parachever son œuvre et marquer sa différence il se choisit un dieu unique, un certain Yahvé, divinité dont on trouve la trace au Yémen où il glandait dans l’indifférence générale et même le mépris des autres Dieux qui lui jetaient des cacahuètes et le traitaient de pédé. Mais le peuple souverain en fit ce Dieu de vengeance, ce Dieu de combat, ce Dieu tout-puissant dont, à l’instar de Beatlejuice, il ne faut jamais prononcer le nom sans quoi Il vous casse les couilles.Et si ça c’est pas de la promotion sociale je ne m’y connais pas !

 

 

Bref tous les éléments recueillis tendraient à prouver que les Hébreux sont les fils de cette révolution et on peut conclure sans trop extrapoler que si un petit malin avait eut l’idée d’écrire « le Capital » plutôt que la Torah il y aurait encore des communistes aujourd’hui. On l’a échappé belle ! Yahvé merci !

Written by saiphilippe

6 novembre 2011 at 14 h 45 min

Itinéraire hebdomadaire d’une maladie mentale.

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L’époque est formidable, le monde est merveilleux et chaque soir qui passe sous l’horizon radieux me mène aux douces incertitudes de la nuit : Serai-je encore là demain ? Quand sortira donc la saison 5 de « the big bang théory » ? Devrai-je me convertir à l’islam malgré une pilosité qui frise le ridicule à force d’inexistence, mais merci Petit Jésus j’ai la peau douce ? Et puis la Terre dans sa course folle achève sa demie révolution diurne et reparait l’astre du jour dardant ses haillons d’argent ou quelque chose comme ça , comme dit l’autre, sur l’aube nouvelle d’un autre temps barbare. Je me lève en ne bousculant personne, comme d’habitude.

Les journaux flambent, les bourses aussi. Les miennes sont à l’abri dans un slip Leclerc. Le magasin pas le blindé éponyme. Je petit-déjeune d’un café lacté et d’une bonne portion de Soumaintrain qui d’ici cinq à dix ans me bouchera les artères pendant que la Grèce continue de fondre sans profit pour vos cuisses adipeuses, mesdames. Une fois dehors le brouillard m’écharpe parce que les haillons d’argent du soleil dijonnais souvent peinent à darder. Ou quelque chose comme ça.  J’ai une pensée fugace pour ma ville natale noyée de soleil alors qu’ici je me gèle les couilles dans un slip Leclerc. Aucun islamiste n’ayant jugé bon d’incendier ma voiture je me rends au boulot au milieu des travaux d’un tramway nommé Divia à défaut de désir. Une fantaisie de la coterie socialiste autochtone. C’est un mauvais procès, je sais, alors que par ailleurs je vote à gauche. Mais de la main gauche pour avoir l’impression que c’est un autre qui vote. Il y a tout un tas de trucs qui peuvent se faire de la main gauche mais passons.

Rendu guilleret par les embouteillages, moi qui hait le pinard, j’arrive enfin devant le gymnase. En général une heure, une heure et demie à l’avance. Je prévois toujours large, très large, très très large question temps. Pour un ensemble de raisons, toutes pathologiques, il me faut être le premier. Alors je puis m’approprier les lieux en mon Nom comme Colomb le fit du Nouveau Monde en celui de l’Espagne. Ainsi, tous ceux qui arrivent après moi sont techniquement chez moi. C’est une règle qui reste valable même lorsque je me rends chez un ami. Certes, en général et s’il a deux doigts de jugeote il prend soin d’être là avant, mais il ne compte pas vraiment dans le calcul de la propriété. Sachez-le avant que de m’inviter inconsidérément. Dire que je dois répéter ce manège tous les jours ! car mes possessions sont régulièrement pollués par d’autres quand je n’y suis pas. Comme j’aimerais avoir le don d’ubiquité ! Ou un bon jeu de caméras et de gardes assermentés.

Les mômes d’ici sont comme les vôtres, les mêmes soupirs, les mêmes rires, les mêmes larmes, les mêmes alarmes, comme dit l’autre. Ils sont surtout pour moi l’espoir d’être meilleurs que leurs parents. Malheureusement ils n’en sont trop souvent que la projection. Alors je me rabats sur mes nièces qui portent une partie de mon patrimoine génétique. C’est une projection également dites-vous ? Certes, mais d’une part je vous emmerde et, d’autre part, si vous n’avez pas encore compris à cette ligne que je suis infiniment meilleur que vous, que plus mes gènes se répandront mieux la Terre s’en portera, je vous serai gré de déguerpir car vous êtes ici, comme ailleurs, chez moi.

C’est pathologique vous disais-je !

Written by saiphilippe

4 novembre 2011 at 11 h 10 min