"Un Jour En France"

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Ex Catho-logique ( 5 )

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Les moutons paisibles paissaient et croissaient sans crainte sur le plancher de la piaule de cette peau de vache de Battesti. Son visage, griffé de rides et ignoré du rasoir comme son parquet du balai, restait digne, alors que se poursuivait la perquisition policière. Imperturbable, son regard vit la planque de Saint Malachie débusquée, sous les moutons, sous le plancher réduit en copeaux. Puis on conduisit cette lie de paradis dans les locaux du SAS, au grand renfort d’un tapage de sirènes célestes accompagné d’auréoles clignotant blanc-bleu. Superflu mais très joli. Il fallait bien que l’on marquât le coup ! rendez-vous compte : une arrestation au paradis ! Ça ne s’était pas vu depuis des temps immémoriaux, depuis le grand clash, depuis le grand schisme, la grande révolte… depuis l’expulsion de l’ange déchu, Lucifer.

S’il exhalait de Battesti une forte odeur de gibier de purgatoire, en revanche on aurait donné à Saint Malachie un blanc-seing pour la Maison Blanche, tant était patente sa licence de sainteté. Il était effectivement en possession d’un petit papier de Dieu tout à fait conforme : Date et motif du décès, résumé succinct des actes de sa vie terrestre et de sa canonisation dans les règles de l’art. Plus un certificat de non-pécheur toutes saisons, tamponné en bonne et due forme. Et une carte de membre du club des « Saints à Bicyclette ». Incongrue, certes, mais chacun est libre de combler son éternité comme il l’entend. Battesti, lui, n’avait pas ses papiers. Arguant les avoir égarés lors d’un déménagement, il appuya ses dires d’une version slam d’«  Hécatombe » de Georges Brassens. Puis il enchaina sur «  l’Internationale », après quoi il réclama, à grands cris, une guitare électrique. Ce qui lui fut refusé. Alors il se se vengea en massacrant, à capela, «  Highway to Hell » et les oreilles de l’assemblée ! Finalement, jetant tout azimut une bordée de malédictions corses, il se mura dans un silence de cathédrale et nul ne put lui arracher une once de parole censée.

Malachie n’avait pas grand chose à cacher et ne nia d’ailleurs pas être l’auteur de la prophétie dite «  des Papes », en revanche il affirma avec véhémence son innocence quant à l’envoi du télégramme fatidique, celui par qui toute cette histoire avait commencé ( vous feriez bien de la relire soit dit en passant. Nda). Il certifia avoir écrit la prophétie sous l’emprise d’un alcool de trèfle assez redoutable et s’en être repenti à maintes reprises depuis, que la sainte aspirine en soit louée ! Il avoua une certaine addiction au jus de pomme. Il déclara avoir rencontré Battesti à un festival polyphonique, sa passion secrète avec la bicyclette et la taxidermie, bien qu’il eut dû renoncer à cette dernière en raison d’une carence quasi totale de cadavres au paradis.

Gabriel rapporta aussitôt ce témoignage à Dieu qui prit un dix-millionième de microseconde pour vérifier dans son infinie mémoire des actes des hommes si tout ceci était exact. Et cela l’était. Dieu se dit ensuite qu’Il aurait mieux fait de commencer par là plutôt que de laisser monter la mayonnaise puis se ravisa en se souvenant qu’Il était par essence infaillible. Par contre, malgré deux bonnes secondes de plus sur le sujet, Il ne parvint pas à identifier la source du problème, à savoir  l’expéditeur du télégramme. Merde alors ! Qu’est-ce qui pouvait bien échapper à son divin contrôle ?

Tendu comme un Kennedy sous la menace de missiles cubains, Dieu souffla à Hubert :

«  Passez-moi le téléphone Rouge ».

Written by saiphilippe

7 mars 2013 at 11 h 04 min

Ex Catho-logique ( épisode 3 )

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Maison Blanche, 4 heures du matin heure paradisiaque. La cellule de crise divine se réunit dans le bureau ovale de Dieu. Qu’on ne se méprenne cependant pas : il n’y a cette fois aucune amusante coïncidence dans ce fait troublant. L’ovale rappelle à Dieu la forme de l’Univers que, dans son infinie sagesse, il a bien voulu créer. Bien qu’en réalité l’Univers arborât plutôt la forme d’une goutte d’eau depuis le point d’origine, à savoir le big-bang – que Dieu appelle plus volontiers «  le jour où J’aurais mieux fait de me casser une jambe » – allant croisant jusqu’à adopter une forme ovoïde assez peu pratique pour y caser des meubles, mais parfaite pour y déposer planètes et constellations.

La cellule de crise de la Maison Blanche se compose de Dieu, du Fils, et du Saint-Esprit. En résumé, elle réunit Dieux tous seuls. Cela dit, afin que nos aimables ouailles ne perdent pas trop le fil des débats, nous avons choisi de dissocier clairement la triple – et unique – personnalité de Dieux. Jésus prit la parole :

«  Papa, Titi, notre dévoué Saint Pierre m’ a appris que ce fameux Saint Malachie était, dans sa vie terrestre, un évêque d’Irlande du XI siècle après Moi. Il se serait piqué de quelques prophéties au sujet de la fin des temps, évoquant en vrac le dernier des papes, la venue de l’Antéchrist, la Jérusalem Céleste, le combat final… tout ça quoi. »

«  Et en quoi sommes-nous concernés mon Fils ? » fit Dieu, dédaigneux.

«  Ben, il paraitrait que sur Terre on soit justement sur le point d’élire le dernier des papes. Ça a dû faire flipper Saint Machin-Chose, je suppose. »

« Hum… Bon, je me souviens bien avoir proféré deux-trois bafouilles au sujet de la fin des temps, par ton entremise d’ailleurs, mon Fils. Mais je ne me souviens pas avoir fait de ce type un prophète agrée… d’un autre coté je ne me souviens pas non plus avoir crée l’Irlande, donc, l’un dans l’autre, il est possible que ce type ait reçu de Moi l’autorisation de semer la panique. Faudrait mettre la main dessus, ce serait le plus simple, Je pense »

«  Je pense aussi Papa »

«  Cui-cui » approuva le Saint-Esprit.

«  Bien. Qu’on mette immédiatement sur le coup Gabriel et sa Section Angélique Spéciale ! » ordonna Dieu.

L’Archange Gabriel, accoudé sur le zinc de son bureau, s’absorbait dans la contemplation métaphysique de l’olive qui barbotait dans le martini servi, un instant plus tôt, par une assistante ailée au petit cul adorable. Toujours sur la brèche ! Telle était la devise de Gabriel et de ses SAS. Mais ça n’interdisait pas un moment de détente entre deux interventions. Cela dit, ça restait assez tranquille ces derniers temps. Depuis l’Annonce faite à Marie, ça faisait un milliard trois-cent vingt et un mille putains de martinis détendus. Et le téléphone sonna.

«  Gabi ? C’est Jésus. Prends tes gars et trouve-moi un type nommé Saint-Malachie »

« Quoi, qui ? Hein ? Seigneur !…c’est Toi ? Oh merde, Ô Seigneur ! »

«  Ouais, c’est Moi ! Ferme-là un peu et écoute! On dirait vraiment que t’as vu la Vierge ! Bon je répète : Saint-Malachie, un Irlandais… il est probablement alcoolique, commence par les tripots »

«  Oh merci mon Dieu ! Oh Seigneur ! Ce sera fait Seigneur ! À vos ordres ! Hosanna, Hosanna ! »

«  Ouais, pareil. Allez, grouille ! »

Gabriel vissa sur son crane un feutre bien élimé et à ses lèvres une clope bien allumée. Il éclusa d’un trait son martini puis, avant de sortir, colla une main au petit cul adorable de l’assistante qui gloussa, mi-surprise mi-offusquée mais à plein satisfaite. Une fille bien élevée en somme. Maintenant vous savez quoi faire pour gagner le paradis, mesdames.

Comme saisi par le froid et l’humidité d’une ruelle sombre, Gabriel renfrogna les épaules dans son trench-coat, ce qui n’était pas facile rapport à ses ailes d’archange. Il faisait 19°, le ciel était au blanc-bleu-léger des six heures du matin paradisiaque, et jamais il ne pleuvait. Il faut dire que Gabriel, entre deux martinis, avait cultivé une certaine attirance pour les romans noirs des années cinquante et les attitudes à la Bogard – sans aucun risque de choper le cancer, ce qui est toujours appréciable-, mais il avait un peu tendance à surjouer.

Toujours sur la brèche !

Written by saiphilippe

27 février 2013 at 17 h 54 min

Ex Catho-Logique ( épisode 1 )

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Cette histoire débute un beau soir entre fromage et dessert à la manière d’un cheveu dans la soupe ; Hubert, majordome portant beau la livrée de son état subalterne, débarrassait nonchalamment les assiettes creuses en affichant, d’un sourcil ombrageux, un air affairé quelque peu surjoué mais seyant bien dans le cadre prestigieux de cette maison de maitre. Il faut dire qu’on était chez le Bon Dieu.

Le Bon Dieu égouttait sa belle barbe blanche des restes du potage aux légumes qui s’y trouvaient, attirés sans doute par la lumière divine ; le petit Jésus, tête penchée mains jointes, semblait prier Dieu sait qui. Joseph tapait allégrement dans le clafoutis aux griottes qu’Hubert venait à peine de déposer sur la table. Marie fermait sa gueule et était au régime. Une soirée ordinaire chez la Sainte Famille et pièces jointes.

«  Jésus ! Bordel de Moi-même ! ne t’ai-je point déjà demandé de lâcher ce téléphone lorsqu’on est à table ? » s’écria le Bon Dieu dans un geyser de gouttes de potage aux légumes.

Jésus déposa le tout dernier Nokia Lumia 920, 529 euros sans abonnement, 4G disponible partout -même au paradis-, en soupirant. Son visage juvénile, quoique auréolé d’un halo contrarié, trahissait à la perfection son ascendance Divine, au grand dam de Joseph qui se sentait vraiment con dans ces moments-là. Rappelons pour mémoire aux bienheureux simples d’esprit que Jésus, fils de Dieu, est Dieu lui même, bien qu’engendré par Marie, qui est femme et donc compte pour du beurre, et par le Saint Esprit qui est Dieu et, par voie impénétrable de conséquence, Fils de Dieu. Cela s’appelle la consubstantialité. C’est un concept très beau mais très compliqué à comprendre, c’est pourquoi Joseph s’en tenait généralement à la première syllabe de ces jolis mots, surtout dans ces moments-là.

Quant au Saint-Esprit, il picorait seul dans la la Sainte Volière qu’on avait aménagé dans un recoin de la pièce. le Bon Dieu, consubstantialité ou pas, ayant estimé indigne de sa part de diner avec un pigeon. Déjà que son Fils lui tapait sur le système, alors un piaf ! Et donc étant Dieu, Fils, Divin Volatile à la fois, tous partageaient la même morosité, s’énervaient tous seuls à l’égard des uns et des autres et finalement s’encadraient avec un mal grandissant au fil que déroulaient, invariable, les siècles et les siècles. Amen. Alors, dans ces moments-là, Joseph retrouvait un regain de jovialité :

«  Qui c’est qui re-veut du clafoutis ? » tonna ,allègre, le rude charpentier de Bethléem à la rustre syntaxe.

Personne n’en manifesta la moindre velléité. Bon Dieu et Cie boudaient. Marie… mais qui s’en soucie ? Et le souper s’acheva dans un concerto pour soliste de claquements de mâchoires donné par le père Joseph, tandis que le reste de l’assemblée attendait le retour aux pénates comme le Messie. Soudain, à l’heure du café mais sans lui, Hubert déboula dans la pièce, porteur d’un plateau d’argent sur lequel sommeillait, replié et menaçant, un papier ordinaire.

«  Ça vient tout droit du standard. Un pli urgent que vous envoie Saint Pierre, Ô Mon Dieu. » S’essouffla Hubert.

Les quelques mots banals du télégramme s’agrégeaient en une lourde menace, même pas sous-jacente : «  Fin des temps est proche. Stop. Demande permission déclencher Plan Bleu. Stop. Signé : Saint Malachie. Stop et Fin.»

«  C’est qui ce con ? » demanda le Bon Dieu.

Written by saiphilippe

25 février 2013 at 19 h 00 min

Escapades : Israël ( troisième partie)

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Et il advint qu’Israël eut douze fils, et tous avaient des prénoms à coucher dehors, ce qui tombait bien vu qu’ils étaient nomades.

Et leurs prénoms étaient Ruben qui était collant, Siméon qui ne savait pas ce qu’il voulait, Lévi qui était antisémite comme personne, Juda qui était juif comme tout le monde, Issacar qui était fan de France Gall, Zabulon qui avait un manège enchanté, Dan qui faisait du judo, Nephtali qui sentait le fond de placard , Gad qui faisait le guignol, Aser qui était palestinien, Yossef qui était communiste et, pour finir, Benjamin qui était le dernier.

Or ils devaient se partager un territoire grand comme le Liechtenstein qui aurait copulé avec le Luxembourg et ça ne faisait vraiment pas beaucoup. Et aucun troupeau de tel frère ne pouvait faire dix pas sans se retrouver chez tel autre. Et on ne compta plus les bris de clôture, les graffitis dans les toilettes, les injures raciales, les vols de mobylettes et les infanticides. Et tout ça est bien triste, surtout pour les toilettes. Heureusement, Israël disposait de nombreuses usines à gogues et finalement ce n’était pas si grave. Et puis, malgré tout, c’était la Terre Promise ! Le cadeau de Dieu à son peuple ! Comme un abribus pour un clochard.

Et donc, grosso-modo, on en était toujours là lorsque les Romains vinrent mettre un peu d’ordre dans tout ce bordel et que , pour couronner le tout, déboula le Christ également. Il fallait s’y attendre : les prophètes passés, tous sans exception, n’avaient-ils pas usé leur salive à annoncer la venue du fils de Dieu sur tous les tons à tous les modes, et parfois même en sautant à cloche-pied ? Si bien sûr. Néanmoins il s’en trouva pour dénier la divinité de Christ. Fichtre ! De surcroit, il s’en trouva pour condamner Christ. Diantre ! Derechef, il s’en trouva pour fournir les clous, la charpente, et la jolie pancarte au dessus, pour crucifier Christ. Putain de bordel de merde !

Et tous ces odieux personnages étaient juifs ! Mais comme Christ l’était aussi, ça compte pour du beurre.

Puis les juifs se révoltèrent contre les Romains et naturellement ils perdirent. Puis il y eut les musulmans et naturellement ceux qui n’avaient pas déjà choisi Christ se convertirent. Le peu de juif qui restait partit sous d’autres cieux, les uns au nord où ils firent quelques émules à cheval parmi les peuples des steppes ; les autres à l’ouest, sous le chaud soleil d’Espagne où ils firent du couscous en bronzant. Et on appela ceux du nord des ashkénazes – de l’allemand « ach kel nazes ! »- parce que fallait vraiment être con pour aller se geler les couilles dans les steppes tatares. Et on appela ceux du sud des séfarades, ce qui ne veut rien dire et c’est normal pour des branleurs pareils.

Ce joyeux exil de tout un peuple pour des contrées riantes et accueillantes fut nommé la « diaspora ». Et les retrouvailles hebdomadaires à l’usine à gogues pour évoquer le passé glorieux d’Israël des « soirées diaspo ». Ou quelque chose comme ça.

Dans le quatrième épisode des « escapades : Israël » vous ne retrouverez ni Jésus, ni Jacob, ni les chiottes. Aucun d’eux n’étant plus au fond du couloir à gauche.

Written by saiphilippe

19 février 2011 at 9 h 48 min

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Escapades : Israël ( deuxième partie )

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Ainsi donc Jésus débarqua un beau soir sur Terre, au milieu du pipi d’âne et des bouses de bœuf, tout barbouillé du placenta de sa mère, Marie. Car son père, pour des raisons pédagogiques évidentes, avait exprimé le désir que son Fils souffrît de la condition d’homme afin d’en mieux cerner les problématiques. Et aussi pour lui faire les pieds à ce Petit Con qui, à peine conçu, se piquait déjà de Lui donner des conseils, alors qu’Il était Lui, que Lui était l’Autre, que l’Autre et Lui étaient également le Saint-Esprit, une sorte de pigeon céleste. Et tous étaient omniscients et consubstantiels, qualités à même de faciliter le dialogue et la compréhension. A première vue. Car chacun sachant à l’avance ce que l’autre allait dire, sachant à l’avance d’à l’avance ce que l’autre avait dans l’idée de dire avant que le moindre mot ne fût lâché et la moindre pensée émise, en définitive Ils ne se causaient pas tant que ça. Et même ils se foutaient sur la gueule la plupart du temps.

Et c’est en raison d’une bisbille mesquine d’entre les bisbilles mesquines qui agitent les grandes familles que Jésus naquit, Fils de Dieu certes, mais couvert de merde et doté, en prime, d’un père adoptif charpentier de profession et alcoolique par passion. Alors que l’idée de base aurait plutôt consisté à Le faire venir sur un grand chariot de gloire et de lumière, accompagné des orgues et des olifants de mille anges chantant Ses louanges, ceint de la couronne de Roi des Juifs, avec Moïse et Abraham en pom-pom girls ouvrant la route, tortillant du cul et braillant : «  Le voici, c’est Lui ! Le Messie! Hosanna, hosanna, oh yeah ! ». En tous cas telle était l’idée que s’en faisait le Petit jésus dépité tandis que Marie lui claquait le cul pour lui arracher Son premier cri et que Joseph lui soufflait son haleine fétide de pochtron dans le nez pour Lui déboucher les bronches.

Or, tout ceci nous éloigne d’Israël, je le crains. Et d’ailleurs que signifie « Israël » ? Naturellement tout le monde sait qu’il s’agit du chat de Gargamel, ou quelque chose comme ça, mais encore ? Et bien un jour, bien avant Jésus et ses potes, Dieu décida d’organiser un combat de catch entre un de ses anges et Jacob, un patriarche à la moralité douteuse, voleur de bénédictions paternelles et bas-du-cul. Pourquoi ? Parce que du fond de son éternité il arrive, parfois, que Dieu se fasse chier. Difficile à concevoir, j’en conviens, avec nos vies courtes et trépidantes que l’ennui ignore. Bref. Jacob péta la tronche de l’ange et ce dernier retourna au ciel tout déplumé et les autres anges se payèrent sa tête, lui crachèrent dessus, lui firent des doigts et le traitèrent de « pédé » et il se suicida. Et voilà pour lui.

Cependant, Dieu n’avait pas vraiment prévu une issue pareille – Il avait même misé 100 yuans sur l’ange*– et il dut se creuser la tête pour trouver une récompense à Jacob. Et il réfléchit longtemps, longtemps, et sa chevelure flamboyait d’électricité statique et ses naseaux fumaient comme une centrale vapeur et enfin il trouva :

« Hum, hum… voilà : à partir d’aujourd’hui tu ne t’appelles plus Jacob, mais Israël ! »

Et Jacob répondit :

– «  vous-vous foutez de ma gueule Mon Dieu ? ».

« J’en ai assez des calembours minables dont on affuble Mon peuple. Les jacobites, non , ce n’est plus possible !»

« Bon d’accord, mais ça veut dire quoi Israël ? »

– « Ça veut dire : Fort comme Moi »

– « Bof »

– « Je te rappelle que ton nom actuel signifie «  il talonnera » car tu es né en tenant le talon de ton frère Esaü et que tu devais inventer le rugby ! »

– « Ok, ok, ok Seigneur  » concéda Jacob-Israël ,« Qu’il soit fait selon ta volonté, machin-bidule, amen et compagnie »

Puis il ajouta :

– « On arrête d’être des juifs aussi ? »

Et Dieu haussa les épaules, soupira, se massa l’arête du nez, puis s’en alla faire pousser des cancers des testicules sur des pandas juste pour voir s’ils allaient s’en mordre les couilles et Israël resta planté là, comme un con.

Israël est-il un juif ? Pourquoi Jacob n’a t-il jamais pris le temps d’inventer le rugby ? Mais bordel ! Que viennent foutre Gargamel et un pigeon sans sauce là-dedans ? Si vous n’en voulez rien savoir, rendez-vous à la prochaine « Escapades : Israël »

* Dieu sait où se trouvent ses intérêts

 

Written by saiphilippe

13 février 2011 at 11 h 15 min

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Escapades : Israël ( première partie )

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Israël est un tout petit état plein de Juifs situé à l’endroit où l’on aurait dû trouver un royaume Chrétien bien propre comme il faut si ces enfoirés de musulmans ne l’avait pas détruit vers 1291. C’était par un mercredi après-midi somme toute assez banal : le petit dernier de la famille, Mimile, faisait ses dents en toute sérénité grâce à la potion miracle Delabarre; je lisais avec satisfaction la rubrique nécrologique du « Jérusalem Herald Tribune »; la bonne repassait le linceul du Christ avec un bout de la Sainte-Croix et ma femme emmerdait absolument tout le monde, comme d’habitude, lorsqu’ils sont arrivés… bref, c’est un assez mauvais souvenir. Surtout la conversion, à peine forcée, de ma femme à l’Islam, prise en levrette sur le linceul du Christ et sodomisée à l’aide de la Sainte-Croix par un Mecque pervers tandis que la bonne me flagellait en gueulant : «  vive l’appropriation des moyens de production par le prolétariat ! » pour se faire bien voir des barbus. Elle avait confondu Marx et Mahomet. Ce sont des choses qui arrivent : tous les barbus se ressemblent.

Quoiqu’il en soit, dès lors et pour des siècles et des siècles, cette terre fut essentiellement peuplée par des hordes bougnoulesques sodomites et communistes, si ça se trouve, si peu reluisantes que leurs voisins, pourtant bougnoules aussi, les tinrent toutes en pâle estime. D’où le nom arabe de ce pays là : la Palestime. Ou quelque chose comme ça. On y trouvait également des Juifs, et ce de toute éternité s’il faut en croire leur bouquin sacré.

L’histoire du peuple d’Israël se confond avec les aventures de Dieu avant qu’il ne devienne antisémite en 1972 avant Moi. Au commencement des temps donc, Il prit sous sa protection les descendants d’Adam et Ève. Une bande de va-nu-pieds splendides, une joyeuse confrérie de voleurs de poules bien décidée à s’assoir sur le lit du Jourdain pour y faire des psaumes à la gloire de l’Éternel, alors que tout le monde sait bien que Monsieur Jourdain ne fait que de la prose et ne prête son lit à personne. Mais bon, apparemment les juifs ne lisent pas Molière. A cette époque Monsieur Jourdain, déjà très vieux, coulait sous lui et irriguait l’aridité du gros tas de caillasses que l’Éternel, dans son infinie mansuétude, avait désigné comme pays des Juifs. Nonobstant le fait que cette contrée croulait déjà sous les pieds sales d’une multitude de peuples, Cananéens , Pharisiens, Galiléens, plus quelques brebis que Dieu, créateur de toutes choses, ne se rappelait pourtant pas avoir foutu là. Les Juifs égorgèrent tout le monde, sauf les brebis qu’ils offrirent en holocauste à Dieu qui avait un petit creux.

Après quoi Il s’en fut à travers sa Création jouer à la pétanque, avec des soleils en guise de boules et des planètes en guise de cochonnets. Puis il inventa le flipper qui est nettement plus drôle surtout quand une planète tombait dans un trou noir et que l’univers faisait « tilt ». Et c’était une partie gratuite de gagnée ! Pour tout dire, il se désintéressa du sort des Juifs, si bien que ceux-ci de Peuple Élu avec son florilège de croyances à la con mornes comme un calendrier France-télécom devinrent la risée de tous, et des Romains en particulier.

Les Romains adoraient un panthéon de Dieux et de Déesses marrant comme tout et légèrement libidineux sur les bords. Et certes ils avaient tort les rats pesteux, mais le cœur de l’homme est ainsi fait qu’il préfère la damnation pour prix d’une bonne pipe de cinq minutes que la salvation en récompense d’une vie entière de merde et de labeur. Et donc il n’y avait plus guère de Juifs pratiquants. Et les rives du Jourdain n’étaient plus que flaques fangeuses de stupre et les temples des lupanars où régnaient des vendeurs de godemichés à l’effigie de l’Éternel. Bien que personne ne sût à quoi Il ressemblait en réalité.

Dieu, de retour de vacances, considéra tout ceci et se dit en son for intérieur : « ça va comme ça ! ». Et les anges s’attendaient à ce que, comme d’usage, Il fît pleuvoir le feu du ciel sur les hommes pour les punir. Ou une pluie d’enclumes pour changer. Ou des giclées d’Ajax-vitre pour faire moderne. Et certes ils furent bien déçus, car l’Éternel choisit d’envoyer son Fils qui était un gringalet famélique et l’on se demandait  comment cette chiffe molle pourrait bien casser la gueule des blasphémateurs et des impies.

Et qui pis est, Il ne l’envoyait pas pour flétrir l’humanité mais pour la sauver. Ça alors !?

L’Éternel était-il en train de virer tapette ? Les Juifs sauront-ils se dépatouiller de leurs contradictions ? Monsieur Jourdain résoudra t-il ses problèmes d’incontinence. Toutes questions qui ne trouveront aucune réponse sérieuse dans le prochain épisode des «  Escapades : Israël »

Written by saiphilippe

10 février 2011 at 13 h 35 min

Publié dans Chronique, Humour

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Ou pas

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De toutes les questions qui hantent l’humanité comme par exemple : « pourquoi faut-il des belles-mères  ? » ou «  Comment se fait-il que mon connard de voisin, qui est est un branleur de première entre autres qualités, possède un lecteur blue-ray quand je n’ai qu’un simple lecteur dvd ? » celle de l’existence de Dieu occupe une place toute particulière. Pour ma part je n’entrevois que deux possibilités :

Soit l’Homme est partie d’un univers crée et engendré par un principe supérieur que, par commodité, on nommera Dieu. Ou papa si vous ressentez cette absence comme un orphelin en quête de ses origines. Ou  Philippe , si vraiment vous êtes des potes. Soit il n’est qu’une boule de matière animée dont le carbone est la base ; le plus improbable fruit du hasard dans la longue liste des trucs incroyables jamais survenus. S’il est issu de Dieu, alors il peut y avoir Bien et Mal, Ordre Céleste, Babar, Valeur Morales et bananes flambées . L’homme peut maudire son patron, ce suppôt de Satan, qui lui refuse une augmentation ou se couvrir la tête de cendres d’avoir passé son après-midi allongé sur la plage à glander et trouver juste la rétribution de son infamie par le don divin d’un mélanome malin. Il peut s’affliger de la faim dans le monde tout en croquant des cacahuètes, donner deux-trois sous mais pas plus parce que quand même faut pas charrier. Repasser sa petite conscience aux bons sentiments pour qu’elle ne soit pas trop fripée le jour du Jugement Dernier. Bref, mener sa petite vie de peigne -cul dans la crainte du Seigneur ou dans la sérénité du Juste si vraiment il ne se prend pas pour de la merde.

Sinon, il n’y a rien. Mais rien de rien. Tout est strictement sans importance. L’homme peut être le fumier le plus intégral, s’attirer l’ire entière de l’humanité sans plus de conséquences qu’un pet de lapin sur la balance du commerce extérieur des États-Unis. Il peut être Adolf Hitler en toute quiétude ! Qu’est-ce que ça peut foutre ? Il peut être heureux à en crever, malheureux jusqu’à la lie. A quoi Bon ? Puisque à la fin des temps tout sera égal dans silence sépulcral du néant et ce sera comme si rien n’avait jamais existé.

Et la croyance en l’homme dans tout ça, me demandez-vous, avides cervelles vides ? Mais, persifleurs démoniaques, c’est ériger une statue d’orgueil ! C’est ce que font les hommes imbus et fats pour raccrocher leur peur de la mort à autre chose qu’une Croix. Je dis une Croix par convention et parce que, jusqu’à preuve du contraire, la France est un pays chrétien. Judéo-chrétien, pour être aimable. Judéo-chrétien avec des petits bouts de musulmans çà et là, pour vraiment ne me fâcher avec personne. Croire en l’homme, reprends-je, c’est idolâtrer le Veau d’Or. C’est une croyance de rebelle à la mord-moi-le-Dieu !

Written by saiphilippe

23 janvier 2011 at 8 h 53 min

Publié dans Chronique, Humour, Pensée

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