"Un Jour En France"

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The endless war ( by Sylvie Pollastri )

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Les Vases Communicants sont un projet proposé à l’initiative de Tiers Livre (http://www.tierslivre.net/) et Scriptopolis (http://www.scriptopolis.fr/) : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Ils sont animés avec passion par Marie-Noëlle Bertrand.

 

The endless war

Invitée pour une soirée entre femmes dans ce coin de planète, qu’il faut entendre par réunion de cas désespérés avec conversation apparente uniquement autour de lamétéoleseigneurlasantéleshommesleseigneur, toute escapade étant interdite et aucune digression permise hors de cette thématique douloureuse et affligeante, domestique sans être mondaine, dont le clou, le sommet, l’inévitable étalage culmine avec médireetlesautresvontmaljevaisbientuasdûsouffrirouimercireditelemoiencore. Avant de repartir en boucle. Ou simplement en vrille.

Mais j’y étais. J’en étais.

Pourtant j’y croyais encore, vers 20 heures, assise au salon. Je me faisais amicale, j’alimentais la conversation, sans apéritif, choisissais mes sujets après les courtoisies d’usage, glissais sur la politique (et les bonnes manières alors ?) pour aborder sans trop appuyer les faits (utiles et non choquants) de société, voire ouvrir un chapitre culturel inédit (j’ai lu…) et tenter un souffle d’humour. N’étant encore qu’avec la maitresse de maison, avant que la horde sauvage n’avançât au pas de charge, j’ai glissé sans en avoir l’air une blague sur la TVA qui allait augmenter d’ici septembre. J’ai eu un sourire, et même de connivence. Plus tard, la meute étant réunie, j’ai même lancé une petite phrase, histoire de « dévier » la conversation, faire entrer un peu d’air par une porte dérobée, alors que je venais poliment de reprendre de l’entrée et méditais déjà de ne pas accepter une deuxième assiette du plat principal car mon estomac lançait déjà des signaux de sassiété. Il y eu des ah! ah!. Puis rien.

L’assiette me parut froide et les petits pois glacés.

Tout tournoyait inexorablement autour du thème de prédilection, la souffrance infinie. J’étais fourbue. Mon corps ne me soutenait plus. Je rêvais mon lit. Je regardais, les oreilles distraites.
Après les doigts cassés, les utérus soustraits, quelque tumeur ici ou là (tiens, on n’a pas parlé du temps qu’il faisait!), un onnesaitjamaiscequipeutarriver (variante: telle est notre heure… mais non, ça, on ne le dit pas, surtout pas pour soi, à la limite pour les autres « Je lui ai parlé la veille! ») ou le récit (soft) de l’agonie de la belle-mère, la conversation un rien monologale s’est faite plus confuse (surtout ne pas citer de nom même si je te décris dans le détail la personne), la thématique se déplaçant du cancer du poumon à l’HOMME. Il s’agissait, grosso modo, du plus beau mec de la ville (très grand, très beau, 45 ans, avocat…) largué par sa nana.
Et là, j’ai vu la lubricité.

Sylvie Pollastri

(En toute honnêteté, ce court texte s’inspire d’un billet de ce blog de 2011)

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Written by saiphilippe

6 janvier 2017 à 10 h 18 min

Publié dans Non classé

Une Réponse

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  1. « médireetlesautresvontmaljevaisbientuasdûsouffrirouimercireditelemoiencore »
    délic(i ou t)ueux !

    Aunryz

    8 janvier 2017 at 17 h 08 min


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