"Un Jour En France"

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Archive for the ‘Histoire’ Category

Digressions sylvestres pour titis fauchés

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Alors la retraite parlons-en. Parlons-en avant que les vieilles branches ne tombent de l’arbre et s’en retournent ensemencer une nouvelle génération de glands. Encore que ce ne soit pas tout à fait exact puisque le principe de la retraite est exactement contraire : les glands sont censés entretenir les vieux arbres. Quand les choses se passent ainsi il n’y a pas de problèmes. Mais qu’il y ait pénurie de glands et prolifération de chênes, de boulots, de hêtres, d’acajous, de sapins des landes en fonction de l’image sylvestre et bucolique que vous avez de vous, ou de cons de platanes selon l’image tristement réaliste que, moi, j’ai de vous, les emmerdes commencent. La véritable question étant en quoi un platane serait-il plus con qu’un autre con d’arbre ? Passons.

 

 

Car enfin mes tous petits gueux, il ne faut pas être grand clerc pour distinguer le nœud gordien de la planche de sapin dont on fait les cercueils ! Point besoin d’avoir trainé son cul sur les bancs de Sciences-Po , ni ses guêtres dans les couloirs crasseux de l’ENA, d’autant que les couloirs y sont probablement propres sur eux comme les pédants du bulbe rachidien qui les arpentent en attendant le ministère ou la multinationale. Foin d’heures inutiles de réflexions stériles, on en arrivera toujours au même point : il est impossible à un gland moyen de subvenir aux besoins de deux, voire trois, arbres. Surtout quand ceux-ci rechignent à mourir et ambitionnent de plus en plus, et de manière inconsidérée, à devenir centenaires. Remarquez : plus c’est vieux mieux ça brûle.

 

L’autre jour Fillon a, parait-il, causé d’austérité. Je n’ai pas écouté mais il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître qu’il a le physique de l’emploi. Quelles sont donc les mesures préconisées par l’austère ? Je n’ai pas écouté répète-je mais j’ai consulté récemment l’Oracle de Delphes qui m’a assuré que vous alliez en baver. Il a ajouté que c’était bien fait pour vos gueules, mais vous savez comme sont les Grecs en ce moment : Aigris, pisse-vinaigres, et hargneux comme des ritals sans amour et sans vin! D’ici que cette macédoine nous vaille quelques phalanges bien acérées il n’y a pas des kilomètres. Moins que de Marathon à Athènes en tout cas. Trêve de digressions hellénistes vous boufferez de l’austérité un point c’est tout ! Et comme c’est un plat de pauvre qui se paie cher vous bosserez plus longtemps pour pouvoir vous l’offrir.

 

Alors la retraite parlons-en ! Et parlons en comme de l’arlésienne dont tout le monde glose sans jamais la voir.

 

Written by saiphilippe

8 novembre 2011 at 14 h 33 min

Publié dans Chronique, Histoire

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Yavhé comme une couille dans le potage.

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J’ai beaucoup hésité avant de pondre le présent billet, non pas que le courage me manque mais plutôt qu’il s’accorde peu avec l’absence de rémunération. En effet prendre des risques pour pas un rond ne m’agrée guère (et je ne parle pas de l’instinct). « Alors quoi? » Dites-vous la bave aux lèvres et le suif au ventre, abominables avachis cholestéraux que vous êtes.

 

Je voulais parlez d’Israël.

 

Entendez le silence de cathédrale qui, soudain, hurle à nos oreilles et dans lequel s’ébattent les mouches mutines et le bourdon bourru du curé bourré en robe de bure. On ne parle pas d’Israël! Et encore moins de la Torah. Et pour pas un rond, je vous le rappelle, je vais, de ce pas, manquer complétement de me gêner.

 

De nombreux chercheurs, israéliens d’ailleurs, se sont piqués de retracer l’itinéraire historique du peuple Juif à partir des textes sacrés, Torah , Ancien Testament, Pif Gadget, le Figaro Madame, que sais-je encore. Pendant des années ces vaillants Indiana Jones en kippas parcoururent le désert du Sinaï en long en large et en travers sans dénicher rien d’autre que de la caillasse et des ampoules aux pieds. Aucune trace du transit des Hébreux guidés par Moïse au sortir d’Égypte. Nul indice de cette errance de quarante longues années dans ce milieu hostile. Ils en conclurent, assez courageusement, je dois dire, compte tenu de l’outrance hystérique de certains fadas locaux à papillotes n’ayant rien à envier à la vision mortifère d’autres illuminés coraniques, ils en conclurent disais-je qu’il était fort improbable que les Hébreux aient jamais traversé le Sinaï et, en tout état de cause, pas dans les proportions évoquées dans la Bible.

 

La Bible, qui prétend également que les Hébreux se sont emparés du pays de Canaan par la conquête. Après quarante ans de désert donc, dépenaillés, épuisés, décharnés, nos vaillants héros auraient crevé la paillasse de ces odieux mécréants de Cananéens armés simplement de l’étincelle divine. Belle performance.

Mais que nous disent les archéologues de cet épisode biblique? Encore une fois, aucun élément n’est venu corroborer la thèse sacrée. Par contre ils ont découvert un nombre significatif de villes dont les hauts-quartiers , ceux des riches, des classes supérieures, des rupins de tous poils qui de tout temps ont la manie de crécher en haut des buttes, avaient été mis à sac puis brulés. Parallèlement ils ont également mis en évidence l’éclosion concomitante d’une multitude de villages, assez rudimentaires. La civilisation cananéenne aurait donc été détruite en interne, par une sorte de révolution de prolétaires avant l’heure. Puis cette panoplie de cul-terreux, de traine-savates, de déclassés, de miséreux, cette populace en somme, serait partie vers les campagnes, et dégoutée du mode de vie honni de tous ces rupins pourris qu’elle avait étripés avec furie elle voua aux gémonies l’ancien culte moisi . Poil au zizi – il me manquait une rime en « i »- . Un culte polythéiste assez rigolo avec des tas de chaudasses pourtant. Mais le peuple n’avait pas envie de rigoler alors  pour parachever son œuvre et marquer sa différence il se choisit un dieu unique, un certain Yahvé, divinité dont on trouve la trace au Yémen où il glandait dans l’indifférence générale et même le mépris des autres Dieux qui lui jetaient des cacahuètes et le traitaient de pédé. Mais le peuple souverain en fit ce Dieu de vengeance, ce Dieu de combat, ce Dieu tout-puissant dont, à l’instar de Beatlejuice, il ne faut jamais prononcer le nom sans quoi Il vous casse les couilles.Et si ça c’est pas de la promotion sociale je ne m’y connais pas !

 

 

Bref tous les éléments recueillis tendraient à prouver que les Hébreux sont les fils de cette révolution et on peut conclure sans trop extrapoler que si un petit malin avait eut l’idée d’écrire « le Capital » plutôt que la Torah il y aurait encore des communistes aujourd’hui. On l’a échappé belle ! Yahvé merci !

Written by saiphilippe

6 novembre 2011 at 14 h 45 min

Escapades : la Bourgogne ( réedition)

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« Bourgogne, Ô Bourgogne, où sont tes escargots? Bourgogne, Ô bourgogne où sont tes pains d’épices? Bourgogne, Bourgogne, les laisseras tu mourir? » hurlaient les poètes déchirés d’un de mes groupes préférés, les « Ludwig Von 88 . Mais, mes tous mignons, autant vous le dire tout de suite, cette région ne m’inspire rien qui vaille. D’abord parce que j’y vis, ce qui en soi est déjà une preuve. Ensuite parce que la bourgogne n’est qu’une aire d’autoroute géante, où paissent les teutons et les flamands en transit. Où le pécore et l’aviné font florès comme colchiques dans les prés. Où la fierté se situe au niveau de l’estomac et la pensée un peu plus bas.

Sur ces paroles généreuses je vais quand même vous livrer un bref historique de cette région insignifiante : Les bourguignons ont le très discutable privilège d’avoir été les premiers collabos de l’histoire de France. En effet, durant la guerre de cent ans, les ducs de la maison de Bourgogne misèrent sans vergogne sur la victoire de la perfide Albion. Ce sont, en outre, ces fumiers de Bourguignons qui capturèrent et livrèrent Jeanne d’Arc aux Anglois contre espèces sonnantes et trébuchantes. L’affaire est entendue: les bourguignons sont des traitres! Ils furent bien punis cependant, car le dernier duc de Bourgogne devait la mener à sa perte : Charles le Téméraire, ombrageux petit imbécile rongé de rêves de gloire se fit jouer comme gallinacé par le fieffé et fourbe Louis le Onzième, Roi de France, dit « l’universelle Araignée ». Nul besoin de narrer ici toutes les péripéties de cette lutte à mort , sachez néanmoins que défait à moult reprises par les Suisses – à Grandson et Morat- , en proie aux vicissitudes d’un duché bien trop étendu pour ses maigres capacités, notre héros sans cervelle , Charlot le Tordu, termina sa triste carrière de condottière à deux balles sur les rives d’un ru boueux près de Nancy, percé de multiples coups de lance et à demi dévoré par les loups. Et voilà pour lui! En conséquence la Bourgogne cessa d’exister en tant qu’état et fut partagée entre le Royaume de France ( Bourgogne actuelle, Picardie et Artois) et le Saint Empire Romain Germanique ( tout le reste : Flandre, Pays Bas, comté de bourgogne c’est à dire la Franche-Comté actuelle). Notons, pour la petite histoire, que les bourguignons contemporains sont tout fiers de cette puissance passée et oublient -ou ignorent-  que les Ducs de Bourgogne ne passèrent que peu de temps à Dijon, certains même n’y mettant jamais les pieds. Ces grands personnages préférant leur riches terres du Nord, Bruges,  Lille, au trou fangeux qu’était Dijon. J’en ris encore.  Fin de la partie historique.

Géographie et économie: Dijon est donc la capitale de la bourgogne, capitale par défaut,  car il n’y a rien de mieux comme cité dans cette putain de région merdique engluée de brouillard. Pas toujours, certes, car en été, il pleut. Dijon, à l’instar d’un autre million de bourgades, s’enorgueillit du terme de  » ville aux cent clochers ». Pour les clochers, je ne sais pas, par contre je puis affirmer qu’il existe un nombre abracadabrant de cloches qui toutes n’attendent pas Pâques pour sonner. On trouve également à Dijon d’innombrables spécialités culinaires dont mes coreligionnaires se vantent comme si ils en étaient les inventeurs. Comme si, moi, je prétendais, sous prétexte de vagues origines niçoises, tout savoir de la socca . Je ne parle pas de la danse, imbéciles!  Enfin, on pose sa fierté comme l’on coule son bronze quand on n’a pas de chiottes à proximité :  Ou l’on peut!  Il faut dire que mis à part leur piquette et leur pain d’épices, il n’y a pas grande matière à rengorger. Pas même la moutarde! Savez vous qu’il n’existe aucune, mais alors aucune, plantation de moutardier en bourgogne? Quelle escroquerie! A propos, Dijon, libérée du joug infâme de la droite scélérate et du vil baronnet Robert Poujade depuis sept ans, vit désormais sous les auspices, de bonne augure, du plus beau parterre de socialistes tannés aux U.V qu’il m’ait été donné d’abhorrer. Une joyeuse bande de coquins, de jean-foutres, de fripouilles, d’écumeurs de bars à putes et de boites à connes, occupée à s’empiffrer de gougères et de kirs sur le dos des pauvres en disant du mal des riches lors de pots de l’amitié et de l’humanisme, et, de temps à autres, à plomber les finances de la commune en de vastes chantiers aussi fats et inutiles que peut l’être notre bon maire : le baronnet vil François Rebsamen. Pour info, monsieur le socialo, dans votre bled si bien géré on trouve sans peine de quoi ne pas se loger dans les riants bidonvilles de la périphérie et de quoi cramer quand – par malheur- on trouve, dans un de vos merveilleux foyers d’accueil.

Passons rapidement sur les départements de l’Yonne, où il n’y a pourtant pas le moindre zoo, et de la Nièvre. Cette dernière s’étant surtout rendue célèbre pour son élevage de président de « gauche » en 1981, et par le circuit automobile qui y poussa, par le plus grand des hasards, un an plus tard. Il nous reste encore La Saonne et Loire et sa fameuse roche de Solutré où aimait à grimper -entre deux actrices- le président toujours de « gauche » des années 80. Mais depuis, hélas, on ne grimpe plus à Solutré : on monte au bourg. A gauche en sortant au fond du couloir. Enfin c’est que j’ai cru comprendre.

En conclusion, la Bourgogne est une région que la sagesse commande d’éviter  mais qui malheureusement  se trouve sur l’axe routier européen reliant le sud et le nord. Subséquemment moult vacanciers y transitent,  se bourrant la gueule au passage,  et finissent dans le premier platane venu. Voilà pour eux !

Une autre fois je vous parlerai de Bordeaux, l’autre pays du pinard. Mais de droite.

Written by saiphilippe

13 janvier 2011 at 10 h 47 min

Publié dans Chronique, Histoire, Humour

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Escapades : l’Alsace ( réedition)

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L’Alsace m’inspire. Comme elle inspira de nombreux conquérants. Par avance je prie les alsaciens de pardonner mes dires, je ne suis qu’une pourriture Welche, littéralement: « Étranger parlant une langue latine ». Je tiens à m’excuser car, voyez vous, les alsaciens sont un peuple ombrageux et fier, un peu boche sur les bords certes, mais très attachant pour peu qu’on le tienne à distance. Fier il est donc, mais fier de quoi me demande t-on?

De son histoire peut-être : Étymologiquement parlant le terme « Alsace » provient de la tribu germanique des Allamands qui se répandirent comme la peste sur une zone comprenant le pays de Bade, une partie de la Suisse et naturellement notre chère Alsace. « Chère » est le mot qui convient parfaitement d’ailleurs. Combien de soldats, combien de capitaines partirent sereins pour faire Française cette terre sauvage, presque boche , et revinrent la queue entre les jambes dont une en bois ? Un nombre considérable depuis 1648, date du traité de Westphalie, qui accorda l’Alsace au Roi de France Louis le Quatorzième. Combien de manœuvres dilatoires  , de combinaisons politiques tortueuses , de négociations fumeuses s’ourdirent pour obtenir le contrôle de la rive gauche du Rhin? Une flopée, dont l’ensemble constitue ce que je nommerai les « calculs rhénaux ». Oh certes, cela n’est pas du fait des alsaciens, qui n’avaient rien demandé à personne, mais qui, manque de bol,  se trouvaient sur la frontière entre deux mondes :  L’espace Latin et l’espace Germanique. On peut  donc, très loin de Boulogne-Billancourt, parler « d’espaces rhénaux ».

 

On rigole bien non?

 

C’est ainsi que durant des siècles l’Alsace fut ballotée entre la France et l’Allemagne, comme un enfant du divorce que se disputerait l’amour déchiré. Dieu que cette phrase est belle ! Quoiqu’il en soit, à force d’avoir à choisir l’un ou l’autre selon les circonstances,  ils finirent par ne plus rien choisir du tout et optèrent sagement pour la voie médiane en se faisant « malgré nous » . C’est un peu facile ! Dieu sait que la Sainte et éternelle France fit tout pour ces gens là : Leur imposant, pour leur bien et par exemple, l’usage obligatoire du français ; les divisant en différentes classes de citoyens selon leur degré de francophilie. Que d’efforts pédagogiques consentis afin de débarrasser ces rustres de leur oripeaux fridolins ! En pure perte malheureusement, car de nos jours encore  les lois alsaciennes priment sur les lois de la république.  Et voilà pour l’histoire. Au niveau géographique, on trouve en Alsace de nombreuses routes afin que les chars circulent sans peine pendant les guerres. On trouve également une multitude de villages charmants aux noms imprononçables, peuplés d’autochtones dont le sabir est si incompréhensible que le visiteur préfère encore mieux s’adresser aux cigognes. Les forêts y sont noires, comme en Allemagne. Les maisons y ont des couleurs bizarroïdes, vert-vomi, jaune-pisse, d’un goût déplorable et pour tout dire à chier. Comme en Allemagne. On y mange de la choucroute, on y boit de la bière Comme en Allemagne.

 

En résumé : Comme en Allemagne! C’est tout bénéfice pour le touriste français : dépaysement garanti sans avoir à passer le Rhin.

 

Le Rhin, ce fleuve magnifique aux chutes superbes, qui nous séparerait convenablement  des hordes barbares germaniques  si nous n’en avions pas perdu le contrôle total. Faudra penser à annexer la Belgique et une bonne partie des Pays Bas un de ces jours. Avec de la pédagogie ces gens là feront des Français tout à fait convenables, d’autant que les Wallons parlent déjà notre langue… Eux!

 

 

Une autre fois je vous causerai de la Bourgogne et de ses fabuleux ports de pêche.

Written by saiphilippe

11 janvier 2011 at 13 h 01 min

Publié dans Chronique, Histoire, Humour

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Aide mémoire

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Pas très loin de Brnö, en République Tchèque, il y a un plateau que les vents battent en hiver en soulevant des jupes de neige qui dévalent en pente douce le long de son échine et s’enrubannent autour d’ un château planté là comme un cor à son pied. A gauche du château, un mauvais chemin de terre court le long d’une rivière qui abreuve deux hameaux avant de se jeter, de désespoir sans doute, dans un lac qui, à la morte saison, gèle plus souvent qu’à son tour. Plus loin le regard se perd et le chemin aussi, bouffé par le brouillard. A droite le plateau tombe plus sèchement pour mourir au fond d’un val et renaitre sous la forme d’un mamelon vif de jeune fille.

Il fait blanc partout et pourtant tout est sombre. La lourde cape de nuages bas peine à se lever, mais soudain une tête dorée en émerge : elle est bien pâle encore mais pour les hommes alignés là, par dizaines de milliers, aux pieds du plateau, blottis au creux des bourgs, cachés dans les jardins givrés du château, piaffant sur leurs chevaux à l’orée du vallon, il chauffe plus fort que toutes les forges de France. Le soleil d’Austerlitz se lève.

C’était le deux décembre 1805.

Bataille d’Austerlitz, première phase

 

Souvent je me fais l’impression d’un témoin de Jéhovah – qu’ils grillent tous en enfer ces rats pesteux!- lorsque je prêche la France et son histoire. Un « et » superflu d’ailleurs car la France, avant sa langue, avant ses frontières, avant même qu’on l’ait nommée ainsi, c’est d’abord et surtout Son Histoire.

Est-il utile que je m’insurge une fois de plus tel Don Quichotte contre un moulin? Est-il utile que je vilipende encore les bons sentiments qui semblent présider à l’enseignement de l’histoire dans notre pays? Est-il utile que je crache à la gueule des gouvernants, drapeaux déployés, cocoricos toni-truands et identité nationale en fond de culotte affichés tandis que sous cape ils détruisent le peu d ‘histoire qui nous reste? Certes non, tout cela ne sert à rien. La bataille de France est perdue : ce pays se meurt de lui même, sans heurts, presque avec plaisir.

Demandez aux gens dans la rue ce que la France leur évoque vous ne récolterez que des « pfff » des « je m’en fous » des «  mes acquis sociaux! Ouin! ». Il y a une phrase de Kennedy que j’affectionne et qui résume assez bien mon sentiment : «  Avant de vous demandez ce que l’Amérique peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour elle! »

Il suffit juste de remplacer, au sens littéral , « l’Amérique » par  « la France et l’Europe » et vous aurez ma pensée profonde.

Written by saiphilippe

30 novembre 2010 at 11 h 36 min

Dimanche Sanglant

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Au delà de tout jugement moral dont d’ailleurs je suis exempt , il me semble utile de poser la question de la pertinence de l’emploi de troupes militaires dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre. A plus forte raison lorsque lesdites  troupes sont parachutistes,  dont la doctrine d’emploi serait plutôt la frappe en profondeur sur les arrières de l’ennemi que la répression d’une manifestation et,  à plus forte raison, l’assurance d’un quelconque service d’ordre. Il existe des troupes dévoués à ces taches, forces anti-émeutes ou, le cas échéant, la police tout simplement. Le Royaume Uni, comme tout pays civilisé , disposait des hommes ad-hoc pour agir de manière adaptée. Envoyer sciemment des troupes de "choc" contre des manifestants à priori désarmés relève d’une intention, sinon criminelle, à tout le moins franchement hostile et potentiellement génératrice de dérapages. Et c’est bien ce qui advint  ce Dimanche 30 janvier 1972 lorsque les parachutistes britanniques ouvrirent le feu, sans que l’on sache vraiment pourquoi, et tuèrent 13 civils irlandais, des gamins pour la plupart.

  

Written by saiphilippe

28 janvier 2010 at 11 h 32 min

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D’un Waterloo l’autre?

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Tandis que quarante siècles contemplent Napoléon et son armée , j’ai dix-mille ans d’histoire à mes pieds. Manière d’exprimer le recul que j’ai par rapport aux événements, d’une manière générale. Et accessoirement prétexte à discourir sur l’existence éventuelle du destin manifeste de la France. Et si oui, quel est-il? Et pourquoi en causer alors que pas un français n’a gagné Roland Garros depuis 1983 ? Et bien, parce que dans quatre jours il y aura concomitance de deux faits qui ne me laissent point de troubler la noble ordonnance de mon sentiment national; d’une part les aigles impériaux s’abattront quelque part au delà de La Haie-Sainte à Waterloo, d’autre part un obscur général entamera sa carrière de sauveur de la France au micro de la B.B.C. Ah, l’ironie des choses me saisit au foie comme une vieille andouille de vire faisandée. Cent-vingt-cinq ans entre ces deux dix-huit juin. Cent-vingt-cinq ans de descente, de trains de l’histoire ratés, pour passer du statut de première puissance d’Europe à celui d’impuissance mondiale, une première fois massacrée dans les tranchées puis abattue en deux mois en 1940.

Napoleon, à travers le prisme du temps, apparait comme le continuateur d’une expansion Française commencée bien avant lui, sous Louis XIV notamment. En ce sens l’épopée du Premier Empire n’est pas un épiphénomène . C’est à la fois un aboutissement et le début du reflux. Aboutissement car jamais la France n’aura eu plus grande influence, reflux car Waterloo marque le commencement des défaites françaises, et pas seulement militaires. La France perdra aussi lors du XIX siècle la bataille industrielle et ne connaitra pas, contrairement aux autres pays, d’expansion démographique pour des raisons mal définies encore à l’heure actuelle . Elle ne perdra pas tout prestige cependant, fera encore illusion quelques temps dormant sur ses lauriers flétris sans en sentir la rance odeur. Il faudra deux guerres pour que le constat se fasse.
De Gaulle là dedans? La fin de la descente, un renouveau? Dans une moindre mesure, certes. Disons qu’après la catastrophe cela ne pouvait que mieux aller. Disons aussi que sans lui, la France aurait subi le traitement des pays de l’Axe. En définitive, plutôt que sauveur,  je dirais que De Gaulle  fut la butée qui nous empêcha de choir totalement dans les poubelles de l’histoire.

Alors peut-on encore croire au rêve Français et Gaullien de la grandeur? Ne serait-il pas plus judicieux d’envisager l’avenir sous les couleurs de l’Europe? Et pour notre gouverne, sachons reconnaitre le bon sens de nos voisins:  Chez eux, Napoléon est considéré comme une des plus importantes figures européennes quand ici il semble frappé d’ostracisme. Méditez cela mes tous petits. Et Vive l’Empereur ( ça c’est pour la provoc’!)



Extrait du Film "Waterloo" (1970)

Written by saiphilippe

14 juin 2009 at 13 h 47 min

Publié dans Histoire