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Escapades : la Bourgogne ( réedition)

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« Bourgogne, Ô Bourgogne, où sont tes escargots? Bourgogne, Ô bourgogne où sont tes pains d’épices? Bourgogne, Bourgogne, les laisseras tu mourir? » hurlaient les poètes déchirés d’un de mes groupes préférés, les « Ludwig Von 88 . Mais, mes tous mignons, autant vous le dire tout de suite, cette région ne m’inspire rien qui vaille. D’abord parce que j’y vis, ce qui en soi est déjà une preuve. Ensuite parce que la bourgogne n’est qu’une aire d’autoroute géante, où paissent les teutons et les flamands en transit. Où le pécore et l’aviné font florès comme colchiques dans les prés. Où la fierté se situe au niveau de l’estomac et la pensée un peu plus bas.

Sur ces paroles généreuses je vais quand même vous livrer un bref historique de cette région insignifiante : Les bourguignons ont le très discutable privilège d’avoir été les premiers collabos de l’histoire de France. En effet, durant la guerre de cent ans, les ducs de la maison de Bourgogne misèrent sans vergogne sur la victoire de la perfide Albion. Ce sont, en outre, ces fumiers de Bourguignons qui capturèrent et livrèrent Jeanne d’Arc aux Anglois contre espèces sonnantes et trébuchantes. L’affaire est entendue: les bourguignons sont des traitres! Ils furent bien punis cependant, car le dernier duc de Bourgogne devait la mener à sa perte : Charles le Téméraire, ombrageux petit imbécile rongé de rêves de gloire se fit jouer comme gallinacé par le fieffé et fourbe Louis le Onzième, Roi de France, dit « l’universelle Araignée ». Nul besoin de narrer ici toutes les péripéties de cette lutte à mort , sachez néanmoins que défait à moult reprises par les Suisses – à Grandson et Morat- , en proie aux vicissitudes d’un duché bien trop étendu pour ses maigres capacités, notre héros sans cervelle , Charlot le Tordu, termina sa triste carrière de condottière à deux balles sur les rives d’un ru boueux près de Nancy, percé de multiples coups de lance et à demi dévoré par les loups. Et voilà pour lui! En conséquence la Bourgogne cessa d’exister en tant qu’état et fut partagée entre le Royaume de France ( Bourgogne actuelle, Picardie et Artois) et le Saint Empire Romain Germanique ( tout le reste : Flandre, Pays Bas, comté de bourgogne c’est à dire la Franche-Comté actuelle). Notons, pour la petite histoire, que les bourguignons contemporains sont tout fiers de cette puissance passée et oublient -ou ignorent-  que les Ducs de Bourgogne ne passèrent que peu de temps à Dijon, certains même n’y mettant jamais les pieds. Ces grands personnages préférant leur riches terres du Nord, Bruges,  Lille, au trou fangeux qu’était Dijon. J’en ris encore.  Fin de la partie historique.

Géographie et économie: Dijon est donc la capitale de la bourgogne, capitale par défaut,  car il n’y a rien de mieux comme cité dans cette putain de région merdique engluée de brouillard. Pas toujours, certes, car en été, il pleut. Dijon, à l’instar d’un autre million de bourgades, s’enorgueillit du terme de  » ville aux cent clochers ». Pour les clochers, je ne sais pas, par contre je puis affirmer qu’il existe un nombre abracadabrant de cloches qui toutes n’attendent pas Pâques pour sonner. On trouve également à Dijon d’innombrables spécialités culinaires dont mes coreligionnaires se vantent comme si ils en étaient les inventeurs. Comme si, moi, je prétendais, sous prétexte de vagues origines niçoises, tout savoir de la socca . Je ne parle pas de la danse, imbéciles!  Enfin, on pose sa fierté comme l’on coule son bronze quand on n’a pas de chiottes à proximité :  Ou l’on peut!  Il faut dire que mis à part leur piquette et leur pain d’épices, il n’y a pas grande matière à rengorger. Pas même la moutarde! Savez vous qu’il n’existe aucune, mais alors aucune, plantation de moutardier en bourgogne? Quelle escroquerie! A propos, Dijon, libérée du joug infâme de la droite scélérate et du vil baronnet Robert Poujade depuis sept ans, vit désormais sous les auspices, de bonne augure, du plus beau parterre de socialistes tannés aux U.V qu’il m’ait été donné d’abhorrer. Une joyeuse bande de coquins, de jean-foutres, de fripouilles, d’écumeurs de bars à putes et de boites à connes, occupée à s’empiffrer de gougères et de kirs sur le dos des pauvres en disant du mal des riches lors de pots de l’amitié et de l’humanisme, et, de temps à autres, à plomber les finances de la commune en de vastes chantiers aussi fats et inutiles que peut l’être notre bon maire : le baronnet vil François Rebsamen. Pour info, monsieur le socialo, dans votre bled si bien géré on trouve sans peine de quoi ne pas se loger dans les riants bidonvilles de la périphérie et de quoi cramer quand – par malheur- on trouve, dans un de vos merveilleux foyers d’accueil.

Passons rapidement sur les départements de l’Yonne, où il n’y a pourtant pas le moindre zoo, et de la Nièvre. Cette dernière s’étant surtout rendue célèbre pour son élevage de président de « gauche » en 1981, et par le circuit automobile qui y poussa, par le plus grand des hasards, un an plus tard. Il nous reste encore La Saonne et Loire et sa fameuse roche de Solutré où aimait à grimper -entre deux actrices- le président toujours de « gauche » des années 80. Mais depuis, hélas, on ne grimpe plus à Solutré : on monte au bourg. A gauche en sortant au fond du couloir. Enfin c’est que j’ai cru comprendre.

En conclusion, la Bourgogne est une région que la sagesse commande d’éviter  mais qui malheureusement  se trouve sur l’axe routier européen reliant le sud et le nord. Subséquemment moult vacanciers y transitent,  se bourrant la gueule au passage,  et finissent dans le premier platane venu. Voilà pour eux !

Une autre fois je vous parlerai de Bordeaux, l’autre pays du pinard. Mais de droite.

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Written by saiphilippe

13 janvier 2011 à 10 h 47 min

Publié dans Chronique, Histoire, Humour

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22 Réponses

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  1. Excellent ……du grand Reguillon !!!! un vrai plaisir ces lectures …j’ai fait lire à Jean Luc ton billet sur L’Auvergne , obligé , je pleurais de rire. Résultat; on était 2 , à pleurer de rire !
    bises Philou .

    NiNne

    13 janvier 2011 at 11 h 13 min

    • Ainsi la Ninne est vivante ??? Morte de rire mais :vivante !!! Ah ben quand même !…
      Bisou ! ;o))

      Dom Dom

      16 janvier 2011 at 4 h 19 min

  2. Et moi qui adore la Bourgogne …… pour son vin bien sur ….. pourquoi d’autre ……..
    ces vignes ………. et puis …… ces dégustations qui enfin me permettre de rencontrer un beau male sexy a souhait et le touti canti ……….

    sandrine

    13 janvier 2011 at 11 h 23 min

    • un beau mâle dans une cave à vin ? Et pourquoi pas à la foire à l’oignon d’Auxonne ou à la fête de la saucisse à Morteau ?

      saiphilippe

      13 janvier 2011 at 11 h 32 min

      • aaaaaahhh mdrrrr … tu as reponse à tout 🙂

        odha

        13 janvier 2011 at 13 h 01 min

  3. toujours le mot pour rire, au bref comme au plus long, merci, cher homonyme !

    necjugiter

    13 janvier 2011 at 11 h 56 min

  4. ah ben mince j’ai tjrs cru que la moutarde venait de Dijon !!!alors si il y a pas de plantation comment ils font ?? on ne nous dit pas tout pffffff heureusement qu’il y a un habitant qui connait bien sa region
    bon je m’attends au pire pour la prochaine edition 🙂
    bisous bisous Phil bonne fin de journée

    odha

    13 janvier 2011 at 13 h 00 min

  5. Cette « boutade de Dijon » est excellente.
    Bravo pour ces articles pleins d’humour.
    D’origine Bretonne (émigré en Provence)j’ai apprécié le billet qui est consacré à cette merveilleuse région au climat si ensoleillé et où « ils ont des chapeaux ronds ». Les « BZH » vont surement apprécier, avec l’humour qui les caractérise.

    neukens

    13 janvier 2011 at 14 h 26 min

  6. Rien sur l’accent bourguignon. Jr suis un peu déçu.

    • ah oui c’est vrai. Cet accent rauque qui tire les « a » et les « o » de fin de phrase vers les graves, pardon, les grâââves.

      saiphilippe

      13 janvier 2011 at 20 h 27 min

  7. Tiens, je viens d’apprendre que je passais, enfant, mes mois d’août en Bourgogne.

    Sylvie...

    13 janvier 2011 at 16 h 53 min

  8. (c’est plus chic, du coup, que la simple Nièvre)

    Sylvie...

    13 janvier 2011 at 16 h 54 min

  9. hé Phil, et le village de Moncul alors… tu l’as oublié…

    et puis aussi t’a oublié de dire qu’a Dijon tous les panneaux indiquaient les grandes directions sauf celle de Besançon, pourtant capitale voisine… alors ton axe central, il est uniquement vertical pour les nordistes qui vont dans le Sud et qui le fuit 3 semaines plus tard pour retourner enfin chez eux


    bref, tout ca pour dire que j’adore vraiment ton texte auquel je souscris pleinement en tant qu’éternel énnemi puisque voisin, comme il se doit chez nous les bons français régionalistes

    😉

    LOOFY

    13 janvier 2011 at 19 h 06 min

    • c’est vrai aussi. faut aller sur l’autoroute pour voir un panneau « Besançon » et encore on sent bien que c’est pas de bon cœur.

      saiphilippe

      13 janvier 2011 at 20 h 29 min

  10. hé hé
    t’as vu mon gars
    on suit, on analyse, on critique

    bref, ,t’es en résidence surveillée chez toi !
    niark niark niark

    LOOFY

    13 janvier 2011 at 20 h 33 min

  11. Heureuse de savoir que le Marsannay est de gauche. Phil, tu as fini par me faire aimer l’histoire, en octobre j’irais à la rencontre des cloches de Dijon,mais de l’Yonne je ne connais qu’Emile Louis. Sorry !

    caicara1855

    13 janvier 2011 at 20 h 36 min

  12. ahhhhhhh dijon la belle digue digue la belle digue donc!
    http://www.deezer.com/listen-2161735

    Zo°

    13 janvier 2011 at 20 h 53 min

  13. Je suis à chaque fois scotchée sur ton écriture … J’ai bien ri ( la journée commence bien )
    Douce journée 🙂

    Marie

    14 janvier 2011 at 5 h 56 min

  14. quoi ??? pas de zoo dans l’Yonne ????? alors quel est donc cet étrange endroit que j’ai visité naguère ou paissaient quelques blondes en mirant leur vernis à ongle surveillées par deux ou trois ronds de cuir qui fumaient des naseaux par devant le portail électrifié ???? la….préfecture ????? ah , pardon…..on peut se méprendre même quand on est du coin….

    mimi pinson

    14 janvier 2011 at 7 h 24 min

  15. « On ne grimpe plus à Solutré, on monte au bourg » : alors celle-là elle est excellente !!!
    Super Phiphi !

    Dom Dom

    16 janvier 2011 at 4 h 21 min

  16. … et puis t’as quand même oublié qu’à Dijon est né et a vécu un certain Aloysius Bertand, auteur du fameux recueil « Gaspard de la nuit »… et là, soudain, le blason de la Bourgogne se redore ! 🙂

    Morgan Riet

    16 janvier 2011 at 13 h 58 min


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