"Un Jour En France"

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The endless war ( by Sylvie Pollastri )

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Les Vases Communicants sont un projet proposé à l’initiative de Tiers Livre (http://www.tierslivre.net/) et Scriptopolis (http://www.scriptopolis.fr/) : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Ils sont animés avec passion par Marie-Noëlle Bertrand.

 

The endless war

Invitée pour une soirée entre femmes dans ce coin de planète, qu’il faut entendre par réunion de cas désespérés avec conversation apparente uniquement autour de lamétéoleseigneurlasantéleshommesleseigneur, toute escapade étant interdite et aucune digression permise hors de cette thématique douloureuse et affligeante, domestique sans être mondaine, dont le clou, le sommet, l’inévitable étalage culmine avec médireetlesautresvontmaljevaisbientuasdûsouffrirouimercireditelemoiencore. Avant de repartir en boucle. Ou simplement en vrille.

Mais j’y étais. J’en étais.

Pourtant j’y croyais encore, vers 20 heures, assise au salon. Je me faisais amicale, j’alimentais la conversation, sans apéritif, choisissais mes sujets après les courtoisies d’usage, glissais sur la politique (et les bonnes manières alors ?) pour aborder sans trop appuyer les faits (utiles et non choquants) de société, voire ouvrir un chapitre culturel inédit (j’ai lu…) et tenter un souffle d’humour. N’étant encore qu’avec la maitresse de maison, avant que la horde sauvage n’avançât au pas de charge, j’ai glissé sans en avoir l’air une blague sur la TVA qui allait augmenter d’ici septembre. J’ai eu un sourire, et même de connivence. Plus tard, la meute étant réunie, j’ai même lancé une petite phrase, histoire de « dévier » la conversation, faire entrer un peu d’air par une porte dérobée, alors que je venais poliment de reprendre de l’entrée et méditais déjà de ne pas accepter une deuxième assiette du plat principal car mon estomac lançait déjà des signaux de sassiété. Il y eu des ah! ah!. Puis rien.

L’assiette me parut froide et les petits pois glacés.

Tout tournoyait inexorablement autour du thème de prédilection, la souffrance infinie. J’étais fourbue. Mon corps ne me soutenait plus. Je rêvais mon lit. Je regardais, les oreilles distraites.
Après les doigts cassés, les utérus soustraits, quelque tumeur ici ou là (tiens, on n’a pas parlé du temps qu’il faisait!), un onnesaitjamaiscequipeutarriver (variante: telle est notre heure… mais non, ça, on ne le dit pas, surtout pas pour soi, à la limite pour les autres « Je lui ai parlé la veille! ») ou le récit (soft) de l’agonie de la belle-mère, la conversation un rien monologale s’est faite plus confuse (surtout ne pas citer de nom même si je te décris dans le détail la personne), la thématique se déplaçant du cancer du poumon à l’HOMME. Il s’agissait, grosso modo, du plus beau mec de la ville (très grand, très beau, 45 ans, avocat…) largué par sa nana.
Et là, j’ai vu la lubricité.

Sylvie Pollastri

(En toute honnêteté, ce court texte s’inspire d’un billet de ce blog de 2011)

Written by saiphilippe

6 janvier 2017 at 10 h 18 min

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La lettre Antique ( par Charlène Fuché )

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VI October 821 Ab urbecondita

Mon cher Sylvuis,

Mon médecin Dimitrion est venu me rendre visite ce matin à la villa. Ce fut un long voyage pour lui afin de me rencontrer. Faire le chemin à partirde Rome pour se rendre à la province de Naples, en Campanie, puis rejoindre Pompéi s’est avéré éprouvant.

Disons seulement quecette donnée me permet de penser que c’est l’une des raisons qui justifie tes nombreuses absences.

Être tribun à Rome demande beaucoup d’engagement et d’abnégation. J’ai exercé cette fonction jadis, et nous avons le devoir de nous livrer avec toute notre intégrité à cette majestueuse cité, symbole de notre Empire.

Je t’épargne la description de mon corps d’homme qui avance en âge et s’apprête à mourir.

Ce corps, mon plus fidèle compagnon, mieux connu de moi que de mon âme, n’est qu’un monstre sournois qui finira par me dévorer.

Je suis en paix. Mais la colère de Vulcain qui s’est abattue sur notre ville n’a fait qu’accentuer les fluctuations de mes humeurs, et ce au détriment des quelques jours qu’il me reste à vivre.

Dimitrion est un savant d’une grande sagesse. Mais nul ne peut dépasser les limites prescrites par les Parques.

Je suffoque, et mes poumons ne pourront plus m’apporter d’oxygène, l’éther de la vie…

J’oscille malgré moi entre l’espérance et la peur. Je pries simplement les Dieux pour avoir suffisamment de répit pour que cette lettre puisse être dépositaire de ce jour maudit.

Je compte sur ta compassion et sur l’affection qui nous lient pour que tu puisses la transmettre aux générations qui suivront.

La mémoire disparaît et meurt elle aussi, mais les écrits restent et demeurent immortels. Je ne souhaiterais pas que ce dernier devienne un palimpseste ranci rongé par l’oubli.

Actuellement,l’automne a remplacé l’été. Je déguste avec une exquise délicatesse les noix, les figues, et le vin fraîchement pressé que mon esclave m’a apporté. Les braseros sont allumés et leur douce chaleur m’enveloppe avec volupté.

Ce feu si apaisant, si lumineux et purificateur… Je ne pensais plus pouvoir en admirer la beauté. Être admiratif de ces flammes arborescentes rouges et dorées, qui dansent pour signifier la renaissance prochaine de la nature et de la vie.

Ces charmantes créatures qui, il y a deux mois, furent titanesques, cruelles et sans pitié,laissant un paysage de brandons, de poussières et de suie.

J’ai hélas connu à deux reprises l’ombre de cette lumière, le froid de cette chaleur, la destruction de cette fonction réparatrice.

Le feu nous fut offert par Prométhée. Un cadeau à double visage, qui me persuade que lapunition qui lui a été infligé est amplement méritée. Combien de foies, combien d’hommes, de femmes et d’enfants moururent à cause delui? Je ne les compte plus. Ce sont des disparus, reposant je l’espère sur la terre bienfaisante des Champs Élysées.

Je me remémore, à l’aube de mon passage sur le Styx, de la première manifestation maléfique de ce feu soit disant sacré. Tu étais si jeune à l’époque, que tu ne dois pas t’en souvenir outre mesure.

Le IX Quintidis 836 Aburbe condita, alors que j’exerçais ma fonction sous le règne de notre auguste Empereur Néron, un incendie se déclencha brusquement,ravageant et détruisant la cité sous un déluge de flammes immenses et incontrôlables.

Dans un premier temps, la présence de cet ennemi impersonnel presque abstrait produisit chez moi une exaltation indescriptible. Sa puissance, son aura éblouissante voire hypnotique cachait à ma vue le désastre qu’il produisait. Rapidement, il consuma les merveilles de notre inestimable capitale.

Cette invasion sauvage ne pouvait être selon moi qu’une punition commanditée par nos Dieux jaloux que nous, simples mortels, ayons pût asseoir notre souveraineté sur un Empire aussi étendu que le leur.

Par la suite, mon jugement mystique fut remplacé par une vision et un jugement plus rationnel. La magie était devenue un cauchemar, qui plus est explicable. Les insulaes, étant constituées majoritairement de bois, accentuèrent ce souffle brûlant comme autant de feux grégeois qui se déversèrent dans toutes les rues.

Puis ce furent les cris de panique et de peur de la populace prisonnière qui parvinrent jusqu’à mon ouïe. La mort avait adopté les traits de sillons flamboyants, réduisant en cendres les monuments, les habitations et les êtres vivants.

Le lendemain, Rome était devenue le Tartare où les âmes suppliciées agonisaient en silence.Et ce n’est pas Cerbère qui allait les délivrer. Chacune se présentait tour à tour devant le tribunal de Manos, Eaque etRadamanthe. Je me surpris même à invoquer Hypnos, afin de le supplier d’endormir les souvenirs de ceux qui périrent et de ceux qui survécurent.

Les miens restent gravés comme dans du marbre.

Je n’ai jamais réellement su quelle était la part de responsabilité de notre Empereur. La majorité le désignait coupable. D’autres ont accusé les Chrétiens.Toujours est-il que cette vengeance entraîna par la suite d’autres crimes et bains de sang. En effet, Néron incomba cette catastrophe aux adeptes de la nouvelle religion. Après cette déclaration officielle, les crucifixions et les bûchers se multiplièrent. Je ressens encore après toutes ces années, l’odeur infecte de leur chair brûlée.

Sylvuis, comment nos citoyens romains, réputés pour être les esprits les plus élevés du monde ont-ils pu sévir aussi médiocrement que des Barbares?

J’ai confessé mon incrédulité à mon ami philosophe Sénèque, le précepteur de l’Empereur. Notre constat fut malheureusement le même : Nous vivions un règne de décadence et ses mœurs ne convenait plus à ma conception de l’esprit romain.

Je pris la décision de quitter Rome pour venir m’installer à Pompéi. La ville était prospère, la nature y était abondante et luxuriante au pied du Vésuve, et sa réputation m’insufflait qu’il y faisait bon vivre.

Ce changement, bien que souhaité et nécessaire, engendra la cause de notre première rupture. Je partis le cœur en feu mais avec une conscience apaisée.

La maladie commença à m’envahir progressivement. Je n’y prêtai guère attention,persuadé que Dimitrion saurait me soigner et me soulager, ce qu’il fît par ailleurs avec dévouement et efficacité.

C’est une certitude de savoir que nous sommes condamnés à mourir. Mais c’est plus difficile de l’accepter. La pulsion de vie qui nous anime a tendance à nous leurrer et nous faire croire le contraire, jusqu’à ce que nous atteignions la dernière limite du possible. J’ai été dupé par cette croyance, malgré les nombreuses mises en garde de mes confrères.

Malheureusement,malgré mon trépas qui s’approche, j’ai revécu pour la seconde fois la douleur engendrée par les feux de la mort. J’aurais préféré ne pas y assister. Les Dieux en ont voulu autrement. Je n’ai pu qu’assister à cette tragédie, impuissant.

Le XXVII SextilisAb urbe condita, un nuage d’une taille immense sortit du cratère du volcan.

Tel un arbre gigantesque,il s’élargit dans les airs en de multiples rameaux, atteignant directement les villes les plus proches de la mienne. Herculanum, et Stabies ont disparu rapidement, enveloppées par un brouillard noir incendiaire.

Puis l’explosion,accompagnée de son cortège de secousses telluriques. D’énormes masses se projetèrent de façon foudroyante, décimant le paysage.La majorité des habitants moururent asphyxiés par des nuées ardentes ou écrasés par des scories volcaniques et des matériaux éruptifs.

La chaleur produite était insoutenable. Ta mère, Antonia, m’aida à descendre dans notre cave.Ce sacrifice causa sa perte. Nimbée d’un amas de poussière incandescente, elle prit l’apparence d’une statue telle que la mor tl’avait saisie.

Je continuais d’observer,à travers ce rideau de larmes qui me coulait des yeux, ce funeste théâtre.

Les coulées de lave apparurent après l’ouverture de la bouche de ce démon de pierre.Elles ruisselaient, épaisses, aussi colorées que le rouge du sang versé et aussi brillantes que l’or fondu. Elles coulèrent dans toutes les ruelles, injectant le feu à tout ce qui pouvait les nourrir. J’ai cru moi même trépasser sous les écroulements des murs de notre habitat.

Malgré ces conditions désastreuses, certains réussir à fuir. Je fus, quant à moi, l’un des rares rescapés à être resté sur place, contemplant cette peinture morte d’un tapis de suie là où, hier encore, trônait Pompéi.

Elle n’existe plus désormais, si ce n’est dans mon esprit.

Mais cela n’est rien en regard, mon cher fils, de ce feu qui me dévore de l’intérieur: ton absence.

Viens me voir. Une dernière fois.

Ton père,Lucius Marcus.

Written by saiphilippe

5 janvier 2015 at 12 h 37 min

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Ma Guerre du Golfe ( X )

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Soulagé comme au sortir du dentiste, j’en terminai éhontément en lâchant trois ou quatre minables décharges de gros sel à faire se gausser un lapin. J’avais des sueurs froides, une vague envie de vomir et le goût âpre de l’échec plein la bouche , toutes impressions suffisant à vêtir mon mal-être pour une éternité nouvelle, quand, en sus, mes esgourdes furent assaillies des mots que tout homme se doit d’entendre un jour, sauf les sourds et les affabulateurs : « c’est pas grave ». Ça l’était pour moi qui, atteint de banalité crasse, ne me distinguait pas des autres couillus en la matière. Je bafouillai un «  c’est la première fois que ça m’arrive » de bon aloi puisque c’était, même par omission, la pure vérité.

Le lendemain, une sortie au Cap-Vert était prévue avec nos correspondants allemands sous l’égide du corps enseignant. Le Cap-Vert ? Un vaste ensemble nautique de toboggans, de bains à bulles, d’isthmes et de caps en béton maquillé de faïences bleues ou blanches, par originalité, constituait le must des distractions aquatiques du Grand Dijon au début des années 90 avant l’avènement, dès 1995, d’un autre fabuleux aspirateur à pognon : La Toison d’Or, et son complexe balnéothérapique d’un acabit en tous points semblable mais en plus gros. Loin de cette analyse rétrospective nous-nous réjouissions de passer dans l’eau ces heures normalement dévolues aux fonctions logarithmiques ou autre facétie inutile du cycle secondaire. Je barbotais en compagnie de Cécile trouvant dans ses bras et l’eau froide la vigueur qui m’avait manqué la veille. Ah l’eau ! Tel un digne fils, bâtard sur les bords certes, de Poséidon et d’une murène acariâtre je ne suis jamais autant moi que dans les flots, fussent-ils chloré à mort et battus d’écume artificielle. Pour parler clair : parfaitement à l’aise dans cet élément je sentis  mon anatomie pelvienne s’accroitre ! Sans, cependant, que mon volume global changeât. Et si vous ne me croyez pas je vous invite à revoir vos notions sur la dilatation des corps.

Il est fort regrettable que l’instant ne se prêtât point aux chorégraphies sexuelles, rapport à la présence d’une population grouillante d’adolescents rigolards occupés à se pousser les uns les autres, à s’envoyer de grandes giclées de flotte, voire à nager pour les plus sages. Rapport également à quelques marmots en bas âge que le spectacle aurait pu choquer. Rapport, ensuite, aux femmes enceintes venues griller là leur congé maternité en dos crawlé, pour bronzer du ventre sans doute. Rapport, enfin, à la pudeur nouvelle de Cécile, elle qui, si j’en croyais son phantasme avoué, eût été partante pour baiser sur une pierre tombale. En carence de poisson crevé pour faire illusion il me fallut bien admettre que la décision de passer outre nos bas instincts semblait la plus raisonnable. Alors nous restâmes à nous galocher innocemment sous un frais soleil de mi-mars touchant d’efforts pour se peindre printanier.

Jeudi mourant, l’évidence du trépas prochain de cette semaine de rêve se dessinait à l’horizon et quoi de mieux qu’une boum pour souhaiter bon retour à nos invités germains. En attendant la prochaine guerre. William, épris des arts des boules à facettes et des sciences des platines, se chargerait de ces domaines tandis que d’autres, moins qualifiés, s’occuperaient des basses œuvres, alcools et amuse-gueules. Le lieu ne fut pas rude à dénicher car maman allait opportunément passer son week-end chez le père de William : ce serait donc chez moi que se tiendraient les auf wiedersehen le samedi suivant. Je me tins globalement, et avec brio, à l’écart des préparatifs, mais comme je passais pour un fumiste intégral ça ne choqua personne.

Il est de ces moments comme ça. Des moments tout simples qui ne parlent qu’à ceux qui les ont vécus. Qui n’apprennent rien de plus qu’on ne sache déjà, et pourtant, des moments qui vivent pour toujours dans la mémoire des hommes , comme une fraction irréductible, un résumé de l’existence, une croisée des chemins. C’est en cela qu’ils sont universels . Pour moi ce fut cette soirée, encore nommée par ses vétérans, de ce coté-là du Rhin en tous cas, la Boum des Allemands.

Written by saiphilippe

17 avril 2011 at 17 h 02 min

Escapades : Israël ( dernière partie )

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L’heure vient enfin d’aborder l’Israël moderne, si tant est que ces deux termes puissent être réunis et que ce ne soit pas à bord d’un bateau turc rempli à fond de cales de pacifistes humanistes bêlants pro-palestiniens, terroristes antisémites si ça se trouve.

L’état israélien nait en 1948 suite aux longues revendications de divers mouvements juifs ayant émaillé le dix-neuvième siècle qui n’en demandait pas tant, avec l’apparition du communisme, la chute de Napoleon Ier et du IIIème entre autres plaies. Il faut dire que, selon les lieux et les circonstances, nos amis empapillotés ne reçurent pas toujours reçu l’accueil chaleureux auquel ils auraient pu prétendre. Ainsi, dans certaines contrées barbares, des autochtones s’adonnèrent épisodiquement au pogrom, sorte de ratonnade visant exclusivement les juifs, les amis des juifs, ou les romanichels faute de mieux. Alors que dans les pays civilisés on se contentait de les dénoncer aux barbares histoire de ne pas trop se saloper les mains.

Parce que le juif, voyez-vous, possède le profil, sinon crochu, à tout le moins du parfait bouc-émissaire. Pour ceux qui aiment à trouver des causes externes à leur connerie propre en tous cas. Bref, que ce soient la peste, la famine, la guerre, la défaite de Lille à Lens par trois à zero, d’aucuns furent toujours prompts à en rendre responsable les juifs. Ou les bougnoules. Ou les romanichels. Ou les nègres. C’est selon. Avec la circonstance aggravante pour les juifs qu’on en trouvait à peu près partout, qu’on leur supposait quelque pouvoir occulte, qu’on leur reprochaient à la fois leur visibilité et leur manque de visibilité, leur fanatisme et leur trop grande largesse d’esprit, leur fortune et leur misère. Tout, son contraire, et le centre en prime pour faire bonne mesure. Le faîte fut atteint avec un paroxysme de six millions de détails morts dans les camps de concentration.

Les nations européennes se sentaient un peu merdeuses aussi laissèrent-elles, à contrecœur, les survivants partir en Palestine. Non pas qu’elles se montrassent malheureuses de ce départ, mais anticipaient sans doute le boxon à venir. Car voilà : La Palestine regorgeait d’habitants musulmans pas forcement ravis à l’idée de céder des terres à ceux qu’ils considéraient comme des nouveaux arrivants, et pas des propriétaires recouvrant un bail laissé, au moins, deux-mille ans vacant. Pour comble cette arrivée massive coïncidait avec la montée en force du panarabisme, conséquence toute neuve des décolonisations.

La longue histoire de la coexistence entre les deux communautés s’acheva dans l’amalgame du juif-émissaire du néocolonialisme occidental. Et les arabes attaquèrent dès la proclamation d’indépendance israélienne. Et Israël vainquit. Et Israël attaqua, en 1956. Et Israël attaqua préventivement en 1967. Et les égyptiens, les syriens attaquèrent en 1973. Et il y eut l’Intifada. Et les colonies juives. Et des terroristes. Des deux cotés. Et un mur.

On y est encore. Vous me permettrez de n’avoir qu’un point de vue français : qu’ils fassent ce qu’ils veulent en Israël-Palestine, mais de grâce que ce conflit cesse d’essaimer sa merde en banlieue comme au Marais. Les juifs et les musulmans d’ici ne devraient avoir qu’une seule religion : La France.

Note : Navré de finir cet amas d’absurdités, distrayantes j’espère, que sont les « Escapades : Israël » sur ce texte dont le sérieux me brise les burnes à l’instant et qui me force à finir sur un cocorico au charme suranné fleurant bon l’esprit de clocher dressé sur ses ergots hors de la tranchée, mais je vous emmerde.

Written by saiphilippe

20 février 2011 at 13 h 40 min

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Mise enboite II ( l’Anfer)

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Je ne connus l’Anfer que bien des années plus tard, une et demie en fait mais j’aime bien donner dans le style épopée. Et pas seulement gonflable.

Je venais d’intégrer la prestigieuse faculté de sciences-humaines et j’y essuyai copieusement les bancs du syndicat étudiant UNEF-ID au lieu d’aller en cours. C’est donc par la faute des gauchistes que je ne suis pas devenu président de la république. Qu’ils aillent tous griller en Enfer, ces rats pesteux. A propos, l’Anfer se présentait comme un établissement à la réputation sulfureuse, surtout certains soirs de semaine, et se situait à proximité de la place Sadi Carnot. Bien sûr il n’y a aucun rapport entre Sadi Carnot et la réputation de l’Anfer. Nous manquons juste de place Félix Faure. Et même ainsi le rapport eut encore été loin de la réalité.

La première et la seule fois où je mis les pieds en Anfer je le regrettai presque immédiatement. D’un autre coté je regrette presque toujours de sortir de chez moi, ça n’avait donc aucun caractère exceptionnel. Je suis en effet légèrement casanier, ce qui , par ailleurs, favorise grandement ma sociopathie militante. Bref.

La boite donnait dans le genre industriel, comprenez barres de métal partout, sol en béton, rambardes d’acier chromé, et musiques de merde. Là aussi, rien d’exceptionnel, la merde n’ayant pas attendu David Guetta. Toutefois elle y était diffusée sur deux ou trois niveaux, en fonction des différents goûts à chier. Une salle était dédiée à la techno. Une autre au rétro. Et la troisième je n’ai jamais bien su, mais sans doute un truc encore plus abject. Non , en vérité l’Anfer ne se démarquait de ses concurrents que par sa clientèle particulière, certains soirs de semaine, le jeudi je crois bien.

Ces soirs là, voyez-vous, les barres d’aciers, les rambardes, le sol en béton et les chiottes accueillaient les ébats erratiques d’une jeunesse en quête d’identité. Ce soir là, après une banale soirée estudiantine à refaire un monde qui jamais ne changera , nous avions, enfin ils avaient, décidé de sortir en boite. Pourquoi pas L’Anfer?

Bah oui pourquoi pas? Maudit soit ce jour!

Parce que tout encore imprégné des saintes huiles de mon baptême, n’ayant que très peu de contacts avec le Malin vu que ma copine m’avait largué, je n’étais pas préparé à la vision d’apocalypse qui devait m’assaillir. Elle portait un ciré noir façon marine à voile et titubait sous le vent force 9 de son taux d’alcoolémie. Quand elle trébucha sur une marche imaginaire elle arriva droit sur mes pompes et naturellement je l’aidai à se redresser. Diable! Ce n’était pas la marine à voile c’était la marine à vapeur! réalisai-je après une heure ou deux de flottement intellectuel dû à l’ébranlement de mon petit monde enfantin.

Un mec, comme je vous dis, sauf qu’il minaudait comme jouvencelle au printemps lorsque ses talons se font ronds et instables et la font choir dans les bottes de paille pour y admirer les cieux étoilés à l’aise pendant que le garçon de ferme lui rabote les muqueuses.

C’était un jeudi. C’était la première fois que je voyais un homosexuel. C’était l’Anfer.

Plus tard j’appris que certains vivaient tout à fait normalement, sans cirés « gestapo » cloutés notamment, travaillaient et votaient à droite ou à gauche comme des cons d’hétéros.

Written by saiphilippe

4 novembre 2010 at 16 h 47 min

Publié dans Chronique, Non classé

Misogynie à Part

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Je ne suis pas misogyne, je connais les femmes c’est tout.

Je ne suis pas du genre à m’éprendre d’une femme sous le seul prétexte qu’elle ferait bien dans mon salon, à moins que l’on puisse vraiment la monter en lampadaire.

Comment neuf mois de grossesse peuvent-ils engendrer une éternité de discours pontifiants sur la difficulté d’accoucher? Parce que c’est bien en devenant mère que l’on devient femme.

Si j’étais une femme j’aurais mes règles tous les mois. C’est tout ce que j’ai à dire sur ce sujet.

Si les femmes étaient vraiment intelligentes elles ne passeraient pas leur temps à se faire belles pour séduire les cons que nous sommes.

à bientôt…

Written by saiphilippe

25 septembre 2010 at 9 h 13 min

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Le fils de son père (III)

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Le nez dans le tapis, affalé
comme une étoile de merde sur un fond de corail rouge, notre héros
des ages foireux se sentit soudain las. Pas au point, cependant, de
ne pas remarquer en passant, grâce à son sens olfactif d’exception,
1234 fragrances femelles et 340 mâles. Ce qui l’amena à une
première et seule déduction. La Pissicologie était surtout un truc
de gonzesse.

-« Intéressante
métaphore sexuelle n’est-il pas? Vous, le nez tout ébouriffé de
désir, la bouche perversement avide farfouillant les recoins de ma
moquette, rouge comme par hasard… » Fit une petite voix
flûtée assaisonnée d’un accent particulièrement pointu.


Grande-Burne et son fils
relevèrent la tête et virent un homme moyen de taille médiocre à
la chevelure inexistante ou au diable. Un rictus sévère pendait de
ses lèvres depuis un nez échafaud. Un grand front intelligent
offrait à son regard une profondeur en trompe-l’œil. Ses esgourdes
rabougries semblaient bien incapables d’entendre quoi que ce soit. Il
émanait de l’individu qui présentement descendait artistiquement un
escalier en colimaçon une fausseté absolue. Presque divine. C’était
là tout du moins l’impression de Tibuce. Grande-Burne s’en tenant à
un avis nettement plus prosaïque du genre « Tiens, encore un
chauve ».


L’individu enchaina:

  • « Bienvenue à
    vous deux dans mon humble cabinet de parapsychologie appliquée et
    d’astrophysique séquentielle néo-corticale, ce qui je vous
    l’accorde ne veut strictement rien dire mais en jette un max auprès
    des filles. Quel est votre problème? » Et son sourire
    s’exhiba d’une oreille à l’autre avec des tas de dents au milieu.

  • « Grunt! »
    Glapit Grande-Burne. Et l’on sentait tout le dépit du père perclus
    de doutes quant à l’avenir de son fils, sans compter son abominable
    mal de couilles qui donnait à sa voix puissante des trémolos
    dramatiques tirant sur les aigus. C’était beau comme un concerto de
    Boulez pour scies musicales et couvercles de poubelle.

  • Je vois. Syndrome
    œdipien inversé de force 8 sur l’échelle de moi même. Vous êtes
    persuadé que votre enfant a un problème mais en réalité le
    problème c’est la vision que vous en avez.

  • Votre silence est
    éloquent. Vous voulez, inconsciemment, que ce petit soit le
    prolongement de votre Moi sur-dimensionné, en l’occurrence votre
    organe reproducteur biscornu et abject que vous auriez d’ailleurs
    l’obligeance de cesser de tripoter pendant que je cause.

  • Hum, je comprend votre
    désarroi soudain, mais vous devez renoncer à votre vision
    phallocrate, paternaliste et réactionnaire de la société . C’est
    un premier pas vers la guérison, le deuxième étant de me régler
    une modeste facture de 50 peaux d’aurochs. Le troisième, de revenir
    la semaine prochaine afin de nous explorions tous deux votre enfance
    catastrophique afin d’en extraire le mâle qui vous ronge…

  • Plotch!


Grande-Burne sortit de
l’officine manifestement apaisé, son fils sur les talons. Et c’est
très nonchalamment qu’il essuya sur le gazon sa massue à aurochs
fétiche. Peut-être un geste compulsif destiné à assoir sa
virilité et son désir de puissance par la manipulation sensuelle
d’un phallus stylisé, ou simplement pour ôter les morceaux de Gerard
Miller qui persistaient a rester collés dessus? On ne le saura
jamais.

Mais tout ceci n’arrangeait pas les affaires du fils foireux
des ages merdiques. Il fallait qu’il trouve une activité saine et
vivifiante pour son rejeton. Un truc où il pourrait gambader ,
s’amuser, développer son potentiel  et exprimer toute cette belle
violence qui ne demandait qu’à exploser.  Il fallait… il fallait qu’il fasse… du sport! Mais oui, du sport!

Grande-Burne se rengorgea, tout fier d’avoir eu une idée. Ce n’était pas si souvent il est vrai.

à suivre…

Written by saiphilippe

12 août 2010 at 10 h 58 min

Publié dans Non classé