"Un Jour En France"

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Ma Guerre du Golfe (IV)

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Et c’est d’ailleurs une singulière carence de hasard, en l’occurrence ma mère, qui provoqua ma deuxième et décisive rencontre d’avec le grand dépendeur d’andouilles décrit plus haut. Sébastien. Mon auguste génitrice concevait quelques craintes quant à mon intégration sociale. Inquiétude nourrie depuis ma prime enfance par le manque apparent d’intérêt que j’affichai envers les relations humaines. Elle ne comprenait pas que je puisse me satisfaire d’un ou deux amis. Et parfois même de pas d’amis du tout. Aussi, se piquait-elle, de temps à autres, de m’acoquiner avec le tout-venant en dépit de mes réticences voire des mes récriminations. Je soufrais de ces entorses perpétuelles que l’on faisait à ma vie privée. Fut-elle privée de tout. En particulier de ces relations sur commande qu’il m’avait fallu subir, ponctuellement certes, avec les fils et filles des collègues, ou pire : des patrons de mon père, qui, à de rares exceptions près, étaient tous de parfaits imbéciles.

 

C’est donc la mine renfrognée de la corvée à venir que j’accueillis la nouvelle de l’invitation de Sébastien à mon anniversaire. Il me fut fortement conseillé de laisser ma mauvaise humeur de côté. L’on me tança de l’importance fondamentale d’avoir des amis dans la vie, que si ça continuait comme ça un jour je finirai tout seul et j’aurai l’air malin. Que ce garçon est très bien et qu’en plus il veut me revoir. Et qu’enfin si t’es pas content c’est pareil ! Précisons tout de suite que je ne nourrissais aucune acrimonie envers le Grand Escogriffe sus-mentionné mais bien à l’encontre du procédé infâme que l’on m’imposait. Une fois de plus. Comme je trouvais dégradant l’argument, usé jusqu’aux tréfonds du trognon de chou, aigre comme une mauvaise soupe, que me servait régulièrement ma môman : il veut te revoir, untel veut ça, tel autre ceci. N’étais-je qu’un désidérata ? Un objet dont la raison sociale était de se montrer heureux de l’intérêt qu’on daignait lui porter ?

 

Mais qui se souciait de ce que je voulais ? Voulais-je seulement revoir ce type si bien encensé par ma mère qui ignorait, la pauvre, sa propension ignoble au vol de cigares ?

 

En fait, ça ne me dérangeait pas tant que ça.

 

Bon.

 

C’est ainsi qu’il vint un midi bouffer mon gâteau d’anniv’, lui, mon cadet de cinq jours, qui apparemment ne pouvait pas attendre le sien pour s’empiffrer. Mais une après-midi plus tard nous étions amis. Quelques points communs, quelques divergences, nous avons parlé de tout. Et de rien. Surement de rien. Il n’en faut parfois pas plus pour que l’amitié vienne aux hommes. Sébastien Coustol, tel est son nom véritable.

 

1989 fut une année flambant-neuve. A l’image du quartier où l’hiver nous avait vu arriver perdus dans nos bagages de bric et de broc ; à l’instar de mes amitiés du printemps et de l’été ; comme ce lycée, Jean-Marc Boivin que j’inaugurai un matin de septembre. Puis, assez logiquement, comme font les années lorsqu’elles commencent à avoir froid, 1989 mourut.

 

Déroulant son bonhomme de chemin le reste roulait doucement sur 1990 quand soudain se produisit l’inattendu, l’incroyable, l’improbable : pour tout dire un évènement déterminant pour la suite.

 


 

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Written by saiphilippe

4 mars 2011 à 17 h 13 min

25 Réponses

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  1. suis preum’s !

    mamijodekymael

    4 mars 2011 at 17 h 18 min

  2. Ahhhhhhhhh …tu connais Sébastien depuis tout ce temps ???? bah ça alors ….on en apprend , c’est marrant ces confidences, ces voiles qui tombent un peu ..
    continue !!continue !!!
    bizzzzzzz

    NiNne

    4 mars 2011 at 17 h 21 min

  3. Suis deuzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz et j’attends ENCORE la suitE !!! (j’m bien !)

    Dom Dom

    4 mars 2011 at 17 h 21 min

  4. Jojo ?? on est preum’s quand on a mis un com ! mdr mdr mdr

    NiNne

    4 mars 2011 at 17 h 21 min

    • lol
      ben non tu vois
      j’ai mis mon com et entre mon preum’s et mon vrai com , il y a Ninne , domdom , reninne et redomdom et encore une fois !!!!
      ptdrrr

      mamijodekymael

      4 mars 2011 at 17 h 24 min

  5. Elle a pas dit : DEUZ la Ninette, alors c’est le 1er qui dit qu’y est !!!

    Dom Dom

    4 mars 2011 at 17 h 22 min

  6. OUPS !!!! Alors chui PREUM ????????

    Dom Dom

    4 mars 2011 at 17 h 22 min

  7. Et moi chuis quoi ??? la 20 ° ?? non mais sans blagues , ces filles alors !!!

    NiNne

    4 mars 2011 at 17 h 22 min

  8. de nos jours les mamies sont de grandes gamines attardées
    ouarf !
    Jean Leloup , je suppose que c’est le nom du chanteur … il n’a pas dû faire grand chose d’autres ensuite ?
    son nom ne me dit rien du tout , par contre cette chanson : si !

    Tu as l’art du suspens , entre autre. J’ai dévoré ton billet comme une tartine de pain beurré ( j’aime pô le nutella !) et j’attend la suite avec toujours plus d’impatience .
    bises

    mamijodekymael

    4 mars 2011 at 17 h 22 min

    • c’est un chanteur québécois est comme il est bon ils l’ont repris pour ne nous laisser que les Céline Dion.

      saiphilippe

      4 mars 2011 at 17 h 37 min

  9. Pliéeeeeeeeeeeeeeee ……….

    NiNne

    4 mars 2011 at 17 h 23 min

  10. Alors chui pas preum ? 😥

    Dom Dom

    4 mars 2011 at 17 h 31 min

  11. « Inquiétude nourrie depuis ma prime enfance par le manque apparent d’intérêt que j’affichai envers les relations humaines. »: Apparent est bienvenu. Car pour quelqu’un qui pourrait être taxé d’asociabilité je nous trouve quelque similitude. Préférence que la qualité à la quantité, profondeur des sentiments argumentée par la pérénité de votre relation. Je ne sais si ce récit est autobiographique, mais il en émane une profonde sensation de vérité, nonobstant la façon superbe dont il est écrit.
    Ex.: « Puis, assez logiquement, comme font les années lorsqu’elles commencent à avoir froid, 1989 mourut. » Du grand art, un régal!

    Aujourd’hui, j’ai appris un nouveau mot que je te confie s’il t’inspire: orchisoclaste (par analogie avec iconoclaste) du grec orchis: testicule et claste: qui détruit. Pour faire simple: un casse-bonbons. T’en as connu des orchisoclastes? Moi oui, et j’en cotoie encore.

    • oh que oui j’en connais, mais pour me casser les miens faut se lever de bonne heure. Sinon, oui, tout est autobiographique.

      saiphilippe

      4 mars 2011 at 18 h 41 min

  12. C’est vraiment bien de nous livrer des moments de ta vie d’ado écrit de manière remarquable comme d’ab. mais je ne t’aimerai pas à genou même si j’aime bien Chultheis.

    caicara1855

    4 mars 2011 at 19 h 54 min

  13. klima47

    4 mars 2011 at 20 h 04 min

  14. suite à la lecture de ton texte, ca n’a peut-être rien à voir mais j’aimerais te poser une question : ne crois tu pas que ce serait plus simple si nos cerveaux étaient dans le corps de quelqu’un d’autre, et vice et versa pour tous les cerveaux du monde… ca nous donnerait du recul sur nos propres actions… nos auto-analyses n’en serait que plus belles, non ?!… ce serait rigolo de vivre cela… 😉

    Loofy

    4 mars 2011 at 20 h 32 min

  15. même si ce n’était pas auto-biographique c’est bien comme çà que je t’imaginerai , ado, alors je ne suis pas étonnée…..juste enchantée par ton écriture comme d’hab’ mais ne va pas le prendre pour un compliment ou une flaterie , je ne voudrais pas te géner….

    mimi

    5 mars 2011 at 7 h 14 min

  16. C’est un radotage récurrent chez moi; après avoir lu ce texte et les volets qui le précédents, je continue à penser que, bien que parfois très différentes, les enfances aux enfances ressemblent (je me la joue Aragonien, là, non?). Et, je crois qu’à chaque fois que je me dis ça, c’est le talent de l’auteur qui en est la cause…. A+

  17. http://www.facebook.com/album.php?aid=2099626&id=1032229140&saved#!/album.php?aid=2099626&id=1032229140

    c’est un lien vers l’album photo facebook correspondant à l’époque. Histoire d’illustrer un peu.

    saiphilippe

    5 mars 2011 at 13 h 30 min

  18. Au fait, merci Philippe. Ton billet me rappelle qu’il faut que je téléphone à ma carence de hasard. Ca fait au moins quinze jours qu’elle a pas de nouvelles de moi.


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