"Un Jour En France"

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Au théâtre ce soir

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La scène se passe alors qu’Antigone rentre du ski avec une fracture de la jambe consécutive à une triste histoire de fondue savoyarde déguisée en bourguignonne. Allongée sur son lit de souffrances elle reçoit la visite fort inopportune d’Alceste, son mari hémiplégique des chevilles qui n’a pu, pour cette raison, se rendre à Courchevel avec elle. Ce que ne sait pas le pauvre con c’est que pendant qu’il larmoie, compatit et se lamente sur le tibia fracassé de son épouse celle-ci, tant bien que mal, maquille son embarras : Armand, son amant, est dissimulé sous le plâtre, et ça gratte un peu.

Alceste : O ma douce aimée, je tremble d’émotion d’avoir failli te perdre! Ne t’ai-je pas cent fois répété de te méfier des fondues et des savoyards, ces êtres dévoyés et voués au Diable?

Antigone : O mon doux époux, tant de sollicitude me touche, mais si tu avais vu cette fondue! si tentante avec son huile raffinée et ses petits morceaux de pain savoureux. Je n’ai pu résister et te prie de m’en excuser. La chair est faible, tu le sais bien.

Armand (en aparté) : certes, mais tu aurais pu la raser avant que de te faire plâtrer!

( Antigone frappe le plâtre)

Alceste : Cesse donc de t’agiter! Te molester ainsi ne refera pas pousser ton os plus vite.

Antigone : Sache, mon noble époux, que si je me frappe c’est que je ne puis me gratter, que les os ne repoussent pas, que par contre les poils si et que j’ai fort malencontreusement omis de passer chez l’esthéticienne toute occupée que j’étais à souffrir pendant que tu te prélassais dans ton fauteuil à roulettes!

Alceste : veux-tu que je te gratte à l’aide de cette pique en fer que je vois luire là-bas à coté de l’âtre ?

Armand : ( en loucedé) : Une cheminée dans une chambre d’hôpital? Si je tenais ce con d’architecte!

Antigone : J’aimerais mieux un massage des épaules mais tu ne puis te lever et puis je ne comprends pas ta haine des Savoyards attendu que tu es Suisse ce qui ne vaut guère mieux, mais, cela dit, je t’aime comme tu es.

Alceste : Chaque jour que Dieu fait je me repens de ma Suissitude mais cela ne change rien au fait que les Savoyards sont abjects, certains au point de vivre à Annecy!

Armand ( étouffé ) : Fichtre! Et moi qui suis savoyard d’Annecy… et, je m’en souviens à présent, également l’architecte qui conçut cet hôpital. La peste soit de moi-même!

Antigone (changeant de sujet) : Tiens il neige.

Alceste : Tiens, je m’en fous. Toutefois je trouve ce plâtre prodigieusement mal fagoté : il fait trois fois ta taille et depuis tout à l’heure il parle.

Antigone (ne se démontant pas) : Il s’agit d’un nouveau modèle muni d’un poste de radio afin que les patients ne s’ennuient point pendant leur convalescence. C’est bien trouvé non?

Alceste : Je ne vois là que forfaiture! Je suis certain que ton médecin, ce Mohamed Ben-Barquette, est un savoyard : je l’ai vu, de mes yeux vu, s’enfiler un reblochon entier sans vomir! Et quelle idée as-tu eu de te faire soigner ici, à Annecy, cet antre de putréfaction où les hôpitaux ont un air de chalet, des cheminées et même des peaux de bêtes devant? Et ne causons pas des estampes savoyardes n’ayant que très peu à voir avec la médecine mais beaucoup avec la gynécologie qui habillent tous les murs!

Antigone : Ce sont des estampes japonaises.

Alceste : C’est pareil!

Armand ( le nez dans le plâtre) : Diantre! L’étau se resserre : mon père est japonais et ma mère dessine des mangas pornos dans un temple shintoïste à Bourg-Saint-Maurice.

Antigone : Mais enfin, mon époux, que me reproches-tu? Aurais-tu oublié notre week-end torride à Saint-Claude nom d’une pipe? Tu ne semblais pas tant haïr la Savoie alors!

Alceste : Saint-Claude, c’est dans le Jura, connasse! Tu ne connais même pas la géographie! Tu me méprises parce que je suis un Suisse à roulettes et que toi tu voulais des roulettes russes! Salope!

Antigone : Mais vous êtes fou mon mari!

Alceste : Non, je suis marri d’être fou de vous!

Armand (…) : Mais pourquoi se vouvoient-ils tout à coup?

Antigone ( à Armand) : C’est pour donner une grandeur cornélienne à ce texte qui sombre peu à peu dans la fange, mon ami.

Armand : Je m’en bats les couilles, je sors! ( surgissant comme un savoyard hors de sa boite de reblochon) Ah Ah, c’est moi Armand l’amant ardent de madame!

Alceste : C’est nul comme sortie.

Antigone : Il est vrai! Vous êtes pitoyable mon ami.

Armand : Vous me faites tous chier, bande de fondus!

FIN

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Written by saiphilippe

14 décembre 2010 à 14 h 13 min

20 Réponses

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  1. Antigone : tu connais la différence entre un Savoyard et un Haut Savoyard
    Alceste : oui, c’est la même chose qu’entre la couture et la Haute couture
    Loofy : n’empêche que St Claude c’est magnifique sous la neige et que j’ai écris un article spécial (faux) Bourguignon pour Phil ce matin sur mon blog
    Armand : mais quel lien avec le billet de Phil ?
    Loofy : Aucun !


    😉

    bande de fondus…? bande de fonduEs…?
    bande de fondus… ce sont ceux qui pratiquent le ski de fond…?

    LOOFY

    14 décembre 2010 at 14 h 20 min

  2. tiens, comment Armand arrivait-il à faire entendre si fort sa voix le nez dans la fondue?

    Sylvie...

    14 décembre 2010 at 15 h 02 min

  3. ce doux marivaudage alpestre empeste le fromage ,
    mais c’est plus drôle qu’une pièce de Ruquier
    bien écrit comme d’hab’

    mimi pinson

    14 décembre 2010 at 16 h 00 min

  4. je glousse !!!
    heureusement que tu ne m’entends pas !!!
    il y a plusieurs expressions qui valent leur pesant de cacahuètes ! ou de reblochon si tu préfères ^^
    C’est excellent Phil

    mamijodekymael

    14 décembre 2010 at 16 h 15 min

  5. J’ai la dalle. Donnes moi Armand.

    Dina conte les jours.

    14 décembre 2010 at 16 h 47 min

  6. Si j’avais été Armand et bien que savoyard, j’aurais été me suissiter plutôt que d’être le pitoyable d’Antigone, mais bon, sans doute manque t’il de fierté ! Il aurait même pu se faire hara-kiri puisqu’il est demi japonais et que le kiri est un fromage sans fil beaucoup plus digeste que le vacherin fribourgeois (bien meilleur dans la fondue « moitié-moitié » !)
    ;o))

    Dom Dom

    14 décembre 2010 at 17 h 01 min

  7. très fort mon Philou , je me suis bien amusée , ça vaut bien certains vaudevilles , moi qui ait fait du théâtre en amateur, mdrrrrrr, si si . Un texte comme ça ds mon bled , j’imagine , j’imagine !!! et je suis pliée !
    bisesss

    NiNne

    14 décembre 2010 at 17 h 12 min

    • mais Ninne, ce n’est pas un veau de Ville
      mais un Boeuf de Ville
      par contre on n’a jamais sur s’il était
      Bourguignon ou Niçois…

      enfin,
      moi j’dis ça, j’dis rien…

      @+

      Loofy

      14 décembre 2010 at 18 h 02 min

  8. Le théâtre classique revisité, c’est quand même bien moins chiant!

    ashdee, gorille sauvage

    14 décembre 2010 at 17 h 27 min

  9. ça c’est le genre de pièce que j’accepte de voir loll sinon je m’ennuie à mourir … les images defilent mieux que (le reblochon qui file)j’aime pas la fondue Savoyarde 🙂
    bisous Phil bonne soirée

    odha

    14 décembre 2010 at 17 h 47 min

  10. Armand est un loser, il a même pas de Rolex.

    ashdee, gorille sauvage

    14 décembre 2010 at 17 h 54 min

  11. C’est du grand n’importe quoi ! J’adore ! 🙂

    Christophe Sanchez

    14 décembre 2010 at 18 h 45 min

  12. Super! aussi abrasif qu’un poil à gratter!

    kairosf

    14 décembre 2010 at 19 h 13 min

  13. le problème des jambons…
    heu, des gens bons comme Phil
    c’est que leur tas lent…
    heu, leur talent
    nous rabaisse à notre niveau
    plus bas que Terre

    Phil, tu est vil dans la ville
    et je campe, âne dans ma campagne

    @+
    😉

    LOOFY

    14 décembre 2010 at 19 h 31 min

  14. merci les aminches ,mais la véritable consécration sera lorsque la comédie française la jouera devant un parterre de ministres!

    saiphilippe

    14 décembre 2010 at 19 h 37 min

  15. Au théâtre ce soir…Phil est très bon.
    (surgissant comme un savoyard hors de sa boite de reblochon)bien rigolé, mais que faisait Célimène? Bises

    caicara1855

    16 décembre 2010 at 20 h 08 min

  16. Du délire !

    Morgan Riet

    16 décembre 2010 at 22 h 05 min

  17. Ajax se lève, fier d’un immense bouclier : impatient et fougueux, il jette un petit regard farouche sur le rivage figé, la flotte, le port et, les bras levés vers les cieux se relachent pour écrire seul sur le sable les yeux vitreux et dès deux mains :

    « Ô Jupiter, c’est donc devant les vaisseaux que je plaide ma cause autant par la parole il l’emporte sur moi, mon rêve était si beau.»

    C’est alors que, dans le courant de l’après-midi, le maréchal Soult referme l’étau, et entoure les astro-ruses rendues difficiles par la glace et par-dessus l’étang soudain passent les oies sauvages qui explose grâce au soleil qui enlumine le champ.

    Le plan est simple, quand on y pense bien : le silence des grillons ! les bronches qui restent immobiles, les arbres des crayons, les ombres sont …, d’un lointain horizon subtiles, et passe moi la ceinture lombaire ; lorsque surgit Néron intrigué par une gentille jonquille miraculée de l’eau du puits qui se pose là.

    Question : Alors que…, sans hésiter, il en croqua ; ennuagé de soi, enfin de lui, bref de tuer son demi-frère, il se décide, Ah, à , a… ? (une pièce interactive !)

    Le plan était simple, à bien y réfléchir ; manque de bol, il se loupe et ampute la jambe d’Antigone pendant qu’Agrippine de l’agripaume se fait l’infusion en compagnie de Britney et Perdita, installées au salon bleu profond, on discourt, en dégustant quelques briques, des nouvelles tendances rapport aux toilettes et autres potins.

    Un buz et l’escalier…, Ulysse revient, Humulus en reste muet. « Aucun problème, il en prononcera deux le lendemain ! » Reprend la duchesse affable pendant que la belle Hélène sort de son sac un énorme cornet acoustique en prononçant ses mots : «Pouvez-vous répéter, s’il vous plaît?»

    L’OPÉRATEUR :
    PLUS DE MAUX QU’ON N’EN PEUT NOMBRER DANS TOUT UN AN :
    La gale, la rogne, la teigne, la fièvre, la peste, la goutte, la vérole, la descente, la rougeole. Ô grande puissance de l’orviétan !

    Une pomme et Guillaume Tell,

    Lorsque soudain, Une détonation retentit dans le lointain désert au fond du jardin.

    Ambon ! S’exclama Hécube par des aboiements nouveaux au terme de l‘apoplexie.

    C’est alors que Lennie entre en scène et dit :

    – C’est pas mal pour un début, c’est pas le tout, faut que j’aille me cacher dans les broussailles.

    Oh ! Tant pour moi, suspend ton vol…l’oreille, un ralenti, la caravane passe (dans le métier d’orfèvre, l’idée fixe du voleur est fondamentale).

    En effet : Un serpent d’eau remontait mollement la rivière. Sa tête, comme un petit périscope, tournait de droite à gauche, et il traversa le bassin d’eau dormante (l‘alaire l‘hallali) dans toute sa longueur pour venir se jeter dans les pattes d’un héron (ENCORE LUI !) guettant, immobile, là où l’eau n’était pas profonde que d‘une tête, le bec et sans bruit saisi l’avenant et, l’avala. Il y était une fois comme un cheveux dans le soupe :

    C’est malin dit la méduse de ce radeau, la nature est immonde.

    La suite décoiffe, Pégase met les gazs, Hécube succombe, L’OPÉRATEUR radote, Ulysse repart, la comtoise donne l‘heure et les jours rallongent… Vénus sur la conque, mais…, chut !!! voici M. Giulio Minervini.

    klima47

    17 décembre 2010 at 12 h 40 min

  18. Wôa!!! J’ai adoré !! C’est un pur bijou Philippe ! ( enfin pas toi , la pièce ! ) 🙂 Que dire de plus avec ces beaux commentaires dix tyrans biques ! Hein !! 🙂 Faut mettre en scène maintenant 🙂

    Gros bisous
    Douces fêtes 🙂

    Marie

    24 décembre 2010 at 11 h 08 min

  19. Joyeux *. • ˚ ˚ •. ★ ★ Noël. *. °. ° * * ★ ★ Joyeux. • ˚ ˚ ★ ★ ˛ •
    •. Noël ★ ˛ ˚_Π____. * ˚ ★ ★ ★
    ˚ ˛ • ˛ • ˚ */______/~ \. ˚ ˚ ˛ ★ ★ ★
    ˚ ˛ • ˛ • ˚*˚| 田田 __| 门 |* • ˛ • ˚*˚ ★ ★ ★

    j’ai copié ça , je vérifie que ça peut se coller ;o))
    bises

    mamijodekymael

    25 décembre 2010 at 22 h 17 min


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