"Un Jour En France"

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Mise en boite I ( L’Escapade)

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Des quelques contacts que j’aie pu avoir , par inadvertance, par mégarde, ou plus simplement sous la menace d’une arme, avec le monde de la nuit je garde des impressions mitigées.

Dire que je n’étais pas excessivement motivé pour ces virées nocturnes relève de l’euphémisme comme vous l’aura certainement laissé entendre mon introduction sibylline. Certes, mais comme j’aime à entretenir ma haine du genre humain il m’arrive, parfois, de me remémorer ces catastrophiques soirées où, lassés de trainer nos carcasses efflanquées d’ados mâles dans des flots de bière à deux sous sans aucune gonzesse pour épancher nos états d’âmes et notre vomi mes potes et moi avions soudain l’envie de voir comment tournait le monde chez les enfiévrés du samedi soir version 90’s.

Alors nous sautions dans l’approximative caisse de notre non-moins approximatif chauffeur, Jérôme, qui était à cette époque le seul et unique membre de notre petit groupe à détenir le sésame de l’asphalte, le visa du bitume, le sauf-conduite en état d’ébriété, le papelard rosâtre estampillé « B » comme un soutif d’orgueilleuse, mais que les prosaïques appellent pour des raisons qui m’échappent « permis de conduire ».

Celui qui avait dû laisser échapper un truc également c’était l’examinateur de Jérôme. Et le truc en question l’incommensurable désinvolture confinant à l’inconscience que notre distingué pote estimait devoir mettre en œuvre chaque fois qu’il prenait un volant et qui me fait dire encore aujourd’hui: «  Je n’ai pas fait la guerre, j’ai pris la route avec Jérôme, ça suffit comme ça! » . Finalement personne n’est mort, mais c’est uniquement parce que je suis dans les petits papiers, rose soutif bonnet « B », de Dieu, qui est une femme comme chacun sait. Ou comme chacun devrait en conclure compte-tenu du bordel mondial généralisé.

Bref. Après un trajet hors du temps, et quelquefois hors de la chaussée, nous arrivions devant un de ces temples du futile et de l’inconsistance que sont les boites de nuit. Quelquefois c’était « l’Escapade », îlot de stupre paumé dans la cambrousse dijonnaise que des projecteurs tentaient de faire passer pour l’Alexandrie antique en illuminant le ciel de traits de lumière afin que nul pécore à dix lieues à la ronde n’ignore son existence, alors que c’était juste l’Alexandra en toc vomie en vrac par des baffles super puissantes et un Claude François super-déjà-mort. Une piste de danse vaste comme une arène mais en moins sablonneuse, accueillait la gent chamarrée de crétins ordinaires tandis que sur des piédestaux disposés avec soin, gigotaient des paires de seins montés sur des culs ras-la-touffe. La concupiscence brute, à l’état solide. Mais de toutes manières je n’étais pas là pour en croquer.

D’abord parce que je suis très bien élevé et que ma maman , en bonne castratrice, m’a toujours dit de me bien comporter avec les filles -Je ne savais pas si les pétasses affriolantes qui agitent leurs appâts à deux du mat’ étaient incluses dans cette catégorie, mais dans le doute- mais surtout parce que ces gourgandines allégées en lucre étaient là pour bosser. Parfois, le patron, par l’entremise d’un videur , leur suggérait aimablement d’aller bouger leurs fesses là où la chute du taux de testostérone risquait d’entraîner celle du chiffre d’affaire. Alors nous restaient les filles normales, avec leurs culs normaux, leurs seins normaux et leurs bouches énormes dont tombaient en cascade des litres de fiel, parfum « jalouse perfidie », droit dans nos oreilles pourtant déjà saturées par la musique de merde jusqu’à ce que nous finissions par fustiger avec elles les danseuses à gogos sus-mentionnées. C’est beau la solidarité féminine.

En tous cas c’est de la solidarité que je comprends.

Une autre fois je vous parlerai de L’Anfer ( avec un « A » comme dans « antisémite ») autre lieu inter-loques des nuits à jamais défuntes du Dijon de la fin du XX siècle.

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Written by saiphilippe

1 novembre 2010 à 17 h 36 min

Publié dans Chronique

21 Réponses

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  1. Tiens toi aussi tu avais une mère castratrice, la mienne en plus était militante féministe, elle avait fini par me mettre dans la tête que toute les femmes sont des mecs biens.
    Depuis qu’elle a relâché son emprise (paix à son âme) j’ai compris qu’ils y a vraiment beaucoup de mecs pourris parmi les femmes.

    jipigracia

    1 novembre 2010 at 18 h 04 min

  2. Il était une fois, il y a longtemps, un nouveau copain qui voulait m’emmener à l’Aventure. Enfin un qui sortait de l’ordinaire, un Harrisson Ford en puissance….
    L’Aventure c’était le nom de la boite.
    Alors mise en boite…..Beurrrrkkkkkkkkkkk!!!!!!!!

    kairosf

    1 novembre 2010 at 18 h 33 min

  3. ah! ça me rappelle une virée niçoise…

    Sylvie...

    1 novembre 2010 at 18 h 41 min

  4. ainsi dieu est une femme quand ça t’arrange … voilà qui ne me surprend guère .
    j’aime bien les souvenirs de tes sorties de jeune homme .Jentrevois un monde bizarre , mais si bien décris qu’on s’y croirait .
    un billet comme j’aime ^^

    mamijodekymael

    1 novembre 2010 at 19 h 21 min

    • En fait nous n’en savons rien, mais s’Il est un homme alors Il doit être vautré devant la télé sa bière à la main depuis la nuit des temps. S’Il est une femme, Elle cherche à tout contrôler, n’y arrive pas et finalement fait n’importe quoi en dépit du bon sens à tel point qu’Elle ferait tout aussi bien de se vautrer devant la télé pour regarder « Amour Gloire et Beauté »

      saiphilippe

      2 novembre 2010 at 8 h 15 min

  5. C’est délicieux cette aventure, délicieusement drôle, j’espère qu’il y en aura encore plein des comme ça !
    Bise.

    Dom Dom

    1 novembre 2010 at 20 h 22 min

    • Plein, je ne sais pas. Comme dit en préambule je suis assez peu sorti. Par exemple cette fameuse Escapade je n’y ai été qu’une fois.

      saiphilippe

      2 novembre 2010 at 8 h 16 min

  6. C’est toujours très bon, Philippe ! Ne change rien. 🙂

    Michel P

    1 novembre 2010 at 21 h 21 min

  7. Claude François est mort? Nan!!! pas possible?

    • t’étais pas au courant? Lui, si. 😉

      saiphilippe

      2 novembre 2010 at 7 h 56 min

      • Bonjour Philippe. Je passerai toutefois par ici: lire tes textes. J’aime beaucoup cette prose. Désolé, je n’écoutais plus Claude François depuis que j’ai acheté un marteau.

        ashdee, gorille sauvage

        2 novembre 2010 at 8 h 22 min

  8. Bien vu. J’en garde un souvenir moins amer, peut-être parce que je n’ai pas été aussi bien élevé que toi. 🙂

    Christophe Sanchez

    2 novembre 2010 at 9 h 33 min

  9. hormis les habituelles fourberies misogynes innérentes à ton charme , comme d’hab’ , et toute rancoeur bue , c’est un plaisir de te lire….

    mimi pinson

    2 novembre 2010 at 15 h 43 min


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