"Un Jour En France"

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Le fils de son père? ( II )

with 14 comments

Frayant son chemin à grands
coups de coude parmi la foule bigarrée d’un jour de marché venue
au centre-ville tuer son ennui et son portefeuille sur d’inutiles
étals de bibelots futiles et de merdouilles en solde, notre héros
cherchait en vain. Jusque là il avait croisé le cantonnier, le
boulanger, le médecin-charcutier Wad’Else, mais l’horizon demeurait
désespérément vide de pissicologue; sans compter qu’il ne savait
pas à quoi cela pouvait bien ressembler. Il beugla de dépit,
trépigna d’impatience et se sentait tout à fait prêt à renoncer
dignement lorsqu’il sentit soudain des tractions sur son pagne en
peau d’auroch.


– « Papa, papa,
papa,papa… » répétait inlassablement Tiburce depuis un
quart d’heure en tirant comme un damné sur le pagne paternel.


Grande-Burne là-haut
inspectait de sa narine experte l’atmosphère, y cherchant la
présence olfactive de quelque femelle en rut qui pourrait expliquer
cette étrange sensation de tiraillement du bas ventre. Tiens? Une
douleur maintenant?


« ARRRRRRGH! »
dit-il en s’explosant la luette.


En bas Tiburce, bien
conscient des difficultés de compréhension à l’œuvre quelques
dizaines de centimètres plus haut, s’était finalement décidé à
faire un petit tour de balançoire suspendu aux baloches de
l’ancêtre. « Quelle élasticité exceptionnelle! » pensa
t-il après avoir calculé, en une fraction de seconde, le taux
d’étirement de la peau des couilles de papa. Puis il s’éleva
violemment, saisit au col par une abominable main drue de poils et
noire de crasse.


Grande-Burne amena son
morpion de fils à hauteur de visage et plongea son regard, où se
mêlaient douleur et désapprobation, dans celui de son fils, mi
rigolard mi innocent. Profitant de la pleine attention obtenue
Tiburce pointa son index sous le nez de son père et guida son regard
lentement. Lorsqu’il ôta son doigt Grande-Burne vit, enfin, ce que
le chérubin avait trouvé depuis longtemps : Pleine face, en haut
de la rue, une enseigne géante en lettres de feu, clignotait. Un
brasero géant alimenté par une équipe d’esclaves dont certains
munis d’une toile noirâtre se jetaient par intermittence devant les
flammes. C’est de cette manière que l’on obtenait un clignotement en
ces temps reculés. Je vous laisse imaginer la galère pour faire une
guirlande. Bref.


Grande-Burne et son trouble
testiculaire, claudiquèrent ,en compagnie de Tiburce, vers
l’enseigne. Au milieu d’un tas d’esclaves grillés, qui continuaient
à tomber comme mouches d’un halogène, il y avait une porte. Sur
la porte une plaque. Sur la plaque un charabia démocratique au sens
où il était universellement incompréhensible. On y lisait en
lettres d’or:


Gérard Miller

Docteur en

Psychologie cognitive

Analyse comportementale

Psychiatrie dichotomique

Pédopsychiatrie

Ethnopsychiatrie

Télé-psychologie

Gauchisme

Sur rendez-vous uniquement

téléphone : 00 00 00 00

dès que Graham Bell
l’aura inventé.



Un abime de perplexité
creusa les traits déjà outrageusement disproportionnés de
Grande-Burne, dont l’esprit butait sur le mot « Docteur ».
Tiburce tapota sa lèvre inférieure, fronça un sourcil ou deux,
puis acheva son air soupçonneux par un « hum » entendu.


Puis il poussa brusquement
son père à l’intérieur avant que ce dernier ne fasse une rupture
d’anévrisme. Il savait combien les efforts intellectuels étaient
potentiellement préjudiciables à son père, et c’est donc comblé
d’amour filial que Grande-Burne se prit les pieds dans le tapis et
s’étala de toute sa masse sur un sol moquetté fleurant bon les
mycoses plantaires.

à suivre…

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Written by saiphilippe

2 août 2010 à 14 h 47 min

14 Réponses

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  1. huit chiffres ? c’est une avance considérable par rapport au 22 à Asnières… promis, je n’enguirlanderais plus personne, au vu du passé inhumain de cette espèce…@+

    Philippe

    2 août 2010 at 15 h 01 min

  2. Ah, c’est pas vrai !!!!!!!! ;o))))))))))))))))))))Heureusement que tu es apparu ds mon quoi de neuf ce soir, sinon c’était la déprime totale au vu du beau temps et du reste !!!

    Dom

    2 août 2010 at 15 h 34 min

  3. là, tu fais monter le suspense…………………………………………….. (mais j’avais déjà fait allusion à ton sens du montage de la trame littéraire et de son dévoilement). Le ton est assez sérieux: est-ce que Tiburce aurait tiré trop fort?

    Sylvie...

    2 août 2010 at 15 h 50 min

  4. Ha, Miller entre dans le jeu!! J’espère que tu vas nous le soigner aux petits oignons celui-là!!!Sinon, toujours le même sens du récit dynamique. Super! A+

    Pascal

    2 août 2010 at 16 h 14 min

  5. mince j’avais pas fais gaffe au nom du pissicologue c’est en lisant le com de Pascal … du coup j’ai relu le billet ;o)vu le peu de lecture qu’on a en ce moment ….

    jojo

    2 août 2010 at 17 h 40 min

  6. C’est qui encore suilà : Miller ? Pas Arthur ? Je ne connais que ce Miller-là. Si tu nous mets des inconnus à nous les estrangers, on va faire comment pour comprendre le sens de ton histoire Mister Phi-Phi ? Hum ???

    Dom

    3 août 2010 at 11 h 32 min

  7. entre Arthur et Glenn , mille airs……de déjà vu !

    Mimi pinson

    7 août 2010 at 3 h 21 min

  8. contente d’avoir " retrouvé " ton blog et Grande Burne !

    Mimi pinson

    7 août 2010 at 3 h 22 min

  9. je m’inquiète pour la suite.. est-ce que Grande-Burne va ressortir indemne de cette consultation ? ;)))

    Babel

    7 août 2010 at 6 h 26 min

  10. bon rien de neuf ici .. j’fais le tour parce que le "récent" , le "quoi de neuf " et tutti quanti n’a pas bougé depuis 4 jours … et en fouillant chez les cops j’trouve des trucs que j’ai pas lu .bon ça donne l’occasion de dire bonjour mais ça me gave de rater un billet de mimi par exemple , j’en viens , c’est pour ça que je la cite . J’ai vu ton com sur mon billet sur la jeanne ;merci de tes passages réguliers et bises

    jojo

    8 août 2010 at 20 h 59 min

  11. PLUS LA PLAQUE EST LONGUE …. plus le tapis sent la mycose …. ploucaire !

    Shamie

    10 août 2010 at 10 h 23 min

  12. Contente de lire ton billet, super!

    CERISE

    10 août 2010 at 13 h 17 min

  13. jojo qui passe et qui repasse ….. bises

    jojo

    12 août 2010 at 9 h 46 min


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