"Un Jour En France"

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Escapades: La Corse Ière partie

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Maman me le disait déjà, tout petit, à la veillée: "La France est comme une orange, quand tu enlèves les Corses, tout le reste est bon". Pour que ma maman si tolérante, au delà même du tolérable, en vînt  à proférer pareille boutade il fallait bien qu’il existât de bonnes raisons. C’est ce que mon cœur d’enfant en conclut en première instance. Bien des années plus tard j’allai en Corse passer , je l’escomptai, de bonnes vacances. J’avais quinze ans et mon âme n’était entachée de rien,  sinon du péché originel commun à tous les mortels et de quelques malheureux meurtres indépendants de ma volonté. 
A cette époque lointaine la "Coloniale" Casino nous offrait , à nous les enfants de troupe , des séjours magnifiques en des contrées pittoresques et variées comme, par exemple,  le bourg de Montbrun-les-bains où nous logions au château de Gipières – nous n’avons pas les mêmes valeurs-, la majestueuse cité de Montpeyroux dans le Puy de Dôme, et,  passé le cap pubertaire des quatorze ans, les camps d’ados avec moult choix de destinations extrêmes. Pyrénées, Savoie, Franche-Comté et, entre autres terres sauvages, la Corse.

C’est ainsi que par une  belle nuit de juillet je quittai le mouchoir blanc qui s’agitait sur le quai de la gare avec maman planquée derrière. Derrière le mouchoir, pas le quai de gare, imbéciles! Les lits à banquettes, ou le contraire, nous menèrent prestement de Lyon à Toulon où nous embarquâmes sur le Napoléon, qui, en sus d’être mon idole avait le bon gout d’être, également, un bateau. Et voilà que l’horizon azuré s’emplit soudain d’une grosse tache verte et marron , comme une verrue maléfique sur un océan de sainteté. Et comme la tache grossissait nous finîmes par rentrer dedans, à Propriano, Corse du Sud.

Quelques autochtones de nos ages,  amarrés aux bites du port tout en sirotant une boisson locale, du coca cola , nous accueillirent par ces mots abâtardis d’un accent syncopé de marseillais parkinsonien: " Tiens, voilà les continentaux" ce qui donnait dans leur langue: " Tiens voi—là—  les— con—ti—nen—taux". "S’ils parlent tous comme ça", me dis-je, "la communication risque d’être difficile". Dieu merci, nous étions parqués dans un camping envahi de Hollandais, d’Anglais , de Boches et autres visages pâles. Même le personnel était d’importation. Les contacts intimes avec le Corse furent donc assez limités, mais suffisant  pour qu’il me fut possible de me rendre compte de sa nature parfaitement méditerranéenne.
 J’eus tout le loisir d’admirer la civilisation de ce peuple, ses maisons semblables à celles que je connaissais du Vieux-Nice et de biens d’autres patelins d’Italie. Sa végétation, de garrigues et de maquis émaillés de pins parasols,  pareille à celle de Provence ou de Toscane. Son ciel bleu comme partout et sa mer pleine d’eau salée. L’île de Beauté Commune quoi . Le seul élément troublant consista, pour moi,  en la découverte d’étranges tombes, petites maisons en fait, closes par des portiques de fer forgé  qui, parfois, laissaient entrevoir un cercueil posé sur un autel, à l’instar d’une boite à bijoux égarée sur une commode. J’en déduisit que les Corses étaient tellement faignants qu’ils rechignaient même à creuser pour enterrer leurs morts.
 Et mes vacances passèrent à glandouiller sur le sable blanc de Propriano, à faire du parachute ascensionnel, et,  des airs, m’extasier devant ce paysage grandiose de sépultures larguées en bord de route en guise de bornes kilométriques. Et aussi, faut pas déconner, à me rincer l’œil de séants pris au hasard et des nichons de Vicky, prénom ridicule j’en conviens , qui remplissaient son t-shirt comme la houle fouette les falaises de Bretagne.

On le voit, le premier contact avec l’île fut des plus, hum, disons… touristique. Il me fallut attendre l’année suivante pour que l’exploration se fît plus profonde.

à suivre…

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Written by saiphilippe

25 octobre 2009 à 11 h 27 min

Publié dans Chronique

30 Réponses

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  1. j’adoooore … j’ai du retard j’irai lire pour le plaisir tes billets la semaine prochaine … l’année suivante tu as exploré en profondeur le t-shirt de Vicky ?? rôôôô ces jeun’sss … ça doit être beau la Corse kan même non ??bisous Phil bon dimanche

    Odha

    25 octobre 2009 at 11 h 44 min

  2. ah mais veux tu ne point tuer le suspense je te prie!

    Philippe

    25 octobre 2009 at 11 h 53 min

  3. "l’exploration se fisse plus profonde." de Vicky ou de l’île ? J’espère les deux ! :))

    cata

    25 octobre 2009 at 11 h 55 min

  4. sus-pense ah bon je croyais que c’etait Vicky …comment appelent on les Corses ?? des corsets ?? bon ok je sors ….. vé au loto apres … essayer de gagner un jambon

    Odha

    25 octobre 2009 at 12 h 21 min

  5. intrigant! tu es le maitre du sus-pense!!

    Sylvie...

    25 octobre 2009 at 12 h 31 min

  6. je hais les dimanches…

    Philippe

    25 octobre 2009 at 15 h 07 min

  7. c’est vrai que c’est intriguant…;-)enfin c’est vicky qui m’intrigue…un peu!!!les corses, ah les corses….;-)des gens biens! vraiment! mdr (je fais gaffe, a ce que je dis si il y a un lobby corse?)vu que j’habite a 2heures de bateau…mais bref, il y en a plus en region paca des corses, que sur leur ile!a suivre……..

    lionel

    25 octobre 2009 at 15 h 40 min

  8. Très corse Vicky comme prénom !Bizzzz

    bibialien

    25 octobre 2009 at 16 h 03 min

  9. elle n’était pas Corse, elle faisait partie de la colo.

    Philippe

    25 octobre 2009 at 16 h 07 min

  10. Ouais ce serait couillon d’aller en colo dans sa région hi hi

    bibialien

    25 octobre 2009 at 16 h 17 min

  11. je sais!elle t’as fait une proposition que tu n’as pas pu refuser……………………………………..ah non elle n’est pas corse vicky 😉

    lionel

    25 octobre 2009 at 16 h 27 min

  12. ah ! te voilà reparti dans tes voyages dans la France profonde et outre-mer …j’attends l’épisode 2 avec une certaine appréhension ..Rassures-moi de suite , saint claude n’a pas fait d’escale en corse ?j’dis ça , j’dis rien , mais vu que ça m’a l’air d’être ton phantasme le plus courant …ok , je sors —–> ;oD

    jojo

    25 octobre 2009 at 17 h 28 min

  13. Connais pas le Corse, ils en disent tellement de bien que j’ai peur d’être déçu. A +

    Caiçara

    25 octobre 2009 at 17 h 35 min

  14. Oserais-je dire que ça sent la corse, avec un c minuscule ? 😉

    Michel

    25 octobre 2009 at 18 h 34 min

  15. ça sent la marée plutôt… hum.

    Philippe

    26 octobre 2009 at 7 h 10 min

  16. Je ne ferai qu’une remarque: Un prénom à la con n’est pas rédhibitoire quand on a une belle poitrine, ça peut même lui donner un charme particulier. Ma conclusion: lesmecs savent être sentimentaux si on y met les moyens appropriés. A+

    Pascal

    26 octobre 2009 at 8 h 11 min

  17. c’est là que ça se corse…

    pascaline

    26 octobre 2009 at 11 h 01 min

  18. La Corse… faut pas en faire un fromage, déjà qu’il y a des gens qui s’attendent à être déçus… alors disons la vérité… la Corse, c’est pareil comme partout ailleurs… un peu mieux, quand même, à la réflexion. Amicizii. JB

    Jean Baptiste Lucchini

    3 novembre 2009 at 19 h 04 min

  19. Et surtout c’est à recommander pour les jolis poumons des jeunes filles. Je suppose que cette Vicky a du racheter un soutif de la taille supérieure. JB

    Jean Baptiste Lucchini

    3 novembre 2009 at 19 h 06 min

  20. ah faut attendre la suite…

    Philippe

    3 novembre 2009 at 19 h 07 min

  21. …comme la houle fouette les falaises de Bonifacio… :o)) car enfin, ne sommes nous pas en Corse ?…

    Dom

    3 novembre 2009 at 19 h 14 min

  22. ouais, mais la houle en méditerranée ne reflète que très peu la puissance de la poitrine susnommée…

    Philippe

    3 novembre 2009 at 19 h 22 min

  23. ah.

    Dom

    3 novembre 2009 at 19 h 23 min

  24. Vive le figatelli !!!!!!

    Mata

    3 novembre 2009 at 19 h 29 min

  25. Tu nous fais lanterner Philippe. J’espèrais bien avoir le n° 2 avant mon départ à Bligny… Saluti JB

    Jean Baptiste Lucchini

    7 novembre 2009 at 8 h 18 min

  26. ben oui, mais j’ai fait autre chose entretemps . tu pars pour longtemps?

    Philippe

    7 novembre 2009 at 11 h 43 min

  27. En tout cas je pourais plus aller à Montbrun sans penser à toi Philou !! ah ça c’est sur bises

    ภเภภє.ツ

    7 novembre 2009 at 12 h 28 min

  28. Moi pareil que Ninne …!

    Mata

    7 novembre 2009 at 12 h 39 min

  29. ah Montbrun, le camping au mont Ventoux, la grotte de boue, la cascade de feuilles, la main jaune… laissez tomber vous pouvez pas comprendre…rires

    Philippe

    7 novembre 2009 at 12 h 44 min

  30. Une semaine, au bords de l’Ouche. Mais j’ai mis un billet nouveau qui fraîchissait dans mes archives. Je pense que tu m’en donneras des nouvelles. Saluti. JB

    Jean Baptiste Lucchini

    7 novembre 2009 at 13 h 30 min


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