"Un Jour En France"

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Le Retour de Grande-Burne

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La forêt criait de mille bruissements , ramures frissonnantes de froidure et de vent,  branches craquantes de neige trop lourde à porter, feulements de lynx arctiques, chants outrés de pipistrelle à crête mordorée et bêlements de phacochère à couilles caduques. Et au milieu de tout ce vacarme amorti par la glace, un homme,  seul.  Il ahane, au bord de l’épuisement, traine sa carcasse comme il le peut sur ses pauvres pieds gelés. Il grelote car dans sa hâte il n’a prit qu’une peau de lapin pour tout vêtement.  Il a mal à la gorge aussi , mais rien à voir avec le froid, non non, simplement on devrait toujours éplucher les hérissons  avant de les gober tout rond. Il avait eu tellement faim, il n’avait pas fait attention, et puis c’était son premier hérisson. Son truc à lui c’est l’auroch normalement. Mais, pas moyen d’en dégotter un seul, même nain, dans cette fichue réunion sylvestre.  Alors voilà, en sus de tous ses malheurs, il crachait du sang et des épines et qu’est-ce que ça allait être lorsqu’il faudrait les chier! Mais n’anticipons pas…

Notre homme ahane donc, il bave il sue il pue. De son front obtus ne coule aucune idée, de son slip en peau de lapin chutent de dantesques touffes de poils et un gigantesque sac à semence. Oui! Vous l’avez reconnu! C’est lui, c’est Grande-Burne, notre héros*. Mais que fait-il ici, dans cette forêt boréale? Dans quelle fantastique épopée s’est-il encore embarqué? Quels ennemis mortels va t-il encore devoir combattre? Si  les réponses aux deux premières questions sont, dans l’ordre, rien et aucune, vu qu’il s’est simplement perdu comme un con, en revanche et pour tuer tout suspense il convient de signaler qu’effectivement il devra  combattre d’infâmes ennemis. Pour l’heure, notre héros à bout, cherche de son regard de tanche un endroit peinard pour décéder et,  ayant avisé un charmant épicéa aux pieds de mousse et de lichen,  un sourire ,qu’il crut être son dernier,  taillada de deux rangées de chicots noircis sa face ingrate. Il s’allongea pour crever bien à son aise, et c’était en bonne voie lorsque soudain et classiquement il fut sauvé. Une mélopée suave et sensuelle tintinnabula dans l’air glacial et parvint à franchir le cap de ses esgourdes encombrées de cérumen  de qualité supérieure, dix ans d’age au moins. C’était une femelle bien sûr. Il vit de prime abord  les taillis blanchis s’agiter et choir le givre en scintillements sous le feu pâle du soleil qui en cet instant…  ramenait sa fraise fort à propos pour donner à la scène un aspect dramatique et poétique de toute beauté. Enfin moi je trouve. Puis elle apparut dans toute sa gloire, pleine de graisse, euh pouf pouf, pleine de grâce. Bien qu’elle fut chaudement vêtue, ses courbes généreuses débordaient largement. D’une blondeur innocente avec de grands yeux bleus au milieu,  elle approchait lentement de Grande-Burne, qui lui,  sentait à nouveau le sang affluer. Pas vraiment dans la région du cœur, avouons-le. Des générations de rois tyrans , de princesses flasques , de chanteurs monocordes, d’amis des arts et des lettres érotomanes, poussaient ses reins vers l’avant, prêts à jaillir de la virilité de Grande-Burne. Et c’était une virilité considérable, en vérité. Et Grande-Burne se redressa et  brama d’un rut printanier en avance d’un mois un grand: " Brâââââ Urrrrrrgh". Ce cri avait déjà subjugué bien des femelles par le passé, mais là étrangement la jeunette ne cilla pas. Elle eut une moue puis lança: "C’est un peu court comme argument, mon cher", puis " vous eûtes pu dire bien d’autres choses en somme". Les sourcils de Grande-Burne fondirent sur ses yeux de poisson mort et y tracèrent le mot "perplexité". C’est une étrange sensation à l’être frustre que d’éprouver un mot compliqué. Le brusque reflux sanguin occasionné, en provenance des corps caverneux du membre de notre héros  vers la caverne creuse qu’était son cerveau le plongea en syncope pour le compte.

 C’est étrange parfois la vie… Comment notre héros aurait-il pu deviner, avec ses neurones amoindris,  que cette femme était intelligente? Ce n’était pas si fréquent déjà à l’époque,  vous savez. Et que dire de cette forêt boréale qui dix-mille ans plus tard deviendrait la zone commerciale de Cergy-Pontoise?  Et de cette ironie suprême qui voulut que Grande-Burne prenne le premier râteau de l’histoire dans ce qui allait devenir le rayon outillage du jardiland de Cergy.

* premier épisode: http://saiphilippe.spaces.live.com/blog/cns!FE69346923428000!1394.entry

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Written by saiphilippe

23 août 2009 à 12 h 45 min

30 Réponses

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  1. ah le phacochère à couilles caduques ! :)

    Christophe

    23 août 2009 at 13 h 37 min

  2. Excellent!De l’humour absurde de haut vol. La suite, vite!!!

    Ed

    23 août 2009 at 13 h 50 min

  3. merci les poteaux!

    Philippe

    23 août 2009 at 14 h 24 min

  4. Les rayons outillage te font des drôles d’effet, un moment je croyais que tu parlais de notre président. Bises

    Caiçara

    23 août 2009 at 16 h 36 min

  5. Peux-tu traduire "Brâââââ Urrrrrrrgh" please ? Ou y a-t-il une faute d’ortographe pouf pouf

    bibialien

    23 août 2009 at 16 h 55 min

  6. cela veut dire en langage paléolithique: " toi y en a être bonne, moi vouloir toi, tout de suite là maintenant!" comme quoi il y a beaucoup de nuances dans ce hurlement de rut sauvage…

    Philippe

    23 août 2009 at 17 h 23 min

  7. On te reconnaît bien là Philippe : la vérité historique avant tout ! Je transmettrai à mes élèves en septembre. ;-)Et alors, après ? ….

    cata

    23 août 2009 at 19 h 22 min

  8. ouarfff mdr lol etc etc j’adore de l’excellent Phil en pleine forme verbale je ne dirais qu’un mot ( euh en + de ceux qui précèdent ) : merci !

    jojo

    23 août 2009 at 19 h 48 min

  9. ouais ben ça ne soulève pas l’enthousiasme des masses on dirait…

    Philippe

    24 août 2009 at 7 h 36 min

  10. mdrrrr de mdrrrr … j’adore !!!! …. quelle verge … merde verve … rooo excuse moi !!! ah je vois que tu as donné la traduc a Brijou … je ne comprenais pas non plus cette langue .. loll bisous Phil bonne journée

    Odha

    24 août 2009 at 9 h 05 min

  11. voila ce que j aime aussi …………….. c est délicieux vraiment ..j en redemande !!!

    LA DAME

    24 août 2009 at 9 h 09 min

  12. dis moi phil ..j aimerais que tu ecrives un petit billet érotique ..hisoire de !!!

    LA DAME

    24 août 2009 at 9 h 10 min

  13. écrire un truc érotique moi? ça m’emballe pas des masses à vrai dire.

    Philippe

    24 août 2009 at 9 h 21 min

  14. Ce sont les filles qui les écrivent les trucs érotiques, et les hommes qui les lisentVrai ou pas ?

    bibialien

    24 août 2009 at 9 h 26 min

  15. pas

    Philippe

    24 août 2009 at 9 h 30 min

  16. tiens ! je vais en tenter un moi !!

    glandouille

    24 août 2009 at 9 h 33 min

  17. ce qui me plait moi c est justement la vision complètement differente du sexe quand c est un homme qui ecrit ..parfois je pourrais etre plus hard mais …. ici … ouaiiiiiiiiiiiiii andré !!! je suis impatiente de te lire!

    LA DAME

    24 août 2009 at 9 h 38 min

  18. ouais ben les trucs érotiques du DD , ça vaut ceux de Phil !mdr c’est pas du light les filles savent pô c’que c’est qu’la dentelle ces gars là

    jojo

    24 août 2009 at 9 h 41 min

  19. quoi ?? qu’est-ce que je lis Jojo ?? …attends voir !! je m’y met dès maintenant !! NONDED’JIU !!

    glandouille

    24 août 2009 at 9 h 50 min

  20. Comme quoi, la question éternelle est: je rut ou je rate?

    Sylvie...

    24 août 2009 at 11 h 12 min

  21. Prouve-le !

    bibialien

    24 août 2009 at 11 h 33 min

  22. alors DD ? ça fait 3 heures , t’as pas trouvé d’inspiration ?

    jojo

    24 août 2009 at 12 h 54 min

  23. si m’dame Jojo !! je suis dessus (pardonnes moi l’expression !) mais comme je vous aime bien , je prend mon temps pour ne pas vous décevoir !!

    glandouille

    24 août 2009 at 13 h 04 min

  24. ben j’t’ai doublé mon DD , y a d’la lecture chez moi et maintenant je sors prendre l’air , commence à faire chaud dans le coin mdr

    jojo

    24 août 2009 at 13 h 32 min

  25. L’animal, seul, monsieur, qu’Aristophane appelle hippocampéléphantocamélos Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d’os…je cite de mémoire… saints cops, priez pour lui… il prépare sa rentrée… ;-)@+

    Philippe

    25 août 2009 at 9 h 10 min

  26. Desproges doit être fier de ses émules s’il lui arrive parfois de jeter un oeil par dessus les nuages ! c’est fort bien écrit malgré la pointe ( si j’ose ! ) de moquerie masculine à l’égard des femmes ( déjà ) ! teintée , il est vrai d’une savoureuse auto-dérision qui me comble de joie !bravo et bises !

    Mimi pinson

    26 août 2009 at 8 h 51 min

  27. tu vas trop dans les centres commerciaux, même si bien des rayons évoquent les forêts boréales… quant à Grande-Burne, histrion historique de la région parisienne décrit combien ses comportements sommaires demeurent les nôtres.

    Sylvie...

    26 août 2009 at 10 h 29 min

  28. j’ai bien aimé le titre du premier épisode: fondement de l’économie.

    Sylvie...

    26 août 2009 at 10 h 30 min

  29. En tout cas, je vois que Reizer a copié sur Grande Burne (au fait, pourquoi pas de S?)Quand aux femmes dont l’intelligence n’était DEJA pas si frequente à l’époque….Tu sais ce qu’elle te disent ???Non mais !

    Mata

    26 août 2009 at 11 h 18 min


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