"Un Jour En France"

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Escapades: La jamaïque ( Ter)

with 28 comments

Après
les deux infructueuses et précédentes expériences, est-il utile de
préciser que je n’étais guère enclin à réitérer. Et pourtant ( Charles
Aznavour, sors de ce corps!) j’eus à y retourner, une fois de plus.
Seigneur, ne m’épargneras-tu donc jamais? Tu permets que je Te tutoies,
n’est-ce pas? (…silence de cathédrale…)  Qui ne dit mot consent!
Saches, que je ne lâche point l’affaire et que nous aurons, tous deux,
à en causer un de ces quatre carêmes. Commençons.


 La
crémaillère à laquelle j’avais été convié par mon ami Jordan se
déroulait parfaitement. L’alcool coulait à flots dans les gosiers, la
musique, giclée d’un de ces appareillages à la mode en "pode" comme les
gastéro,  se trouvait être à mon goût , sauf une petite partie
éléctro-machin-truc qui ne m’ agréa  point. Mis à part ça, tout allait
étrangement bien, ce qui, il faut bien le dire, ne présage généralement
rien de bon -Pessimiste moi? Allons donc!-. Il y avait aussi de jeunes
femmes accortes, mais pas en Corse,  dont certaines possédaient même un
cerveau!  -Misogyne moi? Allons donc-.

 C’était
donc une soirée parfaite, grâce, notamment, à l’affabilité légendaire
de notre hôte, qui déambulait çà et là, demandait des nouvelles,
s’inquiétait du bien être de ses invités, le tout avec au moins trois
grammes d’alcools divers par litre de sang et quelques vapeurs
"d’herbes de Provence" dans les poumons. Un vrai épicurien, adepte des
bacchanales, terme ne signifiant pas " diplôme de sodomie" -Je le
précise à l’intention de mes éventuels lecteurs étudiants, ou sportifs-.

 La
vie est étrange, tout de même:  Si nous nous étions connus à peine 2500
ans plus tôt, en Grèce, nous aurions été les plus grand ennemis du
monde: Il est mon exact contraire, mon double positif .  Il a des
doutes sur la vie comme moi j’ai des certitudes sur la mort, voyez
vous? De l’aisance en société quand j’en ai en solitude, voyez vous? Un
intense besoin de contact humain et de voyages, alors que le monde
pourrait s’écrouler que ma face n’en serait point changée, voyez vous?
Un bon vivant profitant de chaque moment comme si c’était le dernier,
quand j’agis comme si j’étais de toute éternité… Vous voyez? Un ami,
un vrai. ( Et j’ose espérer, mon ami,  que tu apprécieras cet hommage,
car d’habitude je ne lance de fleurs que sur les tombes) .


Ce
fut son idée, donc, que d’aller là-bas, à cette Jamaïque dépourvue de
Marley et de Rastas mais où régnait le Bouddha assis, en tailleur et
les yeux clos. Bouddha Zen en cette furieuse débâcle de bruits et de
boissons,  cette débauche d’humanité, viande endimanchée et oisive des
samedis soirs sur la terre. Un bref espoir m’étreignit  la gorge lorsque
je vis que la pancarte "complet" ceignait  la porte de l’enfer. Mais mon innommable pote, étant un habitué, eut droit à sa graine de sésame. Et
nous avec. J’eus cette envie fugace de parler au videur de mes ancêtres
esclavagistes, afin qu’il en prenne ombrage et me refoule; pourquoi,
Diable, faudrait-il que l’on me laissât entrer partout! Mais non, je ne me
sentis pas la force de mentir: Mes ancêtres n’ont jamais été
esclavagistes, vaguement nazis pendant la guerre peut-être, mais pas
plus que tout le monde.

 
Cette fois, cependant, nous trouvâmes à nous assoir dans la partie
"pub" de la guinguette. Ce qui  allait ( Alphonse?)  pour le moins
pire: Une table, une banquette couverte de fausse moleskine, un velours
rouge bordeaux, pas du meilleur cru,  rogné par des milliers de
derrières en ces lieux posés avant l’auguste mien. Je tentai de me
montrer à l’aise, bien que Jordan passa son temps à m’asticoter, me
chahuter en rigolant : " c’est pas humain!" disait-il, a propos de ma
carne d’athlète incapable de tressaillir tant elle était tendue et
également de mon penchant ( environ 90°) à ne rien tenter envers la la
gente féminine. Hors, ce sagouin savait parfaitement que
l’environnement me rebutait au plus haut point. C’était comme de
demander à un poisson de profiter du bon soleil après l’avoir sorti de
l’eau;  comme de reprocher au taureau de ne point s’amuser aux arènes;
de lier les ailes de l’oiseau et de s’étonner de ne point le voir
voler. J’avalai une rancœur mâtiné d’indulgence, rapport à son état
d’ébriété,  et mon coca. Puis mes compagnons tinrent à arpenter le
dance-floor… A ce stade là, je cédai à la résignation la plus totale.
Il me faudrait donc boire le calice jusqu’à la lie, parcourir ce chemin
de croix avec l’avantage, néanmoins, de n’avoir aucune pièce de
menuiserie à porter. Puis il se fît tard, tôt, cinq heures, Dijon ne
s’éveilla pas, vu qu’on était dimanche. J’étais resté jusqu’au bout,
cette fois!  Qui eut cru cela possible?


Moi! J’avais quelqu’un à ramener… sans ça, vous pensez bien!

    
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Written by saiphilippe

13 avril 2009 à 13 h 42 min

Publié dans Chronique

28 Réponses

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  1. preum’s

    Philippe

    13 avril 2009 at 13 h 47 min

  2. On guette (Hue ! ajouterait PR 😉 le "after hours" !Dans les lueurs romantiques du petit matin, l’épisode caliente n°4 ? La Jamaïque, enfin ?

    cata

    13 avril 2009 at 14 h 28 min

  3. ah ben non…ça finit comme ça! brut de pomme! lol

    Philippe

    13 avril 2009 at 14 h 35 min

  4. Bonjour, donc contraint et forcé… Tu devrais essayer la mare aux canards, il faut au moins essayer, lol Bises

    Ana

    13 avril 2009 at 14 h 37 min

  5. tu es un sage ….. enfin " un homme sage " toaaaa … sacré Jordan il t’en fait voir sous la menace .. rirebisous du soir .. bonne semaine

    Odha

    13 avril 2009 at 15 h 02 min

  6. ah , je te reconnais bien là , homme sage , le conducteur est celui qui ne boit pas et se fait ch*** toute une soirée dans le seul but de ramener ses potes en vie chez eux .t’es un brave garçon !

    jojo

    13 avril 2009 at 16 h 22 min

  7. c’était pas "mes" ni "un" mais "une" en fait…cela dit c’est le genre d’endroit où je me fais chier, me sens pas à ma place, deviens paranoïaque, où enfin, je ressent pleinement l’étendue du mot "solitude" . Et puis je n’aime pas trop l’alcool de toutes façons… mais je ne serais pas aussi catégorique que toi quant à ma sagesse supposée.

    Philippe

    13 avril 2009 at 16 h 33 min

  8. La fin justifie les moyens pas vrai Philippe !Peace and Love et pour ton contraire War and HatredBizzzzz

    bibialien

    13 avril 2009 at 16 h 33 min

  9. Me faire ramener …Pas ramoner ..entendons nous !! le reve !bisous beau gosse ! toujours aussi fertile!!!!

    LA DAME

    13 avril 2009 at 18 h 01 min

  10. emmaaaaa !!! t’exgères !!! mdrrr ! … quoique ….

    glandouille

    13 avril 2009 at 19 h 23 min

  11. parler d’Alphonse allais, de Charles Aznavour dans un billet décrivant la jamaïque, fallait le faire ! :)

    Christophe

    13 avril 2009 at 21 h 03 min

  12. Ben alors?T’es pas venu m’annoncer la suite ????(cliiiiin d’ooooeilllll)Donc, c’est une fille que t’as ramené…C’était une potesse ou… une fille….?Et tu l’as ramenée où çaaaaa d’abord???????Hein???????Bisous ….

    Mata

    13 avril 2009 at 23 h 06 min

  13. chez elle, évidemment…

    Philippe

    14 avril 2009 at 6 h 47 min

  14. Ahhhhhhhhh !!!!!!!!!!!!

    Mata

    14 avril 2009 at 7 h 40 min

  15. non mais je ne sais pas ce que tu imagines: Je l’ai déposé devant chez elle, et pis c’est tout…

    Philippe

    14 avril 2009 at 10 h 31 min

  16. Alors pourquoi que tu mets des points de suspension…..?

    Mata

    14 avril 2009 at 10 h 38 min

  17. suçe qui ? … pension ?? … connait pô !

    glandouille

    14 avril 2009 at 10 h 47 min

  18. Dis donc, Dédé, c’est la dentelle la spécialité de par chez toi???Mdr !!!!!!!!!

    Mata

    14 avril 2009 at 11 h 06 min

  19. je mets des points de suspension partout… c’est une sale manie, je n’aime pas les points finaux, car rien ne finit jamais!

    Philippe

    14 avril 2009 at 11 h 11 min

  20. les points de sus….pension ne servant , ici , qu’à nous laisser imaginer une fin , chacun est donc libre d’y coller ses propres ambitions , souvenirs , espoirs , ( biffez la réponse adéquate ) pour ma part , n’ayant jamais eu d’amis assez grossiers , indélicats ou fachés pour me trainer de force dans un tel endroit contre ma volonté la plus farouche , je n’imagine même pas ce que tu as pu ressentir ! aussi , mon seul commentaire sera un ouf de soulagement pour cette épreuve terrible qui a vu une fin heureuse ! peut-être me permettrais-je juste un léger sourire narquois pour cette jeune femme que tu as dû , sans doute encore contraint et forcé , jusqu’à sa demeure accompagner !

    Mimi pinson

    14 avril 2009 at 11 h 13 min

  21. ah non Mimi , là ça m’a fait plaisir de la racompagner! je ne suis jamais aussi heureux que lorsque j’ai une "mission" à accomplir.

    Philippe

    14 avril 2009 at 11 h 17 min

  22. une mission a accomplir philippe ??? mdrrr !! je te baptise "L’ange Gabriel" !!

    glandouille

    14 avril 2009 at 11 h 23 min

  23. je serais plutôt l’ange Bartleby dans le film "Dogma"…

    Philippe

    14 avril 2009 at 11 h 29 min

  24. je maintiens mon petite sourire narquois….une mission à accomplir !!!!! pffff !!!!

    Mimi pinson

    14 avril 2009 at 11 h 40 min

  25. Me suis bien marré à la lecture de ces deux derniers chapitres !

    Michel

    14 avril 2009 at 13 h 41 min

  26. ah ce n’est pas si terrible, cette "epreuve" que dieu t’inflige ds un lieu de "convivialité"…..en meme temps moi, j’aime l’alcool… donc… ;-))ainsi donc tu as réussi a ramener "emma" chez elle….. (dijon en meme temps c’est pas loin de chez toi) ;-)heureuse soirée! yesssss!!! ;-))

    lionel

    15 avril 2009 at 20 h 56 min

  27. J’ai mis les pieds une seule fois dans une boite de nuit et ça m’a donné l’envie de ne plus jamais revenir. Dans la famille des "pode" je n’aime ni l’ail ni les gastero. Bises

    Caiçara

    16 avril 2009 at 6 h 19 min

  28. bises et bon week kirdy

    °°°¤¤¤KIRDY

    18 avril 2009 at 11 h 58 min


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