"Un Jour En France"

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Coupons les chevaux en quatre

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Il était une fois, il n’y a pas si longtemps, vivait un brave homme ,agriculteur et éleveur de chevaux de son état. Sa modeste ferme , ses terres arables ( à ne pas confondre avec des terres sarrasines)  lui apportait une pitance tout juste suffisante à entretenir le taux de cholestérol nécessaire à un bon infarctus. Risque aggravé par le stress que lui procurait  son pâturage où paissaient ses admirables chevaux. Purs Sang Arables euh, pardon Arabes, pour ne pas dire bougnoules ce qui eut été antinomique, en tous cas pour tout électeur du front national qui se respecte ce que notre brave homme n’était point; chevaux de trait, de labour, de frise que sais encore! Bref cet éleveur possédait un large échantillonnage de ce qui se fait de mieux en matière chevaline. Pour son malheur, cependant, l’étroitesse de son exploitation l’avait contraint à placer le pâturage en bordure d’un précipice digne de la roche de Solutré où chavirait d’un amour extatique, naguère, la Mitterrandie idolâtre . Cela dit, notre brave homme ne se sentait pas vraiment socialiste non plus, c’était un agriculteur je vous le rappelle. Quoiqu’il en soit, malgré une impressionnante panoplie de précautions telle que barrières électrifiées, hautes clôtures, champs de mines que sais je encore, ses chevaux finissaient toujours, à un moment ou un autre, par choir dans ledit ravin. Ce qui, d’un point de vue économique était une perte sèche,  aggravé olfactivement parlant,  d’une puanteur de carcasses pourrissantes qui eut fait fuir sa femme si il avait plu à Dieu qu’il en possédât une. Mais Dieu, dans sa grande mansuétude, l’avait épargné de cette épreuve supplémentaire en le faisant seul à en crever et fiancé, une fois semaine, à la veuve poignet.

Notre homme, au bord de la crise de nerf, ne savait plus où donner de la tête pour son sauver ses splendides et stupides bestioles qui, quoiqu’il fisse, s’évertuaient à décéder connement. Il pensa même, un temps, à diffuser de la musique à ses chevaux, afin d’améliorer leur moral, pensant, à tort, que ses bêtes sautaient sous l’effet d’une sorte de dépression nerveuse. Mais, nenni, peau de balle et bananes flambées, même avec le moral au beau fixe, même nourris des meilleurs herbages, mêmes soignés, adulés, câlinés, les chevaux chutaient, inexplicablement. Merde alors! Attenante à l’exploitation de notre bonhomme, se trouvait également une vieille ferme dont le misérable propriétaire , à moitié fou, ne possédait, en tout et pour tout, qu’un pauvre âne décharné et minable prénommé "Pedro". Le vieux dingue s’amusait des malheurs de son voisin, le haranguait sans cesse d’invectives diverses et variées qui se  terminaient invariablement par cette phrase sibylline: " En mon âne et conscience je te dis que je tiens la seule et unique solution à ton problème" et d’ajouter: " pauvre con!" pour la forme. Ce à quoi notre aimable exploitant répondait à l’envie, par le mépris de bon aloi que son éducation chrétienne lui imposait, en se contentant de hausser dédaigneusement les épaules. Mais un jour, alors qu’il s’apprêtait, au comble du désarroi,  à se fourrer le canon de son fusil de chasse préféré entre les gencives afin d’en finir avec cette vie de merde, il se ravisa. Non, il ne sera pas dit qu’il n’aura pas tout tenté, même de demander à son insupportable connard de vieux fou de voisin à la con ce qu’il ferait à sa place!

Alors d’un pas mal assuré il fit les quelques mètres séparant les deux habitations, puis toqua à la porte et attendit. Il attendit longtemps, sentant sa maigre leur d’espoir se diluer comme sel dans solution aqueuse,  lorsque, finalement, une gueule décrépite s’encastra dans le jour de la porte qui s’ouvrait. "Quoi tu veux toi?" dit le vieil imbécile avec sa syntaxe de basse cour. " Euh, après réflexion, je suis venu voir si tu ne pourrais pas m’aider, attendu que tu prétends détenir la solution à mes ennuis"  répondit diplomatiquement le brave homme. " Ouais, je peux, tête de con, je te prête mon âne Pedro, tu l’attacheras à un piquet au bord de la falaise, et pis c’est tout…" puis " 50 euros par mois, pour la location de l’animal" ajouta le vieillard qui ne perdait pas tant le nord que ça. Dubitatif, déconcerté, assommé de fatigue nerveuse notre homme fit ce que l’autre nase préconisait… Et miracle, les chevaux n’approchaient plus le précipice, semblant fuir la présence de l’âne Pedro. Ainsi tout s’arrangea, le vieux disposait d’une rente de 50 euros au mois qui lui permettrait de claquer dans une misère un peu moins crasse, tandis que l’agriculteur plein de joie retrouvée,  se permettrait enfin les rêves les plus fous, comme par exemple se trouver femelle afin d’épargner son poignet en surchauffe.

Moralité: Pédro l’âne stoppe la chute des chevaux.

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Written by saiphilippe

24 février 2009 à 19 h 49 min

Publié dans Chronique

22 Réponses

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  1. Avec une parabole pareille Jésus aurait peut-être fini sa vie crucifié mais pas chauve ! Bravo j’ai bien ri . N

    cata

    24 février 2009 at 20 h 07 min

  2. bon sang …ça te vient comme ça ???? ou alors t’as des soucis d’alopécie ???? c’est tiré par les cheveux avec un galop d’enfer…bravo !!! j’ai bien henni à défaut de braire …sais-tu que j’ai un cheval ET un ane ???? VI VI VI ……Mais pas de falaises!!!oufffffbisous PhilNiNne

    ภเภภє.ツ

    25 février 2009 at 0 h 32 min

  3. On a toujours besoin d’un plus âne que soiDommage que tu ne nous dises pas pourquoi l’âne empêcha la chute des chevaux Bizzzzz

    bibialien

    25 février 2009 at 3 h 09 min

  4. Ce coup de l’âne je n’ai rien vu venir

    JiPi

    25 février 2009 at 8 h 05 min

  5. en plus , çà coute rien !!!!! qui n’a pas au moins un âne dans ses relations ?????? c’est bien simple , avec tous ceux que je connais , c’est tout juste si je ne me décidais pas à acheter un troupeau de bourrins !!!!! mais tu penses que çà peut marcher avec un cheval de troie ??????

    Mimi pinson

    25 février 2009 at 13 h 27 min

  6. Trop fort!Comme dab!Bises !

    Mata

    25 février 2009 at 15 h 43 min

  7. Un jour, probablement (à moins que ce soit une nuit), je finirai bien par laisser un commentaire ici…

    Flo

    26 février 2009 at 0 h 24 min

  8. Ah ben tiens, ça y est, c’est fait !

    Flo

    26 février 2009 at 0 h 24 min

  9. Et les tendinites difficiles à soigner ; c’est donc une sage décision que de trouver femelle…

    Ana

    26 février 2009 at 3 h 24 min

  10. Et pourtant, en tendant l’oreille, on pouvait comprendre dans le hennissement affolé des chevaux quelque chose qui nous rappeler le "chauve qui peut" des coiffeurs surbookés qui commencent à tourner chèvres….

    Pascal

    26 février 2009 at 7 h 47 min

  11. pour bibialien qui n’a pas pigé la vanne : pétrolane empêche la chute des cheveux .C’est une lotion qui me rapelle mon enfance , vu que mon papounet d’amour se frictionnait vigoureusement la tête avec chaque matin … et savez quoi ? il a 78 ans et a toujours des cheveux ! éééé oui !bon , la science , c’est comme la confiture : moins t’en as = plus t’étale ! lolça c’est parce que d’ahab’ j’pige rien aux jeux de mots alors pour une fois qu’j’as pigé du 1er coup … fô bien kjme la pête un peu mdr excellent ton récit Phil ! J’adore .

    jojo

    26 février 2009 at 9 h 15 min

  12. zut ! pas d’ahab mais juste d’hab’comme d’habituuude tu te lèveras … etc etc .. koman ça je chante faux ?

    jojo

    26 février 2009 at 9 h 17 min

  13. Tu es un véritable psycho de la plume…lol…c’est un compliment.Ah, la veuve poignet, le club des 5, qu’elle soit de gauche ou de droite, on respecte toujours sa préférence politique, ça file droit avec elle bien que le durcissement de sa politique est …oui, je me tais, et je sors.mmffffff, je m’auto-censure, je pro", je pro’ ( graisse).

    .Emma

    26 février 2009 at 11 h 17 min

  14. Je me verrais bien dans le rôle du voisin.

    Eric

    26 février 2009 at 14 h 45 min

  15. Hennit soit qui mâle y pense …Bises FR@ne

    KyaFrane

    26 février 2009 at 17 h 35 min

  16. tout est dans la chute ;-)merci de ton passage… oui, pour la présentation du carême. mais c’est un symbole qui appelle les chrétiens à sa suite… qu’irait-on faire donc au désert ? 😉

    Philippe

    26 février 2009 at 20 h 31 min

  17. Excellent ! Alors si j’ai bien compris, les chevaux auraient peur des ânes…ça, pour une nouvelle ! cheval’dir’ à tout l’monde.J’adore tes "anneries" et ton humour… change pas d’main ! ;-))Bises

    Titannick

    26 février 2009 at 21 h 13 min

  18. Heu………….La morale de l’histoire :Même le + con des connards finis peut finalement s’avérer une aide précieuse :ne pas juger de l’allure de l’âne avant d’avoir essayer de l’accrocher à un piquet ! lol !!!ne jugeons pas nos voisins ………….ou si c’est une métaphore politique ; alors ptèt que l’entre-aide est la clé :alors faire dans l’social , apporte des solutions ! Là , où seul , individuellement ,le capitaliste,n’en aurait jamais trouvé et aurait échoué !!!!ET VIVE LE SOCIALISME !!!! S’il a des solutions et pas que des réfomes de merdecomme le gouvernement actuel accumule et nous fait subir !!! En tout cas , c’était une dr^le d’histoire , bien racontée ,J’ai pris beaucoup de plaisir à te lire ,t ‘écris rudement bien ! Chapeau !!!!! @ bientôt , Faith .

    Faith

    26 février 2009 at 21 h 27 min

  19. J’adore l’ âne si doux, marchant le long des houx…mais attaché à un piquet au bord d’une falaise, c’est de la maltraitance. Tu vas finir par avoir des ennuis avec BB. C’est une allégorie, bien sûr. Le gouffre, c’est la crise. Le paysan au poignet à ressort, c’est le mec à la Rollex. L’âne c’est le traitre de Besson, les chevaux ce sont tous les autres qui se disent "ouf que c’est pas moi qui me tappe le ministèèèèrrrrre de l’immigration et de l’identité nationale. Et puis comme le dit le schpountz: tout condamné à mort aura la tête tranchée! Vive la France! Vive la crise!

    Astrid

    27 février 2009 at 1 h 08 min

  20. Jusqu’à la morale est subtile très cher :-)Bon weekend à toi aussi.Bises.

    Ayda

    27 février 2009 at 18 h 03 min

  21. excellent !bisesMu(je fais court je vais bosser)

    mu

    1 mars 2009 at 12 h 31 min

  22. ah cette fois je la connaissais déjà celle là ! bises

    Kat

    2 mars 2009 at 10 h 17 min


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