"Un Jour En France"

Un site utilisant WordPress.com

« Le pouvoir de la prière » VII Partie

with 5 comments

  L’enquête pataugeait, Lezcinski aussi… Suzanne Bartoli vidée comme poule à farcir, Touchard mariné comme coq au vin. Drôle de cuisine! Oui, vraiment, ce matin l’inspecteur serai bien resté chez lui à dormir . Enfin,  tenter à tout le moins. Il entra dans son bureau, jeta ses affaires comme tout bon célibataire sait le faire, n’importe ou et en désordre, puis consulta son courrier. Une enveloppe  de craft  marronnasse l’attendait: L’institut médicolégal, avec une célérité peu coutumière livrait son rapport…. On pouvait s’en douter, l’analyse des restes du commerçant ressemblèrent à s’y méprendre à celle de l’infirmière, l’odeur du vin en plus.  Même modus operandi. Voilà pour l’aspect médical.  Par contre au niveau relationnel, aucun lien entre les deux victimes. Des gens bien tranquilles, à la biographie d’une platitude brabançonne.  Qui pouvait en vouloir à des personnages si lisses? Un psychopathe assurément, mystique et maléfique de surcroit. Là, était la clé! Là était la signification des cartes de tarot.  Sur ces réflexions le téléphone sonna: Le préfet.

Antoine se fit vertement semoncer, sermonner : Deux meurtres, ça faisait désordre. Surtout ici, dans ce département de la Nièvre si calme, si apaisant si… "si mort" pensait L’inspecteur sous la soufflante, mais il s’abstint de rétorquer. Et puis le préfet avait raison: Il avait du merder quelque part. Mais où diable? se dit-il en raccrochant…le diable, arcane quinze.  Un soupir sarcastique s’échappa de ses naseaux tandis que l’image de la carte lui revenait à l’esprit. Il saisit le bouquin que Pastor lui avait fourni.   Sur la lame quinze, Le Diable, il était écrit: " Le diable symbolise la volonté de puissance, les machinations, les intrigues. Sa nature forte impose sa volonté sur tous les plans." " Voilà qui me semble frappé au point du bon sens" ironisa Antoine, bruyamment. En pure perte, puisque, une fois de plus, il parlait seul. En réalisant cela  il s’inquiéta: Ce n’était pas la première fois, loin de là.  " deviendrai-je fou?", questionna  t-il, "mais non!" fut la rassurante réponse.
 Alors Antoine se détendit un peu, relâcha l’emprise de ses doigts crispés sur les accoudoirs du fauteuil. Autant se reposer. De toutes manières il ne ferait rien de plus aujourd’hui. Une petite minuta plus tard, il glissai doucement dans les bras de Morphée quand une infime vaguelette de doute vînt chatouiller son  roc de certitudes. Antoine changea de position, chassa d’un revers la pensée parasite. Mais elle revînt, plus forte, chargée de crainte. Antoine résista alors de toutes ses forces: "Je veux dormir!" hurla t-il. Comme pour répondre à ce cri, la vague se fît houle de tempête et brisa les  barrières que la raison d’Antoine s’évertuait à lui opposer… Sentant peu a peu,  le sang quitter son cœur, se charger de quelques icebergs au voisinage des poumons, pour revenir froidir son visage d’une pâle terreur. Il comprît soudainement l’origine du malaise: Ce "mais non!" rassurant l’eut été d’avantage, si il avait été l’œuvre de sa pensée. Mais il ne l’était pas! Quelqu’un l’avait prononcé .Cependant, il n’y avait que lui dans cette pièce.  Apparemment pas, dans sa tête. "Bon Dieu, je suis dingue…j’entends des voix!" . Il bondit de son siège, haletant, cherchant désespérément une glace ou se refléter. Besoin de reprendre pied. "Seigneur, seigneur, seigneur" psalmodiait-il, en approchant du miroir. La peur se dissipa un peu quand Antoine rencontra son propre regard: Hormis sa fatigue apparente, nulle folie ne transpirait de ses traits réguliers, de sa coupe à la Rimbaud.  Des "Tout va pour le mieux!" ,un "juste une petite tumeur au cerveau, au pire!", une multitude de "reprends toi!" accompagnèrent  son auto-évaluation oculaire. Puis brusquement,soufflé comme une bougie il s’éteignît et tomba lourdement au sol. Depuis quand y avait-il un miroir dans son bureau?

Le paradis blanc. Les anges et leurs trompettes sonnaient, pour l’accueillir. Bien qu’il ait échoué…Dieu savait pardonner. Tout est calme ici, ouaté. Tout est flou. Tout. Sauf le Pastor endimanché posté au dessus de lui. Pastor? Lezcinski inspira profondément. L’odeur acre d’un désinfectant d’hôpital lui emplit les bronches. Et merde.  Un temps il avait espéré être mort, les grandes vacances en quelque sorte. Raté. Du glucose coulait dans ses veines par le cathéter; L’électrocardiogramme crépitait doucement de régulières impulsions. "Cinquante huit pulsations minutes! mazette! vous avez un cœur de bœuf Mr Lezcinski." annonça un docteur, puis se tournant vers Pastor il ajouta "Ne restez pas trop longtemps, il faut qu’il se repose." Sur ce, le brave Pascal  et sa bonhommie  adressèrent un sourire de compassion à l’adresse d’Antoine, qui levant les yeux au plafond à défaut du ciel, aurait bien soupiré de dédain, n’eut été ce fichu masque respiratoire.

A Suivre…

  

   

Publicités

Written by saiphilippe

13 juillet 2008 à 12 h 52 min

5 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. Diable un héros au tapis, cependant que le méchant court toujours, nom de Dieu!
    J’ai toujours grand plaisir à déguster les tribulations de ce cher Lezcinski.
    Impatiente de découvrir la suite…
    Bonne soirée.
     

    Ayda

    13 juillet 2008 at 18 h 58 min

  2. je èèèèèèèèèèèèè (hais) les feuilletons !
    j’veux la suite ; de suite !
    argh !
    j’aurais jamais dû commencer à lire

    jojo

    13 juillet 2008 at 20 h 56 min

  3. millediou un inspecteur HS !!! … va t’il s’en remettre ? .. Pastor va t’il reprendre l’enquête ??
    peut être lui porter un aute jeu de tarot !! .. ;)))
    viteeeeeee la suiteeeeee
    bisous a toi bonne soirée

    Odha

    14 juillet 2008 at 19 h 18 min

  4. tu as vraiment du talent ! Bravo ! et merci pour tes comms…bises

    Kathleen

    15 juillet 2008 at 6 h 58 min

  5. Ouh ouh ! De plus en plus mystérieux !

    Michel

    23 juillet 2008 at 12 h 34 min


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :