"Un Jour En France"

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« Le pouvoir de la prière » Vème partie

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Deux jours passèrent, meublés par l’attente du rapport médical  et par la lecture du bouquin traitant du Tarot de Marseille que Pastor lui avait dégoté: " Ouais, bof!" fut ,à peu de choses près, la seule réflexion d’importance que Lezcinski en tira! Néanmoins Pastor avait raison quant à la signification de la lame  numéro neuf, à savoir "l’ermite"… Mais qui avait bien pu la mettre là, sous cette table? et dans quel but?. Était-ce la signature du tueur? tant de questions auxquelles il n’existait pour l’heure aucune réponse. D’autant qu’il se pouvait que la carte se soit retrouvée là par hasard. Antoine ne le pensait pas, mais en admettait  la possibilité théorique…. dix-neuf heures sonnèrent, interrompant ses réflexions. "et merde!" Pesta t-il intérieurement. Cette foutue analyse médicale n’arrivait toujours pas! Alors il rentra chez lui.

Il se  jeta négligemment sur son lit. Fatigué.  Son regard oscillait entre le plafond d’une blancheur parfaite  et le mur d’en face que le Christ peuplait. Il avait tant voulu cette affaire. Il avait tant prié pour ça. Maintenant tout exaucé qu’il soit, il regrettait presque…il somnolait. Vingt-trois heures…. Le temps filait, les certitudes d’Antoine collées au train. "Non!". Son propre cri de révolte le réveilla! il ne devait pas douter. Jamais. Dieu lui avait donné cette affaire, il prierait pour la résoudre, voilà tout! Soudain le téléphone sonna. Et sursauta Antoine: "Mon Dieu!". Ce n’était pas Dieu, c’était Pastor! " Chef, on a un autre macchabée sur les bras!", "Ou?" demanda Lezcinski. " Centre ville, comme pour la première victime. Sebastien Touchard. commerçant en vin. 9 rue de la liberté. Vous venez?", "Évidemment, Pastor!!!". Bref, ce n’était pas cette nuit qu’Antoine dormirait. Cette fois il se dispensa de jouer les "Starsky et Hutch": Il roula tranquilement, sirène en sourdine.

Le numéro neuf rue de la liberté, "vachement original", était constitué d’une maison de ville au charme un peu désuet, d’une arrière cour donnant sur l’échoppe de spiritueux et sa cave remplie de tonneaux de vin, dont l’un , entre autres particules nobles, contenait  le propriétaire des lieux, monsieur Touchard. Il y était assis, accoudé aux rebords dudit tonneau. Sa tête rejeté en arrière et les yeux révulsés. Sa femme l’avait découvert ainsi. Vers vingt-deux heures trente. Monsieur Touchard travaillait souvent tard à l’étiquetage ou à la préparation de commandes. Aux dires de madame. Et Lezcinski était enclin à la croire: Elle était effondrée. Ou elle jouait bien la comédie!. Enfin on verrait ça plus tard…Pour l’instant, un Antoine Lezcinski figé, coincé, glacé, contemplait l’ étiquette "épitaphe" de la bière improvisée de Monsieur Touchard: " Vin de messe". Tout doucement, s’insinuait dans les synapses de l’inspecteur l’idée dérangeante que le tueur lui parlait. A lui. Quelqu’un connaissant sa foi, voulait le mettre à l’épreuve. Bien sûr, rien ne prouvait encore que les deux meurtres étaient liés. Alors obéissant à une impulsion primaire, Antoine plongea sa main dans le tonneau en direction du poitrail de la victime…qu’elle ne trouva point. Monsieur Touchard avait été réduit au sens propre du terme en "outre pleine de vin". Puis en la retirant, Lezcinski s’inquiéta de la future autopsie, dans la mesure ou il n’avait toujours aucune nouvelle de la première! Ainsi lorsque les employés de la morgue débarquèrent, leur légiste de patron à leur tête, Lezcinski ne manqua pas de l’assaillir de perfides allusions ou il était question d’ amours interdites et éventuellement nécrophiles . Lezcinski savait se montrer odieux et fort peu charitable. Pour la bonne cause, bien entendu. Le brave médecin, offusqué répondit, bravache: " Monsieur l’inspecteur aurait avantage à côtoyer des femmes, même mortes. Encore que je doute que celles-ci y consentent tant vous êtes imbuvable!" Lezcinski pris au dépourvu , rigola de bon cœur!…on ne lui tenait pas tête si souvent. Jamais en fait. Il se radoucit donc un brin en finissant: " ben magnez vous un tantinet plus, s’il vous plaît et sauf votre respect." Il était trois heures du matin quand il retrouva son lit. Mal de crane. L’odeur du vin peut-être?.

On dit que la nuit porte conseil, encore faut-il dormir! Ce ne fut pas le cas d’Antoine, malgré sa fatigue. Arrivé au commissariat il rejoignit son poste. Un pauvre local de petit inspecteur de province. La lettre l’attendait là, posé bien au centre de la plaque de métal gris morne qu’était son bureau. Son étal de charcuterie policière. Son autel de pourfendeur christique du mal. Après l’ouverture quelques lignes rouges jaillirent:

L’ange saisit l’encensoir,
l’emplit du feu de l’autel,
 puis le jeta sur la terre.
Il y eut du tonnerre,
des voix
et des éclairs
et la terre trembla.
Alors les sept anges aux sept trompettes
se tinrent prêt à en sonner.

Ça, il connaissait!: l’annonce de l’arrivée des quatre cavaliers, peste, guerre, famine et mort. Les cavaliers de l’apocalypse…
Ce coup ci, pas de doute possible. Le meurtrier, cinglé mystique selon toute vraisemblance, le cherchait… lui.  "Et quand on me cherche, on me trouve!" dit Lezcinski qui n’était pas du genre à tendre la joue gauche. Ni la droite d’ailleurs.

A suivre…

 

               

    

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Written by saiphilippe

26 juin 2008 à 11 h 30 min

7 Réponses

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  1. Ce sont les beattles les chevaliers de l’apocalypse!

    Centelm

    26 juin 2008 at 12 h 24 min

  2. Captivant ! Mais je commence à me demander s’il n’y aurait pas un truc du style "Angel heart", là-dessous… :-)

    Michel

    26 juin 2008 at 13 h 36 min

  3. Un gas comme je les aime ton Lezcinski. Qu’il y vienne donc ce tueur mystic à la noix, on le recevra comme il se doit :-)

    Ayda

    26 juin 2008 at 17 h 44 min

  4. PS: merci pour la musique des destins brisés…

    Ayda

    26 juin 2008 at 17 h 45 min

  5. coucou
    j’adore cette histoire
    bises

    pascaline

    26 juin 2008 at 17 h 51 min

  6. aie aie aie !!! …ça se corse !!! … de plus en plus interessant … j’aime !!!
    douce nuit a toi merci pour tes passages qui font plaisir … chui pas autant
    inspirée que toi … je vais y travailler ça va revenir
    bisous

    Odha

    26 juin 2008 at 21 h 54 min

  7. j’adoore, merci de nous plonger dans cet univers !

    Kathleen

    30 juin 2008 at 13 h 01 min


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