"Un Jour En France"

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« Le pouvoir de la prière » IV partie

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L’entretien que l’inspecteur eut avec les deux témoins oculaires, en
l’occurrence deux flics, plongea Lezcinsky dans l’abime de  la
perplexité. Ceux-ci se montrèrent en effet, fort rétifs. L’inspecteur
ne s’y attendait fichtre pas, compte tenu de la simplicité du premier
rapport circonstancié fourni par iceux. "rapport circonstancié",
vocabulaire maison! songea t-il alors en se massant les tempes. Puis un
sourire fugace fit une apparition timide au coin de ses lèvres, comme
pour conjurer le malaise qu’il sentait monter du tréfonds de son être.
Ces deux guignols  et leurs explications alambiquées lui avait collé la
migraine! Pourtant, l’heure d’avant il était encore serein. En
admettant que le terme "serein" puisse s’appliquer à l’inspecteur
Antoine Lezcinsky.

  Une heure plus tôt donc…les deux homuncules, prototypes pittoresques de la flicaille locale,
avaient posé , avec précautions, leurs imposants
séants et leur théories fumeuses devant le bureau de leur sévère supérieur. Ils renaclèrent dans un premier temps à revivre la scène se montrant agités, anxieux. Antoine ne comprenant pas ce mutisme, dut déployer tout son arsenal psychologique afin de leur tirer les vers du nez. "Arsenal" étant le terme seyant le mieux aux pratiques d’interrogatoire dont lezcinsky usait ordinairement…Voix cassante, réflexions désobligeantes, menaces voilées, attitude inflexible, eurent raison du silence des ces agneaux. Au détour d’une remarque acerbe de leur supérieur Péqueux lâcha en chevrotant: " Mais chef ce n’est pas humain!!!".
" Allons Péqueux, je vous asticote un peu, certes. mais vous n’allez pas chialer  pour quelques mots un peu vifs? Reprenez vous vieux! et dites moi ce que je veux savoir…"
Péqueux rétorqua froidement: " je ne parle pas de vos mots "doux" chef!". Cette gravité soudaine de la part de l’homme qui, l’instant d’avant, vacillait prît Antoine à contre-pied: " Mais,de de quoi, de qui parlez vous?" bafouilla t’il.
Olivet, atone jusque là, répondit à la place du sous-brigadier: " On parle de la chose qui a sauté sur la chaussée l’autre nuit!"
Antoine siffla alors, toute  hargne dehors: " Cacher votre incompétence sous des délires d’alcooliques dépressifs ne m’empêchera pas de vous coller un blâme. Incapables!"
Les deux agents ne mouftèrent pas. Pas d’un poil. Ils affichaient désormais un visage vidé de toute émotion. Vidé et inexpressif. Lezcinski s’attendait à des excuses, des supplications, peut-être même de la colère mais certainement pas à ça! En fin analyste, il cherchait un mot pour définir l’attitude nouvelle de ces deux hommes… Une sorte de désinvolture terrifié. Au delà de la peur. En cet instant crucial  il acquît  la certitude que les deux flics ne mentaient pas… mais ils ne pouvaient que se tromper n’est-ce pas?
André Péqueux interrompit les divagations de son patron:
" On a dit que le suspect était vêtu de noir…mais il n’était pas vêtu.. Il est noir des pieds à la tête…pas comme un homme de couleur…" une larme insensible coulait sur la joue de l’homme quand il acheva dans un souffle: " comme une ombre qui aurait mangé la nuit…" Puis il se tût. " Bon, ça va pour l’instant. Rentrez chez vous, reposez vous" fît Antoine doucement, ce qui ne lui ressemblait guère.
Solidaires, André Pequeux et Pierre Olivet saluèrent dignement puis tournèrent talons, laissant là un Lezcinsky troublé.

Professionnel, il examina alors les possibilités raisonnables: le suspect portait-il une combinaison moulante d’un genre nouveau? Peut-être une hallucination des deux flics suite au choc? La vue du corps de la victime? Une sorte de défense mentale de la part d’hommes refusant l’idée qu’un crime comme celui çi puisse être l’œuvre d’un humain! Hypothèse qui le laissait dubitatif sur un plan personel… car Lezcinsky n’avait jamais cru en l’homme!  Lezcinsky croyait en Dieu, seul rempart à la pourriture intrésèque de l’humanité.

A Suivre…

   
    
 

  

   

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Written by saiphilippe

22 juin 2008 à 18 h 04 min

9 Réponses

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  1. Hi HI ! je suis la première ! Maintenant il faut que je lise ton billet …

    Alexandra

    22 juin 2008 at 18 h 15 min

  2. "Dieu, seul rempart à la pourriture intrinsèque de l’humanité"…voila des mots bien durs, mais faut le reconnaitre, tout à fait véridique :-) . C’est trop court bouuuh (snif)!

    Ayda

    22 juin 2008 at 18 h 20 min

  3. Je ne me souvenais plus des autres épisodes alors j’ai tout repris en arrière pour m’imprégner de ce polar à la façon Dard  avec des tournure s à la Grangé mais avec ton style bien à toi …
     
    Tu as la gouaille bien parisienne et on peut imaginer la scène où coule la Seine avec ses rues glauques , ses cloaques , ses claques et l’odeur des acteurs à l’haleine avinée et suant le tabac froid …
     
    Ton  roman est de plus en plus interessant à lire …
    J’attends la suite …:-)
     
    Douce soirée …
     

    Marie

    22 juin 2008 at 18 h 33 min

  4. cool la suite

    pascaline

    22 juin 2008 at 19 h 00 min

  5.  Moi je me souvenais des épisodes précédents! je retiendrai ca:) toujours de l’astuce.
    Soit notre homme a des penchants pour le latex noir, soit je penche plus pour ça, nous avons à faire à une créature toute autre…
    "eurent raison du silence des ces agneaux. Au détour d’une remarque acerbe de leur supérieur Péqueux lâcha en chevrotant: " Mais chef ce n’est pas humain!!!".

    Centelm

    23 juin 2008 at 8 h 14 min

  6. ben moi aussi j’ai du revenir en arrière … non mééé dis donc ..tu raccourcis les paragraphes .. tu veux nous perdre .. rire
    moi je dis que l’assassin c’est un toubib .. puisque le corps est encore chaud il a prelevé les organes pour faire
    des greffes .. et choisit ses victimes parmis ses patientes les moins malade .. et voilà hop … j’ai droit a koi
    commissaire ??
    bon ok je regarde un peu trop " docteur house " … ah ah ha
    vivement la suite … merdummm .. chui en attente d’un ti declancheur qui fasse reflechir
    bisous a toi douce fin de journée

    Odha

    23 juin 2008 at 14 h 03 min

  7. J’ai pour habitude de m’offrir le temps qu’il faut pour lire les choses qui me semblent intéressantes. Je n’étais pas repassé sur ton espace depuis un temps certain, pour des raisons qu’il ne convient pas d’étaler ici.
    Je ne suis pas un fan’ des polars, mais je prends un réel plaisir à m’abonner à ton roman à suivre. Il semblerait qu’une part de fantastique vienne s’y mêler, ce qui n’est pas non plus, pour me déplaire.
    Tu fais preuve, qui plus est, d’une qualité d’écriture à laquelle je goûte sans retenue. C’est le début d’un beau travail, Philippe. Tout du moins, est-ce mon humble avis.
    Amicalement,
    Micha

    Michel

    25 juin 2008 at 13 h 47 min

  8. je suis vraiment à fond dedans…j’ai hâte de savoir le dénouement !

    Kathleen

    30 juin 2008 at 13 h 02 min

  9. J’aimerais tout lire d’une traite, mais, il faut fournir un travail de fin limier pour retrouver le fil dans les archives.Ro, je plaisante.
    C’est magnifiquement écrit, un rythme haletant.
    Que ces pauses entre chaque partie me fustrent.
    Bises. 

    Stéphanie-Emmanuelle

    2 septembre 2008 at 10 h 18 min


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