"Un Jour En France"

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« Le pouvoir de la prière » II partie

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Sirène hurlante, la voiture fendait la nuit. Depuis le temps que Lezcinsky en rêvait: Faire rugir la sirène; se sentir flic, comme au cinoche; comme un gosse. A bien des égards, il l’était encore: un quart de siècle d’age, une allure juvénile, une pâleur d’étudiant mal nourri, coupe à la Rimbaud. N’eût été son regard dur, miroir d’une ambition dévorante, il aurait pu passer pour un doux romantique.
Mais de douceur, il manquait singulièrement. Dans ses rapports avec les autres en général et Pastor en particulier. Pascal Pastor… "passe-passe" pour les intimes. "Vieux" flic de quarante cinq ans, coupe courte, embonpoint saillant et cheveux grisonnants. Une allure bonhomme, débonnaire. Qui ,avec son grade de major, attendait sagement "que l’heure que la retraite sonne" comme dans la chanson de Ferrat… L’exact opposé de l’inspecteur Antoine lezcinsky. Pourtant en arrivant sur les lieux, Antoine remarqua tout de suite que la bonhommie de Pastor semblait s’être faite "la malle". Le "vieux" tremblait presque.  Bizarre. Un claquement de portière plus tard, l’inspecteur posa le pied sur l’asphalte.

Après avoir salué brièvement le piquet de policiers qui poireautait là, Antoine se dirigea vers Pastor:
" Vous avez vu un fantôme, Pastor?" . " Sale Petit Con!" pensa Pascal, mais il répondit:
" En tout cas, je ne remonte pas là haut! le légiste y est, qui vous attend. Pas besoin de moi, de toutes façons?".
" Comme vous voulez, mon vieux…on verra ça au poste plus tard" dit Lezcinsky, l’air menaçant.
Quoi qu’il y ait dans cet appartement, ça ne pouvait pas être aussi terrible!
L’inspecteur se trompait… évidement.

Antoine, décidé, grimpa les marches quatre à quatre jusqu’au deuxième étage. Il croisa ,sans les voir, quelques flics faisant cordon qui ,eux, ne manquèrent pas de se figer au "garde à vous" à son approche… Puis il déboucha devant la porte de l’appartement 24. Le garde posté là prononça simplement: "dans la cuisine, chef!" puis il détourna le regard.  Sans un mot,  Lezcinsky entra. Observation… Un hall, une porte à droite…ouverte: La chambre à priori… rien! Couloir en face, lumière au fond…  porte à gauche. Une tête!… émerge par l’entrebâillement. " c’est vous Inspecteur?". Un légiste…gagné!  Antoine franchit  le couloir d’une traite pour rejoindre la cuisine et le légiste.

 Une cuisine banale, bon marché. De vagues casseroles pendues au dessus d’une cuisinière hors d’age. Quelques tiroirs ouverts ici ou là. Et puis une table ou reposait le corps d’une femme. Elle était étendue là, sur le dos, les bras en croix. Non entravée apparemment.  Nue.  Ouverte de l’abdomen  jusqu’à la gorge… Lezcinsky ne pût réprimer un frisson. Mais finalement se contint. Le légiste, l’invita à se pencher un peu plus au dessus du corps: " Que voyez vous?" Antoine ,pas aussi fier que de coutume, s’exécuta. et vit: Le vide, rien. Absolument rien. Le corps était une coquille vide! Plus un organe, plus un viscère. Montrant le bras de la victime le docteur intima: "touchez!". La main de l’inspecteur obéit… chaud.  "Conclusion?" questionna le savant. Puis avant que Lezcinsky ne tente la moindre réponse, il ajouta :" Cadavre récent, à priori…mais vidé de ses organes… je vais avoir du mal à déterminer la cause et l’heure exacte de la mort.. Il est évident ,à contrario, que l’éventration de la victime à été réalisé post-mortem". En effet, outre l’absence de traces d’entraves il n’y avait pas non plus la moindre trace de sang…pas une goutte! ni sur le corps, ni dedans ,ni dehors, ni sur le sol. "Elle a été tuée et "vidée" ailleurs, obligatoirement!" avança Antoine…
"Je ne crois pas!" s’exclama Pastor inopinément. Le vieux avait changé d’avis finalement?.
 " Expliquez vous Pastor!" ordonna le jeune homme.
" Si vous m’aviez laissé deux minutes tout à l’heure je l’aurait fait…bref: c’est un hurlement qui est à l’origine de la découverte de ce crime! deux de nos gars patrouillaient dans le secteur et en l’entendant se précipitèrent  dans sa direction et purent ainsi voir le meurtrier ou ,à tout le moins un complice, sauter sur la chaussée et prendre la fuite…" lança Pastor d’une traite.
 Et Lezcinsky acide continua " Et comme ils abusent de la bière se montrèrent bien incapable de l’appréhender!"
Cela dit, il était troublé. Il s’affala sur une chaise, laissant courir ses pensées et son regard. Sous la table, quelque chose attira celui-ci. C’était… une simple carte à jouer?

L'hermite
Pas vraiment! en tous cas Antoine ne connaissait pas ce genre de jeu. La saisissant, il la montra à Pastor. " Tarot de Marseille" clama le major, catégorique…
 
 
A suivre… 

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Written by saiphilippe

14 juin 2008 à 18 h 25 min

6 Réponses

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  1. tres bien écrit. la description est tres détaillée. j’attend la suite bises

    pascaline

    14 juin 2008 at 19 h 06 min

  2. argh, la pauvre femmme…Les détails amènent du réalisme, on s’y croirait presque…Vivement la suite…bonne soirée…Bises

    Kathleen

    14 juin 2008 at 19 h 20 min

  3. digne d’un bon San Antonio !!! tres bien ecrit .. le suspence est là !! vivement la suite ouiii
    bises a toi et bon dimanche

    Odha

    14 juin 2008 at 19 h 56 min

  4. Whaou!!! Le suspens tient en alerte et je suis heureuse de pouvoir encore suivre ton histoire ;o)
    Tu décris bien les personnages et l’ambiance ^^
    Bravo !
    Bonne nuit Philippe et gros bisous !

    Elisa

    14 juin 2008 at 20 h 52 min

  5.  
                bonjour, je passe, je lis,
     
      c’est super avec vous les bloggeurs, on a plus envie d’acheter des livres,
     vos blogs en sont a eux seuls
                        1e partie
       bon dimanche et merci pour tes gentils coms, c’est sympa, ca fait plaisir, de ce sentir moin seule
               dans cette société pourrite
     
     

    RIEN QUE POUR VOUS

    15 juin 2008 at 7 h 22 min

  6. rhaaaaaaa…J’ ai rendez vous à 20 heures…Je vais être en retard…Mais, la suite, la suite…

    Stéphanie-Emmanuelle

    26 août 2008 at 17 h 14 min


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